Espoir et changement : Pourquoi de nombreux Libanais ne suivent pas le Parlement
Les discussions parlementaires révèlent souvent le vaste fossé entre le peuple et la classe politique. Lors des sessions budgétaires qui ont débuté cette semaine, et lors des rares discussions sur la politique publique, les députés prononcent de longs discours que peu ont le courage de suivre.
La plupart des Libanais se désintéressent, trouvant impossible de changer le statu quo ou de défier les autorités politiques et religieuses qui dominent la vie publique. Cette variété de Libanais ne peut endurer les discours pompeux dans les couloirs du parlement. Et pourtant, à la fin de chaque période de quatre ans—à moins d'un vide constitutionnel—ce « citoyen modèle » libanais exprime un vote, choisissant de renouveler sa propre souffrance.
Cette année au Liban, les sessions législatives aborderont des questions nationales et locales allant de la solvabilité financière à l'autorité de l'État, jusqu'aux moindres détails affectant la vie quotidienne. Et pourtant, le parlement est dominé par d'autres préoccupations, principalement le compte à rebours des prochaines élections parlementaires de mai. À mesure que nous approchons du jour du vote, les observateurs peuvent s'attendre à des discours de plus en plus ridicules dans lesquels les députés rivalisent pour la meilleure phrase choc.
La réalité est que les prochaines élections, qu'elles se déroulent comme prévu ou non, n'offrent que peu de promesses de changement significatif dans les conditions actuelles. Même si la proportion de nouvelles têtes augmente, le système sera probablement dominé par des forces institutionnelles, empêchant tout changement significatif. Les lois électorales et les dynamiques sectaires ne céderont pas tant que les pouvoirs en place contrôleront les moyens de réforme.
L'échec dramatique de la Révolution de 2019 a peut-être été la leçon la plus dure sur le changement au Liban. Malgré un effondrement historique de la confiance dans le système, la révolution a produit peu de différences concrètes. Même si le désarmement du Hezbollah progresse dans le meilleur des cas, un changement législatif structurel reste improbable.