Gouvernance en temps de crise : leçons du Liban
"Toute crise a un début et une fin. Les décisions prises comme si la crise était permanente détruisent de la valeur. Les dirigeants doivent définir un horizon temporel et aligner leurs priorités pour éviter de figer l’organisation dans des positions dépassant la crise." commence Constantin Salameh, fondateur et associé de CSTouch (2006), cabinet suisse de conseil en management et investissement.
Chaque crise génère risques et opportunités. Se concentrer sur un seul aspect conduit à la paralysie ou à l’imprudence. Un leadership efficace exige de gérer les deux en parallèle : atténuer les risques tout en saisissant les opportunités.
La gouvernance est la clé. Structure, discipline et clarté dans la prise de décision deviennent vitales lorsque l’incertitude est maximale.
Ces conclusions reposent sur plus de vingt ans de conseil et de financement de plus de 200 entreprises au Liban et dans la région. Le dénominateur commun des organisations qui ont résisté ou prospéré : une gouvernance solide.
"Les « 6 C » de la gouvernance en temps de crise", continue Farah Salma, experte en gouvernance pour startups, ONG et entreprises sociales au Liban et dans la région MENA.
CashFlow Management : la liquidité devient la contrainte principale. Les dirigeants doivent avoir une visibilité complète sur les flux financiers, avec des projections basées sur le pire scénario.
Cost Optimization : distinguer fonctions essentielles et non essentielles, transformer les coûts fixes en variables.
CapEx Prioritization : réévaluer les investissements, différer ou arrêter les projets non essentiels.
Contingency Planning : identifier les risques majeurs, définir des plans de mitigation et tester les scénarios extrêmes.
Communication : cohérence et transparence sont vitales pour préserver la confiance des parties prenantes.
Collaboration : les crises ouvrent la voie à de nouveaux partenariats, alliances et acquisitions.
Une crise n’est jamais positive en soi, mais elle force des décisions souvent repoussées en période de stabilité. Cinquante ans de crises au Liban ont montré que la disruption agit comme un éditeur brutal : elle élimine l’accessoire et impose la clarté. Les dirigeants qui internalisent cette réalité et gouvernent avec discipline transforment les chapitres les plus difficiles en moments fondateurs.