Les envoyés étrangers pressent le Liban sur le soutien à l'armée, les réformes financières et les élections
Les membres du quintette ne s’éloignent jamais beaucoup du paysage politique libanais et de ses complexités, pour réapparaître à chaque accumulation de crises dans un pays habitué à « appeler un ami à l'aide ».
Les membres du quintette ont rencontré le Président libanais Joseph Aoun, indiquant que la politique étrangère et les décisions majeures à Baabda (le palais présidentiel) sont abordées sans contourner le gouvernement. Il était naturel que les deux envoyés Jean-Yves Le Drian et le Prince Faisal bin Farhan y assistent ensemble, étant donné que leurs deux pays suivent les préparatifs de la Conférence de soutien à l'armée du 5 mars, sous le patronage du Président français Emmanuel Macron, avec la probable participation de Aoun.
Selon une source diplomatique, les organisateurs enverront des invitations aux pays participant au soutien de l'armée libanaise, parmi lesquels le Qatar et le Royaume-Uni, tout en essayant d'encourager d'autres États du Golfe à contribuer à cet effort franco-saoudien visant à former une cellule internationale pour soutenir toutes les institutions militaires, afin que cette tâche ne soit pas limitée au Comité des Cinq. Le Comité des Cinq apprécie le soutien de Doha à l'armée et sa fourniture d'une aide financière, en plus de fournir de grandes quantités de carburant.
Malgré cette image positive concernant l'armée et son commandant, les attentes financières ne semblent pas être élevées, selon une source diplomatique. Certains États influents ne fourniront pas de soutien financier à l'armée ni n'alloueront de grandes sommes, en attendant une résolution sur la question des armes du Hezbollah.
Lors des réunions du quintette avec le Général Rodolphe Haykal, plus d'un membre a loué le rôle joué par l'armée au sud du fleuve Litani. La discussion a même atteint le point de dire que "si Israël avait occupé toute cette zone, il n'aurait pas été capable de rassembler cette quantité d'armes du Hezbollah provenant de centaines de sites et de tunnels". L'armée se limite à la déclaration qu'elle a émise à ce sujet, Haikal notant qu'il y a plusieurs zones et localités occupées par Israël, qui ne respecte pas le cessez-le-feu et viole la Résolution 1701, alors que Washington insiste pour entamer la deuxième phase du plan au nord du Litani.
Entre-temps, le quintette devient actif dès qu'une intervention est nécessaire, alors que tout le groupe travaille pour épargner au Liban tout nouveau choc, exprimant son aisance avec les positions récentes de Aoun et affirmant qu'il n'hésitera pas à soutenir le Liban et sa stabilité.
Lors d'une rencontre entre l'envoyé spécial de la France au Liban, Jean-Yves Le Drian, le Président du Parlement libanais Nabih Berri, et le Premier ministre libanais Nawaf Salam, le premier a souligné l'attention de Paris sur le développement des capacités de l'armée. Malgré l'importance de ce sujet, la délégation, parlant au nom de Le Drian, a souligné la nécessité de finaliser la loi sur le « trou financier » et de tenir les élections parlementaires à temps, notant une connexion entre les deux dossiers.
Malgré l'importance et la sensibilité des sujets présentés par Le Drian, Berri lui a demandé d'augmenter l'engagement de la France dans le « Comité de Mécanisme » (le comité supervisant les négociations liées au sud du Liban), notant que l'absence répétée de la France permet à Israël d'imposer ses propres options sur le cours des discussions.
Revenant aux élections et aux circonstances qui les entourent, le Comité des Cinq ressent que tous les acteurs politiques, notamment les principaux au niveau des blocs parlementaires, se préparent pour l'échéance même sous la loi électorale actuelle, avec un enthousiasme chiite notable au sein du « duo » (Hezbollah et le Mouvement Amal) pour les élections, malgré leur état d'anxiété.
NB : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues de Annahar