Après des discussions préliminaires à la Knesset, l'administration pénitentiaire israélienne se prépare à mettre en œuvre une loi rétablissant la peine de mort par pendaison, exclusivement pour les Palestiniens, ciblant rétroactivement les prisonniers et ouvrant la voie à un massacre à grande échelle des détenus dans les prisons d'occupation.
Cette poursuite de l'application rétroactive de la peine de mort exclusivement aux Palestiniens semble être une tentative délibérée de légitimer des politiques visant à l'éradication finale du peuple palestinien, alors que le gouvernement de Nétanyahou cherche à masquer le génocide en cours sous le couvert de la légitimité judiciaire.
Plus clairement, le recours à un tel outil fasciste qu'est la punition rétroactive reflète une reconnaissance explicite par Israël que le cadre juridique existant est insuffisant pour satisfaire le désir de vengeance, nécessitant un écart par rapport aux principes fondamentaux du droit pour cibler un groupe de population spécifique. Comprendre cette mesure comme une continuation du génocide nécessite de dépasser les définitions traditionnelles du meurtre de masse.
Le génocide, tel que décrit par Raphael Lemkin, est un « plan coordonné d'actions diverses visant à détruire les fondements essentiels de la vie des groupes. » Il est évident que ce projet législatif cherche à poursuivre cette destruction d'une manière différente — discrètement et sans coûts symboliques.
Cette approche législative poursuit la politique actuelle de normalisation de la déshumanisation des Palestiniens. Lorsqu'un État délibère sur les aspects logistiques de l'exécution d'un groupe particulier de manière rétroactive, il renforce l'idée que ces individus existent en dehors des limites de l'humanité. Cette méthode crée un chemin bureaucratique vers la mort en légalisant le génocide. Elle reflète la « banalité du mal » observée dans d'autres atrocités historiques, où le génocide est aseptisé par des procédures administratives. Le but ultime est de faire apparaître l'éradication des Palestiniens comme une tâche administrative de routine plutôt qu'un crime horrible contre l'humanité.
De plus, cette mesure approfondit le système d'apartheid qui renforce le contrôle de l'occupation sur les vies palestiniennes. Dans un système où un colon juif et un résident palestinien de la même terre sont soumis à des ensembles de lois totalement différents, appliquer la peine de mort uniquement aux Palestiniens représente l'expression ultime de l'inégalité.
En Israël, la peine de mort n'a pas été officiellement appliquée depuis les années 1960, bien que l'armée et les colons aient perpétré des massacres contre des dizaines de milliers de Palestiniens depuis 1948 — durant les répressions du mandat britannique, la Nakba, et la Naksa — se poursuivant à travers le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique des territoires occupés en Cisjordanie. Cela souligne la dévaluation des vies palestiniennes, envoyant un message au monde qu'aucun niveau de punition n'est excessif pour la population indigène, et qu'aucune violation flagrante du droit à une procédure régulière n'est considérée comme trop extrême quand il s'agit de maintenir la domination de la puissance occupante.
Les données israéliennes elles-mêmes indiquent une forte augmentation du terrorisme des colons en Cisjordanie, avec un récent rapport de l'armée estimant une hausse de 27% des crimes à motivation raciale en 2025. Les données de l'ONU présentent un tableau encore plus sombre, enregistrant environ 1 420 attaques contre les Palestiniens en 2024 — une augmentation de 16% par rapport à 2023, le niveau le plus élevé depuis le début de la documentation en 2006. Les données montrent que la violence des extrémistes juifs n'est pas simplement une « réponse » aux attaques. Par exemple, au premier trimestre 2025, les attaques contre les Palestiniens ont augmenté d'environ 30% par rapport à l'année précédente, malgré une baisse de 44% des attaques palestiniennes sur la même période. La communauté internationale distingue souvent les temps de guerre des temps de « paix », ou entre les actions militaires et les décisions parlementaires, qu'Israël utilise pour éviter les critiques. Cependant, légiférer la peine de mort rétroactive n'est rien d'autre qu'une continuation du génocide par d'autres moyens.
NB : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues d'Annahar.