Paris dément un plan de paix mais soutient les pourparlers Liban-Israël pour mettre fin à la guerre

Opinion 15-03-2026 | 17:58

Paris dément un plan de paix mais soutient les pourparlers Liban-Israël pour mettre fin à la guerre

Après un rapport de Axios concernant une proposition soumise par Paris pour mettre fin à la guerre au Liban, le ministère français des Affaires étrangères a confirmé samedi soir qu'“il n'y a pas de plan français.” 
Paris dément un plan de paix mais soutient les pourparlers Liban-Israël pour mettre fin à la guerre
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Dans une déclaration, il a dit: “La France a soutenu l'ouverture des autorités libanaises à tenir des pourparlers directs avec Israël et a proposé de les faciliter. Il appartiendra aux parties concernées, et à elles seules, de déterminer l'agenda de ces discussions.”

 

Plus tôt, trois sources familières avec les détails ont indiqué à Axios que le gouvernement français avait élaboré une proposition pour mettre fin à la guerre au Liban qui exigerait que le gouvernement libanais fasse le pas de reconnaître Israël.

 

D'après les sources, Israël et les États-Unis examinent actuellement la proposition.

 

Le cadre français pourrait aider à réduire l'escalade dans la guerre, à prévenir une occupation à long terme du sud du Liban par Israël, à augmenter la pression internationale pour désarmer le Hezbollah, et à ouvrir la voie à un accord de paix historique.

 

D'après les sources, le gouvernement libanais a accepté le plan comme base pour les discussions de paix, dans un contexte de profonde inquiétude quant à la reprise de la guerre éclatant après des attaques à la roquette menées par le Hezbollah contre Israël, craignant que cela puisse dévaster le pays.


Une délégation pour les négociations...

Dans ce contexte, le Liban travaille à former une délégation pour négocier avec Israël afin d'arrêter la guerre entre elle et le Hezbollah, selon une source officielle qui s'est exprimée à l'Agence France-Presse samedi, dans le cadre d'un appel français pour tenir de tels pourparlers.

 

La source a déclaré: “Les négociations sont sur la table et les préparations sont en cours pour former la délégation, mais il n'y a pas encore d'agenda pour ces discussions, ni le timing ni le lieu n'ont été déterminés, que ce soit à Paris ou à Chypre. Tout reste encore à discuter.”

 

Il a ajouté: “L'initiative du Président de la République, Joseph Aoun, pour négocier est sur la table. Elle a reçu le soutien européen ainsi que le soutien de nombreux pays, mais nous avons également besoin d'un engagement israélien pour une trêve ou un cessez-le-feu.”

 

Pendant ce temps, Israël prévoit d'étendre son opération terrestre au Liban, avec les intention de prendre le contrôle de l'ensemble de la zone au sud du fleuve Litani et de démanteler l'infrastructure militaire du Hezbollah, selon des responsables israéliens et américains.

 

Cela pourrait devenir la plus grande incursion terrestre israélienne au Liban depuis 2006, mettant potentiellement le pays au centre de l'escalade du conflit impliquant l'Iran.

 

Un haut responsable israélien a déclaré: “Nous ferons ce que nous avons fait dans la bande de Gaza,” en faisant référence à la destruction d'immeubles qu'Israël affirme être utilisés par le Hezbollah pour stocker des armes et lancer des attaques.

 

Israeli army personnel (AFP).
Israeli army personnel (AFP).

 

La proposition française…

Selon la proposition française, Israël et le Liban ouvriraient des négociations, avec le soutien des États-Unis et de la France, sur une “déclaration politique” à convenir dans le mois.

 

Les négociations commenceraient au niveau des hauts diplomates avant de passer au niveau des dirigeants politiques. Les responsables français aimeraient que les pourparlers aient lieu à Paris, selon les sources.

 

Les sources indiquent que la déclaration proposée inclurait une reconnaissance initiale d'Israël par le Liban, ainsi qu'un engagement du gouvernement libanais à respecter “la souveraineté et l'intégrité territoriale d'Israël.”

 

Israël et le Liban réaffirmeraient leur engagement envers la Résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui a mis fin à la guerre de 2006, ainsi que l'accord de cessez-le-feu de 2024.

 

Le gouvernement libanais s'engagerait à prévenir toutes attaques contre Israël depuis son territoire, et à mettre en œuvre son propre plan pour désarmer le Hezbollah et prévenir son activité militaire.

 

La proposition française prévoit également le redéploiement de l'armée libanaise au sud du fleuve Litani. En même temps, Israël se retirerait dans un délai d'un mois des zones qu'il a occupées depuis le début de la guerre actuelle, selon les sources.

 

Les deux côtés s'engageraient à utiliser le mécanisme de surveillance dirigé par les États-Unis pour trouver une solution aux violations du cessez-le-feu et menaces imminentes.

 

Pendant ce temps, les membres de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban vérifieraient le désarmement du Hezbollah au sud du Litani, tandis qu'une coalition de pays autorisés par le Conseil de sécurité des Nations Unies surveillerait le processus de désarmement dans le reste du Liban.

 

UNIFIL vehicle (AFP).
UNIFIL vehicle (AFP).

 

Un accord permanent…

La proposition précise que le Liban déclarerait sa volonté d'engager des négociations sur un accord de non-agression permanent avec Israël.

 

Selon les sources, l'accord devrait être signé dans deux mois, ce qui mettrait fin à l'état de guerre officiel entre les deux pays qui dure depuis la création d'Israël en 1948.

 

Cet accord engagerait les deux parties à régler les différends par la voie pacifique et à établir des arrangements sécuritaires entre eux.

 

Une fois signé, l'accord de non-agression, Israël se retirerait de cinq positions dans le sud du Liban contrôlées par l'armée israélienne depuis novembre 2024.

 

La dernière étape du plan français ouvrirait la voie à la délimitation des frontières entre le Liban et Israël, ainsi qu'entre le Liban et la Syrie, d'ici la fin 2026.

 

Le Président libanais Joseph Aoun a déjà nommé une équipe de négociation en préparation à d'éventuelles discussions avec Israël.

 

Pendant ce temps, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a chargé l'ancien ministre Ron Dermer de gérer le dossier libanais pendant la guerre, selon des responsables américains et israéliens.

 

Les responsables ont également déclaré que Dermer gérera les communications avec l'administration de Donald Trump et mènera toutes les négociations avec le gouvernement libanais si des discussions directes commencent dans les semaines qui suivent.

 

Destruction dans une colonie israélienne par des roquettes du Hezbollah (AFP).
Destruction dans une colonie israélienne par des roquettes du Hezbollah (AFP).

 

Un leadership américain fort…

Cependant, il reste à voir qui au sein de l'administration de Donald Trump