Entre partir et rester, « Tarbouch Jedde Maallak » raconte le dilemme libanais.

Mode de Vie 30-06-2026 | 14:55

Entre partir et rester, « Tarbouch Jedde Maallak » raconte le dilemme libanais.

Avec « Tarbouch Jedde Maallak », Marwa Khalil et Riad Chirazi montent une piece qui parle à de nombreux Libanais, partir ou rester. Entre récit personnel et réalité du pays, la pièce explore les liens complexes entre exil, identité et mémoire, tout en proposant une approche sensible et accessible au public.
Entre partir et rester, « Tarbouch Jedde Maallak » raconte le dilemme libanais.
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Le projet de « Tarbouch Jedde Maallaek » ne date pas d’hier. Comme l’explique Marwa Khalil, l’idée l’accompagne depuis près de huit ans. Aujourd’hui, elle en est à la fois créatrice, productrice et actrice, aux côtés de Riad Chirazi, metteur en scène et co-auteur, qu’elle a connu comme professeur et dont elle admire le travail depuis plusieurs années.

 

La pièce a été présentée à Beyrouth à partir du mois de septembre 2025 et a rencontré un vrai succès, et continue a jouer 1 an qu'ils jouent la pièce avec plus d'une trentaine de représentations, toutes complètes. Elle a également été jouée à Dubaï, et une tournée internationale est envisagée, notamment à Paris et Londres en octobre prochain, un lieu important dans le parcours personnel de l’artiste.

 

Sur scène, elle partage le rôle principal avec l’acteur Juneid Zeineldine. Le projet réunit aussi une petite équipe, dont Rebecca Khoueiry et Tony Farah, et a été produit par Acting Lab, l'école de théâtre de Marwa Khalil qui est aussi une boîte de production qui a permis sa réalisation au Liban malgré un contexte difficile.

 

Derrière cette pièce, il y a surtout une question que beaucoup de Libanais se posent, faut-il rester ou partir. À travers les personnages de Hala et Ibrahim, Marwa Khalil et Riad Chirazi mettent en scène ces deux choix, presque opposés, mais tout aussi réels et profondément ancrés dans la société libanaise actuelle.

 

L’idée n’était pas de faire une œuvre politique au sens classique, mais plutôt de trouver une manière différente de parler du Liban, sans tomber dans les clichés. La solution est venue d’une métaphore simple, une histoire d’amour. Une relation qui, comme le pays, est fragilisée par les événements, interrompue avant même de pouvoir réellement s’épanouir.

 

La pièce revient aussi sur une réalité plus large, celle de l’émigration libanaise, qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des générations, les départs se répètent, souvent pour les mêmes raisons dont l’instabilité, le manque d’opportunités et les crises économiques et politiques successives qui marquent le pays.

 

Dans ce contexte, continuer à créer, surtout en période de guerre, prend une autre dimension. « C’est une forme de résistance », explique l’artiste, qui voit dans son travail une manière de raconter l’histoire du pays autrement, et surtout de garder un lien avec les Libanais de l’étranger et ceux qui vivent loin.
 
Pour Marwa Khalil, cette pièce est aussi très personnelle. « Je suis moitié Ibrahim, moitié Hala », dit-elle. Marwa dans l'écriture ayant pris le parti de Hala et Riad le parti de Brahim "nous voulons parlé de la pièce à tous les Libanais ici et ailleurs. Après avoir joué au Nord à Jounieh et à Tripoli nous sommes heureux de nous diriger à Saïda la capitale du sud le 3 juillet , une destination importante pour nous alors que le pays traverse une crise sans précédent, au sud , nous sommes en plein dans la thématique avant de revenir au Monnot pour 2 soirées uniquement le 6/7 juillet au Monot, après cela destination Europe"
 

Le public, lui, semble avoir répondu présent, notamment à Beyrouth où les représentations ont affiché complet. Le duo avec Juneid Zeineldine fonctionne aussi grâce à leurs différences, lui n’ayant jamais quitté le Liban, contrairement à elle qui a beaucoup voyagé.

 

Enfin, l’artiste espère toucher un public plus large, notamment la diaspora. Pour elle, cette histoire leur appartient aussi et reflète une réalité partagée par des millions de Libanais à travers le monde.
 
Avec « Tarbouch Jedde Maallak », Marwa Khalil et Riad Chirazi proposent une lecture sensible et accessible d’une réalité que beaucoup vivent sans toujours pouvoir la formuler. Entre attachement profond et envie d’ailleurs, la pièce met des mots et surtout des émotions sur une question qui reste, jusqu’à aujourd’hui, sans réponse claire.