Meguerditch Bouldoukian : « La valeur précise d’Aramco en Bourse dépendra des équilibres géopolitiques »

Technologie et économie 11-06-2026 | 16:28

Meguerditch Bouldoukian : « La valeur précise d’Aramco en Bourse dépendra des équilibres géopolitiques »

Cinq questions à Meguerditch Bouldoukian sur la future introduction en bourse d’Aramco et le contexte économique dans lequel elle interviendra
Meguerditch Bouldoukian : « La valeur précise d’Aramco en Bourse dépendra des équilibres géopolitiques »
Meguerditch Bouldoukian.
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Une valorisation controversée 

Les Saoudiens ont estimé Aramco à 2 000 milliards de dollars. Des observateurs occidentaux jugent cette valorisation excessive. 

« Il existe plus de six méthodes de calcul en banque d’investissement. Si les parties s’accordent sur une approche, souhaitons-leur bonne chance. Les estimations vont de 1 500 milliards à 10 000 milliards », explique Bouldoukian. 

Il rappelle que la complexité d’Aramco – ses actifs souterrains, dispersés ou liés à des incertitudes géopolitiques – rend toute évaluation délicate.

 

 L’expérience russe comme parallèle 

Bouldoukian évoque sa mission en 1992-93 pour la Commission européenne à Tyumen, Sibérie occidentale, où il avait  participé à la restructuration de Sberbank. 

« Les experts pétroliers affirmaient alors que les réserves russes dureraient 200 ans, sans compter l’Arctique. Aujourd’hui, nous voyons le lancement du projet géant Yamal à 27 milliards de dollars, impliquant Total, CNPC, le Silk Road Fund et Novatek. » 

Pour lui, la valeur d’Aramco sera un coefficient dépendant de la disponibilité et de la sécurité d’accès aux autres sources mondiales.

 

Quelle place pour la cotation ? 

Un échantillon de 5 % du capital pourrait être introduit en bourse l’an prochain. 

« Le New York Stock Exchange possède la liquidité nécessaire. 80 % du commerce mondial se fait en dollars, il est difficile d’imaginer une exception pour une IPO de cette ampleur. »

 

Aramco, actif en déclin ? 

Certains analystes occidentaux estiment qu’Aramco est menacé par le shale oil, les véhicules électriques et les énergies alternatives. 

« La sagesse conventionnelle doit toujours être prise au sérieux », concède Bouldoukian.

 

Nucléaire en recul en Europe 

Interrogé sur la réduction des capacités nucléaires en France et en Allemagne, il rappelle l’impact de Tchernobyl et des craintes liées à la sécurité et au terrorisme. 

« Les gouvernements ont choisi de réduire leurs programmes pour des raisons de sûreté. »

 

Les banques australiennes sous surveillance 

Enfin, Bouldoukian revient sur les banques australiennes : 

« Elles ont récemment été censurées pour des conseils douteux. Cela pose la question d’une intervention de la Reserve Bank of Australia, via des fusions ou acquisitions, afin d’améliorer la qualité du conseil. Rien n’est permanent dans le secteur bancaire, malgré l’image de solidité que les établissements cherchent à projeter. »