Accord-cadre Liban-Israël : des avancées concrètes à Rome avant le lancement des zones pilotes
Les discussions à Rome entre le Liban, Israël et les États-Unis ont enregistré des avancées concrètes, ouvrant la voie à la mise en œuvre du cadre trilatéral et au lancement de deux zones pilotes.
À l’écart des débats parlementaires et du vacarme des calculs politiques, le véritable développement a eu lieu à Rome, où les avancées enregistrées dans les discussions ont fragilisé les affirmations des opposants qui soutenaient que l’Accord-cadre signé entre le Liban et Israël sous l’égide des États-Unis était impossible à mettre en œuvre et qu’en réalité, il n’existait même pas. Le président Joseph Aoun l’a réaffirmé en déclarant que « la formule de l’accord-cadre constitue la meilleure option possible et a déjà commencé à produire des résultats ».
L’ambassade des États-Unis à Beyrouth a résumé les conclusions en quelques points succincts :
- Les discussions se sont achevées après deux jours d’échanges productifs et positifs.
- Nous allons désormais passer à des discussions techniques élargies axées sur la mise en œuvre des trois volets du cadre trilatéral, dans le but de parvenir à un accord global entre Israël et le Liban.
- Nous nous sommes accordés sur la structure et les lignes directrices opérationnelles de la zone pilote, qui seront finalisées et mises en œuvre dans les prochains jours.

Selon Axios, qui cite des sources, les discussions entre les États-Unis, le Liban et Israël se sont achevées et ont été productives. Le rapport ajoute que les représentants des trois parties passeront désormais à des discussions techniques élargies. Les sources s’attendent également à la tenue, vendredi prochain, d’une réunion en ligne entre des responsables militaires libanais et israéliens afin d’examiner les détails militaires, de finaliser les deux zones pilotes et de fixer une date pour le début de la mise en œuvre.
Sur le plan local, des sources au palais de Baabda ont indiqué que les progrès réalisés dans les négociations étaient devenus encore plus évidents aujourd’hui, les discussions portant désormais, de manière pratique et détaillée, sur le mécanisme d’application proposé pour lancer le cadre opérationnel. Les discussions actuelles se concentrent sur deux zones pilotes qui constitueraient la première phase de la mise en œuvre. Il s’agit de zones mixtes : l’une se trouve actuellement sous occupation, d’où les forces israéliennes devraient se retirer, tandis que l’autre est située le long de la limite du territoire occupé, où la présence de l’armée libanaise serait renforcée.
Les sources ont ajouté que le deuxième point concerne le calendrier de mise en œuvre des deux zones pilotes. Toutes les préparations sont en cours afin que l’application puisse débuter dans les prochains jours, voire dans les prochaines heures. Une déclaration devrait annoncer la date de lancement, avec l’espoir qu’elle intervienne au plus tard à la fin de cette semaine.
Les sources ont également indiqué que les discussions porteraient sur ce qui a été désigné comme le cadre, à savoir la séquence de traitement des zones restantes au-delà des deux zones pilotes, ainsi que l’établissement d’un calendrier pour les autres secteurs.
Elles ont précisé que les discussions se concentrent sur des aspects techniques, notamment les processus de retrait et de déploiement, ce qui pourrait nécessiter une nouvelle réunion militaire avant le début de la mise en œuvre, probablement à Rome.
Les sources ont révélé que la partie américaine devrait publier une déclaration présentant les points convenus, ainsi que la date et le lieu de la prochaine réunion.

Rencontre avec Trump
Le président des États-Unis Donald Trump, qui doit rencontrer Benjamin Netanyahu lundi prochain, a déclaré à Fox News qu’un retrait israélien de certaines parties du Liban constituerait une étape positive.
Trump doit également recevoir le président libanais Joseph Aoun mardi. Aoun a réaffirmé que toute rencontre avec Benjamin Netanyahu était totalement exclue, ajoutant que sa visite serait brève et comprendrait des entretiens avec Trump ainsi qu’avec plusieurs autres responsables.
Trump a également déclaré que le président syrien Ahmed al-Charaa se chargerait de la question du Hezbollah. Il a ajouté qu’al-Charaa traiterait le dossier différemment, précisant qu’il ne détruirait pas les bâtiments et qu’il serait plus précis que les Israéliens dans la manière de gérer la situation avec le Hezbollah.
Zone pilote
Par ailleurs, il a été appris que la zone pilote approuvée en principe comprend les localités de Zawtar al-Gharbiyé, Zawtar al-Charqiyé, Al-Ghandouriyé, Bourj Qalaouiyé, Srifa et Froun. Il s’agit de zones mixtes, dont certaines sont sous occupation et d’autres exposées aux tirs israéliens.
La partie libanaise aurait soulevé une question essentielle liée au principe de vérification, à savoir la possibilité d’accéder à des propriétés privées. Une telle démarche nécessiterait soit une modification de la législation libanaise, soit une autorisation judiciaire afin de pouvoir être effectuée légalement.
Le rapport ajoute que la partie israélienne exige qu’après l’achèvement par l’armée libanaise du processus de désarmement, la supervision soit assurée par un comité composé d’Israël, du Commandement central des États-Unis et d’une troisième partie acceptable pour Tel-Aviv, plutôt que par la Force intérimaire des Nations unies au Liban.
Dans ce contexte, des sources au palais de Baabda ont indiqué qu’en ce qui concerne la vérification, cette mission pourrait être confiée à une tierce partie et qu’il n’existait aucune objection à plusieurs arrangements possibles. Elles ont ajouté que le Liban était ouvert à la proposition américaine et qu’il préférait naturellement que la vérification soit effectuée par des organismes des Nations unies, tels que la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Plusieurs propositions ont été examinées, mais aucun accord définitif n’a encore été conclu, car tout mécanisme de vérification nécessite un cadre juridique approprié.
Les sources ont également souligné qu’aucune demande n’avait été formulée pour fouiller des propriétés privées. Le mécanisme de vérification proposé repose plutôt sur le plein respect de la loi libanaise, et il ne pose aucun problème tant qu’il fonctionne dans ce cadre.