Algérie : la politique de rupture diplomatique, un pari sans résultats ?

Opinion 16-07-2026 | 11:39

Algérie : la politique de rupture diplomatique, un pari sans résultats ?

Après l’Espagne, la France et le Mali, la politique de rupture diplomatique menée par l’Algérie n’a pas permis d’infléchir les positions de ses partenaires. Les relations se rétablissent progressivement, sans règlement des différends de fond.

Algérie : la politique de rupture diplomatique, un pari sans résultats ?
Les drapeaux de l’Algérie et du Mali (X).
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Il existe une expression française qui dit : « "Faire tout un plat pour un œuf"! » Elle s’applique certainement aux relations algéro-maliennes, qui sont revenues à la normale il y a quelques jours après quinze mois de tensions. Cette période de crispations a conduit l’Algérie à rappeler son ambassadeur de Bamako, à fermer son espace aérien aux appareils maliens et à suspendre la coordination sécuritaire entre les deux pays, qui partagent une frontière de plus de 1 300 kilomètres. Le Mali avait pris des mesures similaires en retour.

 

Pourtant, les tensions entre les deux pays se sont désormais apaisées et leurs relations sont revenues à leur état antérieur, comme si rien ne s’était passé, sans pour autant parvenir au résultat escompté.

 

La dégradation des relations entre l’Algérie et le Mali, suivie de leur retour à la normale, n’est pas un phénomène nouveau. Le même scénario s’était déjà produit avec l’Espagne et la France. En mars 2022, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait ouvertement annoncé son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, la qualifiant de « base la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le différend du Sahara occidental.

 

À l’époque, l’Algérie avait vivement réagi et lancé une féroce campagne médiatique contre la position de l’Espagne en faveur du Maroc. Elle avait rappelé son ambassadeur à Madrid, suspendu le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé avec l’Espagne en 2002, et gelé les relations commerciales.

 

Malgré ces mesures, le gouvernement de Madrid n’avait pas reculé d’un seul pas par rapport à sa position favorable au Maroc. Dans le même temps, il avait veillé à maintenir le dialogue avec l’Algérie, considérant celle-ci comme un partenaire important dans le secteur énergétique.

 

Ce qui est notable, c’est que les signes d’un rapprochement entre Madrid et Alger avaient commencé à apparaître rapidement. Les relations entre les deux pays étaient revenues à leur état antérieur, tandis que la position de l’Espagne sur la question du Sahara occidental demeurait inchangée.

 

Le même scénario s’est reproduit avec la France après l’annonce, en juillet 2024, par le président Emmanuel Macron, que son pays reconnaissait la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. L’Algérie était alors entrée dans un bras de fer avec Paris, rappelant son ambassadeur, intensifiant sa rhétorique médiatique hostile à l’égard de la France, gelant de nombreuses visites officielles et laissant les questions de sécurité, de coopération économique et de migration être affectées.

 

Malgré l’escalade algérienne, la position française est restée inchangée, à l’image de la position espagnole. Elle a même été davantage renforcée par les visites de responsables français au Sahara marocain ainsi que par l’annonce de projets de coopération et d’investissements, confirmant clairement qu’un changement stratégique s’était opéré dans la politique française à l’égard de la question du Sahara occidental.

 

À l’époque, l’Algérie avait vivement réagi et lancé une féroce campagne médiatique contre la position de l’Espagne en faveur du Maroc. Elle avait rappelé son ambassadeur à Madrid, suspendu le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé avec l’Espagne en 2002, et gelé les relations commerciales.

 

Malgré ces mesures, le gouvernement de Madrid n’avait pas reculé d’un seul pas par rapport à sa position favorable au Maroc. Dans le même temps, il avait veillé à maintenir le dialogue avec l’Algérie, considérant celle-ci comme un partenaire important dans le secteur énergétique.

 

Ce qui est remarquable, c’est que les signes d’un dégel entre Madrid et Alger avaient commencé à apparaître rapidement. Les relations entre les deux pays étaient revenues à leur état antérieur, tandis que la position de l’Espagne sur la question du Sahara occidental demeurait inchangée.

 

Le même scénario s’est répété avec la France après l’annonce, en juillet 2024, par le président Emmanuel Macron, que son pays reconnaissait la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. L’Algérie était alors entrée dans un bras de fer avec Paris, rappelant son ambassadeur, durcissant sa rhétorique médiatique hostile à l’égard de la France, gelant de nombreuses visites officielles et laissant les questions de sécurité, de coopération économique et de migration être affectées.

 

Malgré l’escalade algérienne, la position française est restée inchangée, à l’instar de la position espagnole. Elle a même été davantage renforcée par les visites de responsables français au Sahara marocain ainsi que par l’annonce de projets de coopération et d’investissements, confirmant clairement qu’un changement stratégique s’était opéré dans la politique française à l’égard de la question du Sahara occidental.

 

En définitive, le recours de l’Algérie à la rupture diplomatique comme moyen de parvenir à son objectif affiché n’a pas produit le moindre résultat pour pousser l’Espagne et la France à modifier leurs positions sur l’initiative marocaine d’autonomie. Bien au contraire, leurs positions sont devenues plus claires et plus solidement établies qu’auparavant.

 

Pour revenir aux tensions dans les relations algéro-maliennes, tout a commencé début avril 2025, lorsque l’Algérie a annoncé avoir abattu un drone de reconnaissance appartenant à l’armée malienne dans une zone frontalière, après que celui-ci aurait violé l’espace aérien algérien sur environ deux kilomètres. L’Algérie a alors annoncé la fermeture de son espace aérien à tous les vols en provenance ou à destination du Mali.

 

Cependant, les autorités de Bamako ont rejeté la version algérienne concernant le drone, affirmant que celui-ci volait à l’intérieur du territoire malien. Elles ont considéré sa destruction comme un acte hostile et ont, à leur tour, fermé leur espace aérien aux appareils algériens. La suite des événements est désormais bien connue.

 

La destruction du drone n’a été que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les relations entre les deux pays connaissaient déjà plusieurs mois de tensions en raison de divergences croissantes apparues après la décision des autorités de transition maliennes de mettre fin à l’application de « l’Accord de paix d’Alger » signé en 2015. Cet accord avait été négocié sous la médiation de l’Algérie entre le gouvernement de Bamako et les groupes armés du nord du pays.

 

Le Mali avait également critiqué à plusieurs reprises l’Algérie, l’accusant d’ingérence dans ses affaires intérieures et d’abriter des figures de l’opposition, tandis que l’Algérie considérait l’approche militaire adoptée par le Mali pour gérer la crise dans le nord comme une menace pour la stabilité régionale et comme un facteur compromettant les perspectives d’une solution politique.

 

Malgré le rétablissement des relations entre l’Algérie et le Mali, les principaux points de désaccord n’ont pas été totalement réglés. La situation semble davantage correspondre à une normalisation diplomatique visant à limiter les répercussions des différends qu’à un règlement politique global permettant d’éliminer les causes des tensions.

 

Parallèlement, Bamako a continué à développer ses relations avec le Maroc, annonçant à plusieurs reprises son soutien au plan marocain d’autonomie. Le Mali a également poursuivi sa participation à l’initiative marocaine visant à permettre aux pays du Sahel d’accéder à l’océan Atlantique.

 

La réalité sur le terrain a montré à l’Algérie que la politique de rupture menée avec les trois pays n’a pas réussi à modifier leurs positions et a finalement conduit à un rétablissement progressif des relations avec eux. La question qui se pose désormais est la suivante : quand prendra fin la rupture avec le Maroc, et quand l’Algérie répondra-t-elle aux appels à une « main tendue » adressés à plusieurs reprises par le roi du Maroc Mohammed VI aux dirigeants algériens ?

 

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées par les auteurs leur sont propres et ne représentent pas nécessairement les points de vue d’Annahar.