Tensions États-Unis-Iran : Vers la guerre ou la négociation
Bien qu'il manque une stratégie claire pour sortir de la guerre avec l'Iran, le discours du président Donald Trump a sans doute fourni un cadre directeur clair pour la prochaine phase. Les indicateurs suivant le discours sur les marchés de l'énergie et les bourses mondiales ont révélé un profond sentiment de préoccupation, reflétant une peur généralisée que la guerre ne continue ou s'intensifie en une "guerre énergétique" en ciblant et détruisant les actifs énergétiques stratégiques de l'Iran.
Au niveau politique, le discours a ouvert la porte à plusieurs scénarios allant d'un accord avec l'Iran sous pression, à une frappe forte sur son infrastructure énergétique, ou à sortir de la guerre sans accord, tout en maintenant la dissuasion américaine dans la région.
Indéniablement, parvenir à un accord politique avec l'Iran est le scénario le plus favorable, car il pourrait apporter une stabilité relative dans la région, même si ce n'est qu'à moyen terme. Cependant, ce scénario se heurte aux limites de règlement que Trump est prêt à accepter, et au rejet maintenu par le Corps des gardiens de la révolution, qui détient effectivement les clés de la guerre et de la paix en Iran. Le Corps parie que la pression économique pourrait pousser Trump à mettre fin à la guerre sans réaliser de gains politiques qui se traduiraient par des victoires militaires. Le scénario de règlement se heurte également à l'opposition du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui préfère frapper les installations énergétiques de l'Iran et réduire le pays à un état incapable d'assurer les nécessités de base pour sa survie.
À l'inverse, le scénario de destruction des actifs énergétiques de l'Iran et de sortie de la guerre sans accord reste possible, bien que sa probabilité soit difficile à estimer. S'il devait se produire, il aurait des implications profondes à plusieurs niveaux. Bien que la guerre prenne fin officiellement, la situation resterait non résolue, pouvant évoluer en un conflit à long terme avec de sérieuses conséquences régionales, internationales et économiques.
Un tel scénario augmenterait les coûts économiques pour le monde, paralyserait l'économie iranienne, rendrait l'État incapable de payer les salaires et le priverait de ressources stratégiques. L'Iran passerait d'une puissance régionale à un État perturbant la stabilité dans la région. Il est également probable que le désir de vengeance du Corps des gardiens de la révolution s'intensifie, ciblant les actifs énergétiques dans les pays du Golfe et mobilisant des réseaux cachés à travers plusieurs pays de la région.
En conséquence, ce scénario pourrait transformer la région en théâtre de guerres indirectes, avec le Liban potentiellement à l'avant-plan des pays devenant un champ de bataille ouvert entre Iraniens et Israéliens. Les questions demeurent : le Corps des gardiens de la révolution en Iran continuera-t-il de marcher au bord de l'abîme, ou reconnaîtra-t-il que le coût du refus est plus élevé que celui d'accepter les conditions de Trump pour mettre fin à la guerre ? Ou parie-t-il sur une garantie chinoise qui pourrait stopper la guerre, empêcher son renouveau et assurer les conditions nécessaires à la survie du régime ?
Professeur de sciences politiques à l'Université Libanaise.
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