Les choix du Hezbollah et la main faible de l'Iran : la crise régionale en cours

Opinion 17-02-2026 | 11:15

Les choix du Hezbollah et la main faible de l'Iran : la crise régionale en cours

Des tensions à la frontière libano-syrienne aux pourparlers américano-iraniens, la région fait face à un mélange volatil de stratégie, menace et négociation.
Les choix du Hezbollah et la main faible de l'Iran : la crise régionale en cours
Téhéran (AFP)
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Les récentes frappes israéliennes sur des éléments du Hezbollah dans le sud, ainsi que sur d'autres organisations islamiques au point de Masnaa, ne s'écartent pas de la « routine » établie à la fin de la guerre de 66 jours qu'Israël a menée contre le Hezbollah. Cependant, ce qui s'éloigne de la routine sanglante sur le sol libanais, c'est l'intensité des fuites qui persistent ces derniers jours, suggérant que des événements sécuritaires pourraient se produire à la frontière libano-syrienne entre des forces militaires affiliées au gouvernement syrien et le parti mentionné au Liban. Cela s'inscrit dans le contexte des missiles et du matériel militaire retirés par le parti de la zone d'al-Qusayr lors de la chute de l'ancien régime syrien. On dit qu'ils sont situés dans la région du nord de la Bekaa, et la partie syrienne insiste pour les récupérer, car ils sont considérés comme la propriété de l'armée syrienne. La portée de ces missiles s'étend au point de menacer Damas depuis le nord ou le centre de la Bekaa.

 

Cette question pourrait s'aggraver dangereusement dans les jours à venir à moins que le parti ne remette rapidement les missiles à la partie syrienne. De plus, le rôle de l'État libanais à cet égard est crucial pour éviter une grande crise en pressant le parti de restituer les missiles et le matériel demandés par la partie syrienne, afin qu'ils puissent être rendus à leurs propriétaires légitimes. Cela est d'autant plus important puisque le parti qui les détient ne peut plus les utiliser contre Israël, après s'être effectivement retiré au sud de la rivière Litani. Ainsi, la seule partie véritablement menacée est le nouveau régime en Syrie.

 

Ailleurs, une attention doit être portée aux développements régionaux : le deuxième round de négociations entre les États-Unis et l'Iran aura lieu aujourd'hui à Genève, au milieu d'une mobilisation militaire américaine massive entourant l'Iran de toutes parts. Le front principal de ce renforcement est mené par les deux groupes de frappe de porte-avions, Abraham Lincoln et Gerald Ford. L'Iran est conscient que ce renforcement renforce la crédibilité des menaces américaines d'asséner un coup dévastateur dans un avenir proche. Le pont aérien, qui dure depuis la mi-mois dernier, a vu plus de 170 vols d'avions de transport militaire, déplaçant d'énormes quantités de matériel et de munitions vers le théâtre potentiel des opérations dans la région.

 

 

L'Iran comprend que la menace de guerre sous l'actuel Président américain, Donald Trump, est réelle. Par conséquent, certains aides du vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi ont commencé à divulguer des positions indiquant la volonté de l'Iran de discuter du développement des relations économiques avec les États-Unis et d'accorder à Washington un rôle de leader dans l'investissement au sein de l'économie iranienne, dans tous les secteurs non considérés comme stratégiques pour le régime.

 

Ainsi, Téhéran utilise la carte des incitations économiques envers les États-Unis pour détourner la menace d'une attaque américaine et, bien sûr, pour adoucir les conditions de Washington dans les négociations et les orienter vers des sujets annexes. Cela indique clairement la position extrêmement faible de Téhéran lors des pourparlers.

 

Cette situation devrait motiver le Hezbollah à faire preuve de plus de sagesse et à accepter rapidement le plan de l'armée dans sa deuxième phase, sans délai et sans slogans vides qui ne servent à rien, avant qu'il ne soit trop tard et qu'une grande opération militaire israélienne puisse être lancée au début du printemps prochain.

 

Avertissement : Les opinions exprimées par les auteurs leur appartiennent et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar.