Le Golfe après la trêve, une nouvelle approche et trois lignes rouges dans tout accord avec l’Iran
Après la trêve, le Golfe attend prudemment tout accord entre les États-Unis et l’Iran, car les relations de l’Iran avec l’océan, en particulier le golfe Persique, nécessitent de nouvelles approches après la guerre, les approches actuelles n’ayant pas réussi à contrôler la stabilité de la région malgré les tentatives arabes et du Golfe pour neutraliser le spectre de la guerre de l’Iran et les efforts diplomatiques menés avec l’administration américaine pour prévenir une attaque militaire.
Un problème profond se pose dans le contexte des discussions sur les relations entre le Golfe et l’Iran. Le défi entre les deux parties n’a pas permis d’établir la stabilité dans la région, et les pays du Golfe ont pris conscience de cette réalité et ont poursuivi une politique de calme et de règlement avec l’Iran, dont la dernière fut l’accord saoudo-iranien sous l’égide chinoise, et les cadres diplomatiques entre l’Iran, les Émirats arabes unis, le Qatar et le sultanat d’Oman ont été réactivés, mais cela n’a pas empêché l’Iran de lancer ses attaques sur le Golfe.
Comment combler cet écart ?
Le Golfe se voit en position de s’asseoir à la table des règlements et de participer à tout accord final avec l’Iran. Ce qui s’est passé pendant la guerre a créé une crise de confiance très profonde car l’Iran a répondu à la politique positive avec des missiles, des drones et la cessation des chaînes d’approvisionnement pétrolières. Combler ce fossé nécessitera un dialogue profond, des cadres réglementaires pour la relation et des accords écrits avec des garanties de sécurité afin d’éviter une répétition du scénario.
Lors d’une de ses déclarations, Trump a souligné que les pays du Golfe doivent participer à tout règlement final avec l’Iran, et c’est ce que souhaite le Golfe, qui n’acceptera aucun « mauvais accord » permettant à l’Iran de revenir à menacer sa sécurité nationale et maritime ou de lui imposer des conditions sévères, telles que des tarifs sur le passage du détroit d’Ormuz, d’autant plus que le Golfe n’a pas fait partie de la guerre mais a tenté de le dissuader.
Le journaliste bahreïni et personnalité médiatique Munis Al-Mardi insiste sur le fait que la stratégie de gestion de l’Iran doit être modifiée après les développements, car la crise de confiance poussera vers une « approche prudente », et il attend une politique de défense conjointe du Golfe, surtout si le régime iranien poursuit ses politiques actuelles, tout en rappelant que l’Iran a ciblé des installations vitales et des énergies dans les pays du Golfe, et que les frappes ne se limitaient pas aux intérêts américains.
Lemauvais accord pour le Golfe est un accord qui « ne prend pas en compte le développement par l’Iran d’un programme d’armes nucléaires, le développement d’un programme de missiles balistiques et de drones, en plus du soutien aux factions pro-iraniennes », selon Al-Mardi, qui insiste sur le fait que tout programme nucléaire iranien doit être pacifique, et que tout accord doit inclure des solutions en trois points et des mécanismes de fonctionnement.
En conclusion, le Golfe se trouve à un carrefour dangereux, et sa participation à tout possible règlement futur avec les États-Unis et l’Iran est nécessaire pour assurer la sécurité nationale du Golfe et ne pas répéter le spectacle des attaques iraniennes, d’autant plus que les États du Golfe sont un facteur clé pour l’avenir de la région, et que la stabilité ne peut être atteinte sans leur participation.