Entre escalade militaire et voie diplomatique, Washington et Téhéran face au risque d’une guerre régionale

Opinion 16-07-2026 | 16:50

Entre escalade militaire et voie diplomatique, Washington et Téhéran face au risque d’une guerre régionale

Entre menaces militaires, divergences américano-israéliennes et pression diplomatique, Washington et Téhéran tentent d’éviter une escalade qui pourrait plonger la région dans une guerre ouverte.

Entre escalade militaire et voie diplomatique, Washington et Téhéran face au risque d’une guerre régionale
Une fresque représentant Lindsey Graham à Téhéran. (AFP) You've used all your Instant intelligence for now. Responses may have lower quality until 6:20 PM. Try Plus free
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Le dilemme auquel sont confrontés à la fois le président américain Donald Trump et l’Iran est qu’aucune des deux parties n’est parvenue à maintenir leurs frappes mutuelles, qui se poursuivent depuis la semaine dernière, à un niveau limité tout en empêchant leur escalade vers une guerre à grande échelle. Tout mouvement de l’une ou l’autre partie vers une nouvelle phase provoquerait une nouvelle escalade, entraînant une explosion plus large de la situation et l’ouverture de nouveaux fronts.

 

 

Les options d’escalade et leurs limites

 

Selon des informations rapportées par les médias américains, Trump semble disposé à élargir les opérations militaires. Il a menacé de frapper le mont Fez, situé à proximité de l’installation nucléaire de Natanz, ainsi que des centrales électriques et des ponts en Iran. Il a également évoqué avec ses conseillers la possibilité de prendre le contrôle de l’île de Kharg, qui assure l’exportation de 90 % du pétrole iranien. En réponse, le commandement conjoint des forces armées iraniennes a déclaré qu’il fermerait le détroit de Bab el-Mandeb et qu’il frapperait des infrastructures dans des pays du Moyen-Orient si Trump mettait ses menaces à exécution.

 

La libération d’une Américaine détenue depuis 2024 a contribué à atténuer les craintes d’une guerre plus large, et cette décision a valu à Trump des « remerciements ». Alors que les événements se succédaient rapidement, le vice-président américain JD Vance est entré en scène. Vance, qui avait dirigé plus tôt ce mois-ci une série de discussions avec une délégation iranienne en Suisse, a expliqué que les frappes américaines constituaient l’un des « outils » utilisés par Washington pour convaincre Téhéran de revenir aux négociations. Parallèlement, il a envoyé un message positif en affirmant que les États-Unis n’enverraient pas de troupes en Iran pour renverser le régime. Il a également vivement critiqué des ministres israéliens qu’il a accusés de vouloir prolonger indéfiniment la guerre. Il a fixé une ligne rouge à l’Iran : poursuivre l’acquisition d’armes nucléaires.

 

A large billboard in Tehran shows U.S. President Donald Trump inside a coffin, with Persian writing:
A large billboard in Tehran shows U.S. President Donald Trump inside a coffin, with Persian writing:

 

Les divergences américano-israéliennes

 

Le fossé entre les positions américaine et israélienne ne cesse de se creuser, non seulement sur la question iranienne, mais également en ce qui concerne le Liban et la Syrie. Trump a appelé Israël à se retirer de ces deux pays, ce qui a poussé le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, à réagir, après un entretien avec son homologue américain Pete Hegseth, en affirmant qu’Israël ne se retirerait pas de ce qu’il a qualifié de « zones de sécurité » qu’il occupe dans ces territoires.

 

Parallèlement, la flexibilité affichée par Vance trouve un écho dans une attitude similaire de la part du principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Qalibaf, qui a déclaré mercredi que son pays devait recourir à la diplomatie et aux négociations pour parvenir à ses objectifs, tout en estimant que l’Iran « mène une guerre existentielle ».

 

 

Le pétrole : le plus grand test

 

La conclusion logique de cette situation est qu’au dernier moment, les deux parties reculeront devant le risque d’une escalade et retourneront à la table des négociations. Trump peut se contenter d’évoquer sur le papier les options d’escalade et la protection du détroit d’Ormuz, mais leur mise en œuvre nécessiterait, selon des experts militaires et des analystes, l’envoi de forces supplémentaires sur le terrain ainsi qu’une avancée visant à occuper certaines parties du territoire iranien. Une telle opération prendrait du temps et comporterait le risque de s’enliser dans une guerre prolongée.

 

Une question directe se pose alors : jusqu’où le prix du baril de pétrole pourrait-il grimper, et comment les marchés de l’énergie absorberaient-ils un nouveau choc ? Les données de la société de suivi maritime Kpler montrent que le trafic des pétroliers dans le détroit a fortement diminué ces derniers jours. Parmi les 21 navires ayant franchi le détroit mardi, aucun n’a emprunté la route omanaise protégée par les États-Unis. Seize navires sont passés par la route du nord, en coordination avec les autorités iraniennes, tandis que les cinq autres ont emprunté différents passages après avoir éteint leurs radars et leurs systèmes de communication, empêchant ainsi leur suivi.

 

Le scénario le plus probable est que Trump ne prendra pas le risque de perdre des soldats américains dans une guerre à laquelle s’oppose une écrasante majorité de l’opinion publique. C’est pourquoi il maintient ouverte l’option diplomatique en répétant que Téhéran souhaite parvenir à un accord et que les négociateurs américains restent en contact avec leurs homologues iraniens.