Parti ou milice ? Guerre des mots au parlement

Liban 29-01-2026 | 14:53

Parti ou milice ? Guerre des mots au parlement

Un affrontement parlementaire pour un seul mot expose l'isolement croissant du Hezbollah, ses engagements régionaux, et la crise de souveraineté au Liban.
Parti ou milice ? Guerre des mots au parlement
Le Hezbollah
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L'utilisation du terme « milice » par le député Sami Gemayel lors de son discours hier au Parlement a suscité la colère des représentants du Hezbollah, qui ont exigé que le mot soit retiré du compte rendu officiel de la session. Cette demande a entraîné une confrontation verbale entre plusieurs députés. Le président Nabih Berri, semblant marcher sur une corde raide, a adopté une position intermédiaire, affirmant que Gemayel n'avait pas visé spécifiquement Hezbollah.

 

Mais le député Sami Gemayel visait bien Hezbollah. Aux yeux de l'écrasante majorité des Libanais, Hezbollah est une milice et il n'est plus besoin de prétendre le contraire.

 

Peut-être que le plus récent « exploit » de la milice a été le discours prononcé par son secrétaire général, le cheikh Naim Qassem, lors d'une manifestation en soutien à l'Iran. La milice a déclaré sa disponibilité à s'engager dans une autre soi-disant « guerre de soutien »—terme utilisé par les membres du parti pour désigner l'action militaire du Hezbollah parallèle à la guerre israélienne à Gaza—cette fois directement contre l'Amérique.

 

Hezbollah a causé plus de tort au Liban que ses ennemis ne l'ont jamais fait. Il refuse d'apprendre des graves erreurs qu'il a commises depuis des décennies contre le peuple libanais—particulièrement contre la partie de la société libanaise qui l'a embrassé et abrité depuis sa création. Mais ses crimes ont affecté la trajectoire même de l'État.

 

Ce mois-ci marque le vingt et unième anniversaire de l'assassinat du président Rafik Hariri, un assassinat dont l'impact continue de résonner aujourd'hui. Le Tribunal spécial pour le Liban à La Haye a classé l'assassinat comme un acte terroriste et a nommé le commandant militaire du Hezbollah, Mustafa Badreddine, parmi les responsables.

 

Hezbollah a servi de l'outil à deux régimes à l'époque : à savoir, les Syriens et les Iraniens. Aujourd'hui, nous voyons ces derniers tuer des milliers de leurs propres citoyens dans les rues sans hésitation. Pendant ce temps, ici au Liban, nous assistons au parti et à sa base de soutien qui apportent un soutien aveugle aux massacres en Iran, sans être dissuadés alors qu'ils louent les responsables.

 

Aujourd'hui, Hezbollah est presque complètement isolé. Même son allié de longue date, le Mouvement patriotique libre, saisit chaque occasion pour prendre ses distances avec le parti. Son leader, le député Gebran Bassil, ne peut plus ignorer le fait que Hezbollah est devenu un lourd fardeau, et que se rapprocher de lui est devenu politiquement létal à tous les niveaux, malgré sa force électorale restante.

 

Si le parti insiste à ressusciter ce qui est déjà mort, il se retrouvera bientôt paria—celui qui s'accroche à ses armes contre la volonté du peuple libanais, tout en les menaçant de guerres civiles chez eux et de guerres régionales à l'étranger.

 

Il est temps de mettre un terme à cette situation anormale et de ramener notre peuple—particulièrement au sein de la communauté chiite—dans le giron de la légitimité de l'État, aux côtés de leurs frères et sœurs de la nation.

 

Disclaimer: Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar.

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