Bibliothèque visuelle et patrimoniale du Liban

Liban 23-06-2026 | 15:48

Bibliothèque visuelle et patrimoniale du Liban

La maison-musée de Philippe Jabre à Beit Chabab, une collection unique de peintures orientalistes et d'œuvres contemporaines qui racontent le Liban.
Bibliothèque visuelle et patrimoniale du Liban
Bonfils - 490 - Mont-Liban - Deir el Kamar, vue générale - Syrie - 22 x 27.6 cm (encadrée)
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À Beit Chabab, Philippe Jabre a transformé une demeure traditionnelle en véritable maison-musée. Sa collection singulière et éclectique, curatée par Gaby Daher, rassemble peintures orientalistes, affiches, objets rares et œuvres contemporaines. Ensemble, elles composent une mémoire plurielle du Liban, entre paysages disparus et visions modernes.

Un banquier devenu collectionneur

Philippe Jabre, financier libanais installé entre Londres, Genève et Beyrouth, s’est imposé comme l’un des plus grands collectionneurs privés du pays. Son aventure commence en 1989, lors de la vente Blackmer chez Sotheby’s, où il acquiert ses premiers ouvrages anciens sur le Moyen-Orient. Progressivement, il élargit son horizon aux peintres orientalistes, aux affiches touristiques et aux archives photographiques, construisant une véritable mémoire visuelle du Liban.

Beit Chabab, écrin de mémoire

Conservant son aspect traditionnel, ses vieilles rues, maisons et églises, Beit Chabab est l’un des plus beaux villages du Liban. Sur plus de 200 000 m² boisés de chênes et de pins, cinq bâtisses anciennes accueillent la collection : le bâtiment principal dédié aux peintures orientalistes, l’ancienne fonderie de cloches de Naffah abrite les œuvres sur papier et trois maisons en ruine bientôt restaurées pour abriter affiches, tableaux contemporains de peintres libanais, photos et livres anciens.

Une collection singulière et éclectique

Des toiles de David Hockney, des œuvres orientalistes, de la vaisselle gravée, des poupées, des affiches colorées… Le fil conducteur est le Liban. Mais un Liban polymorphe, façonné par les perceptions de plusieurs artistes étrangers à différentes époques. Cette diversité, loin de créer la confusion, s’orchestre harmonieusement dans la maison-musée.

Mémoire d’un vieux Liban

La collection conserve des sites disparus : la muraille de Tyr, la vieille ville de Beyrouth ou la place des Canons. On y retrouve Prosper Marilhat, Pierre-François Lehoux, Edward Hodges Cree, Gustav Bauernfeind ou encore Théodore Frère avec Palmyre, détruite par l’État islamique. Ces œuvres sont autant de témoignages iconographiques d’un Liban à jamais perdu.

Objets rares et affiches captivantes

Outre les peintures, le fonds Jabre renferme deux automates de fabrication française arabe à sujets turcs réalisés vers 1880, des poupées fabriquées en France par la maison ‘Trio Elmassian’ et exposées à Paris en 1958, et des figurines de personnages mauresques à tête en porcelaine et yeux en verre. Dans la fonderie Naffah, nous trouvons les aquarelles et dessins sur le Liban, minutieusement protégées par la lumière et l’humidité qui peuvent occasionner des dégâts aux œuvres sur papier.

Artistes libanais et contemporains

À l’étage supérieur, des œuvres de Yvette Achkar, Hélène el-Khal, Bibi Zoghbi, Aref Rayess ou Raëd Yassine côtoient des céramiques de Dorothy Salhab et Samar Mogharbel. Le fonds conserve également trois œuvres de David Hockney, récemment disparu, et qui avait fait un séjour de deux semaines au Liban en 1966, deux d’Andy Warhol, une peinture de Charles Lapicque (La Châtelaine du Liban) et un tableau de Ralf Winkler dit A.R. Penck, représentant le siège de Beyrouth en 1982.

Le rôle clé de Gaby Daher

Depuis 1989, Gaby Daher accompagne Jabre comme conservateur et guide. Spécialiste des orientalistes, il reconstitue le cheminement créatif des artistes voyageurs et transmet avec passion l’histoire des œuvres. Ses visites guidées, organisées, entre autres,  en partenariat avec L’agenda Culturel, permettent aux amateurs d’art de découvrir cette mémoire vivante. On peut également réserver des visites en le contactant sur la page Instagram @philippejabreartcollection

La complémentarité avec la collection Myrna Boustany

L’acquisition de la collection Myrna Boustany, première femme parlementaire du Liban et fondatrice du Festival Al Bustan, ajoute une dimension politique et culturelle. Ses archives et œuvres dialoguent avec les orientalistes et les affiches, renforçant la vocation de Beit Chabab comme lieu de mémoire plurielle.

 


La collection Philippe Jabre est une bibliothèque visuelle et patrimoniale du Liban, installée dans le cadre préservé de Beit Chabab. Elle rassemble œuvres orientalistes, affiches, objets rares et pièces contemporaines, enrichie par la collection Myrna Boustany et par la présence d’oeuvres de David Hockney. Grâce au travail passionné de Gaby Daher, elle devient une expérience vivante où l’art, l’histoire et la mémoire collective se rencontrent pour nourrir le patrimoine du pays.