Le Liban reprend la main sur sa souveraineté

Opinion 16-07-2026 | 08:57

Le Liban reprend la main sur sa souveraineté

Les négociations libano-israéliennes confirment la volonté de l’État libanais de contrôler les décisions de guerre et de paix, alors que l’influence iranienne est mise à l’épreuve.

Le Liban reprend la main sur sa souveraineté
L’ambassade des États-Unis à Rome (AFP).
Smaller Bigger

L’aspect le plus significatif du sixième round de négociations directes entre le Liban et Israël, tenu sous l’égide des États-Unis à Rome, est qu’il confirme la détermination des autorités libanaises légitimes, dirigées par le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et la majorité gouvernementale, à affirmer leur rôle de décideurs dans le rétablissement de la souveraineté, la récupération de la décision de guerre et de paix, confisquée par l’Iran et son bras local, le « Hezbollah », le choix de la voie des négociations pour tourner la page de la guerre avec Israël, et la libération de l’ensemble du territoire libanais de l’occupation, quelle qu’en soit la source.

 

À la lumière de ce qui précède, il est frappant de constater que le processus de négociations américano-iranien semble s’effondrer dans un contexte d’attaques réciproques entre les forces américaines et iraniennes le long de la côte iranienne donnant sur le golfe Arabique. Ces frappes ravivent, d’une certaine manière, le scénario de la dernière guerre qui a éclaté le 28 février et suscitent des craintes d’une escalade vers une guerre ouverte de grande ampleur dans toute la région, s’étendant du golfe Arabo-Persique à la mer Rouge et atteignant la Méditerranée.

 

C’est pourquoi les autorités libanaises légitimes ont décidé de faire face aux tentatives de l’Iran et du « Hezbollah » de lier la question libanaise aux négociations américano-iraniennes par l’intermédiaire de la plateforme Islamabad-Suisse.

 

 

La voie d’Islamabad se désagrège

 

Malgré l’insistance de l’Iran à placer le cessez-le-feu au Liban en tête des dispositions du mémorandum d’entente américano-iranien, et malgré la célébration par le « Hezbollah » de ce qu’il considère comme une victoire sur l’État, il est désormais clair que la tentative iranienne d’entraver les négociations directes entre le Liban et Israël en utilisant plusieurs canaux politiques et médiatiques s’est soldée par un échec total.

 

La voie d’Islamabad est désormais en train de se désagréger sous les yeux des Iraniens, tandis que la voie de Washington, fondée sur l’accord-cadre tripartite, se poursuit et s’impose fermement comme un cadre permanent de négociations et de désescalade, ainsi que comme un moyen de parvenir à des accords durables entre les deux pays afin de mettre fin à la guerre, à travers la garantie des exigences sécuritaires du côté libanais et un retrait complet du côté israélien.

 

Dans ce contexte, l’immense majorité des Libanais comptent sur le rôle de l’armée dans la mise en œuvre des décisions prises par les autorités politiques légitimes. Cela signifie que l’armée avance rapidement pour se déployer dans les zones qui seront évacuées par l’armée israélienne, avec un déploiement qui devrait être efficace et décisif pour démanteler les infrastructures militaires et sécuritaires du parti susmentionné, prendre le contrôle du territoire et empêcher ses membres de s’infiltrer dans les zones évacuées.

 

 

Respecter la souveraineté du Liban

 

Le « Hezbollah » n’a d’autre choix que de se conformer à la loi qui s’applique à tous les citoyens libanais, en se soumettant à la décision des autorités libanaises légitimes de placer toutes les armes sous le contrôle de l’État et en annonçant une interdiction totale de ses activités sécuritaires et militaires.

 

L’imprudence et l’hostilité du régime iranien dans la région ne le sauveront pas, car le « Hezbollah » est désormais exclu de l’équation des grandes alliances dans le pays. Il souffre également d’un véritable isolement politique et moral, tout en étant soumis en permanence à des vagues de sanctions américaines et internationales paralysantes qui finiront par démanteler sa structure sécuritaire, militaire et financière.

 

Quant à l’Iran, il doit être confronté à un choix clair : soit respecter la souveraineté et l’indépendance du Liban et s’abstenir d’intervenir dans ses affaires intérieures sous quelque prétexte que ce soit, soit l’État libanais devra envisager sérieusement de rompre les relations diplomatiques, comme première étape pour envoyer un message ferme de la part d’un nouveau Liban que les Iraniens ne connaissent pas.

 

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées par les auteurs leur sont propres et ne représentent pas nécessairement les points de vue d’Annahar.