L'Irak prend des mesures contre les citoyens rejoignant des armées étrangères
Face aux conséquences juridiques et sécuritaires croissantes des guerres à l'étranger, l'Irak a annoncé une position ferme contre ses citoyens participant à des conflits armés à l'étranger, affirmant que rejoindre les forces armées d'autres pays constitue une violation claire de la loi. Cette position a été exprimée par le comité spécial de lutte contre le recrutement de citoyens irakiens, qui a révélé plusieurs cas d'Irakiens envoyés combattre aux côtés des forces russes dans leur guerre contre l'Ukraine.
La décision irakienne intervient dans le cadre de la surveillance des informations et des rapports indiquant le recrutement d'Irakiens pour combattre dans l'armée russe. Les autorités ont souligné que des sanctions juridiques seront imposées à toute personne reconnue coupable de participation, qu'il s'agisse de recrutement, de combat ou de facilitation de ces actions. Cette annonce reflète les efforts de l'Irak pour sauvegarder sa souveraineté juridique, prévenir l'exploitation de ses citoyens dans les conflits internationaux, et protéger le pays des répercussions politiques et sécuritaires potentielles pouvant résulter de la participation d'Irakiens à des guerres étrangères qui ne représentent pas la position officielle de l'État.
Décisions officielles pour poursuivre ceux impliqués
Une déclaration du Conseil national de sécurité irakien mercredi a indiqué que « le Conseiller à la sécurité nationale Qasim Al-Araji a présidé une réunion du comité spécial de lutte contre le recrutement de citoyens irakiens dans l'armée russe, à laquelle ont assisté des représentants des institutions de sécurité, du ministère des Affaires étrangères et des autorités compétentes. »
La déclaration ajoutait que « lors de la réunion, des décisions et des mesures ont été prises pour aborder cette question, notamment l'activation des dispositions légales du Code pénal irakien, qui prévoit des sanctions pour tout citoyen irakien rejoignant les forces armées d'un autre pays. »
Le Conseil national de sécurité a également souligné « la responsabilisation des agences de voyage et des entités aidant les citoyens irakiens à s'engager dans de telles actions, ainsi que le combat contre le financement, le recrutement et les réseaux impliqués dans cette affaire. Le comité a approuvé ces décisions dans leur forme finale, et elles ont été soumises au Premier ministre pour mise en œuvre. »
Le 26 décembre 2025, les autorités irakiennes ont annoncé la formation d'un comité pour aborder le phénomène de milliers d'Irakiens recrutés pour combattre pour l'armée russe dans la guerre avec l'Ukraine et pour les rapatrier. Selon des déclarations précédentes, le conseiller du Premier ministre irakien, Hussein Alawi, a déclaré que « Bagdad surveille de près le recrutement d'Irakiens dans l'armée russe, que près de 5 000 Irakiens ont été recrutés, et Bagdad échange des données avec la Russie à leur sujet. L'Irak prend également des mesures avec Moscou pour empêcher le recrutement d'Irakiens dans l'armée russe. »
Plus tôt, le président du Conseil suprême de la magistrature en Irak, le juge Faiq Zidan, a souligné que « le Code pénal irakien sanctionne d'emprisonnement toute personne rejoignant, de quelque manière que ce soit, les forces armées d'un autre pays sans l'approbation du gouvernement irakien. »

Avertissements sur les conséquences juridiques et sécuritaires
Le conseiller militaire, le général de division Safaa Al-Asam, a déclaré à Ânnahr que « l'annonce du gouvernement irakien de punir tout citoyen rejoignant les forces armées d'un autre pays représente une étape significative pour faire respecter l'État de droit et protéger la sécurité nationale. Ces mesures répondent à de réels risques révélés par des cas documentés d'Irakiens participant à des combats aux côtés de l'armée russe dans la guerre contre l'Ukraine. »
Al-Asam a noté que « l'implication de citoyens irakiens dans des conflits armés à l'étranger, en particulier au sein des armées régulières, constitue une violation claire des lois existantes et place l'État face à des défis complexes juridiques, diplomatiques et sécuritaires. Les lois irakiennes criminalisent le port d'armes ou le combat en dehors du cadre de l'État et de ses institutions officielles. »
Il a ajouté, « La formation d'un comité spécial pour lutter contre le recrutement de citoyens irakiens reflète la reconnaissance officielle de l'ampleur et de la gravité du phénomène. » Il a souligné que « certains réseaux de recrutement exploitent les difficultés économiques ou les promesses financières pour attirer de jeunes Irakiens à combattre avec les forces russes, ce qui pourrait les exposer à de futures conséquences juridiques et nuire à la réputation internationale de l'Irak. »
Le conseiller militaire irakien a souligné, « Des peines dissuasives doivent être imposées non seulement aux individus mais aussi pour couper les sources de recrutement, empêchant toute entité intérieure ou étrangère d'exploiter des citoyens irakiens dans des conflits qui ne servent pas les intérêts du pays. Ces mesures devraient être accompagnées de campagnes de sensibilisation expliquant les risques juridiques et humanitaires d'une telle participation et promouvoir des options constructives pour la jeunesse en Irak au lieu de les pousser dans des guerres étrangères. »