Washington et Téhéran au bord d’une nouvelle escalade : une stratégie de pression aux limites incertaines
Trump menace de nouvelles frappes contre l’Iran, tandis que Téhéran brandit la menace de fermer des détroits stratégiques, ravivant les tensions militaires et énergétiques.

La stratégie de pression et ses limites
Un autre signe indiquant que Trump ne dispose pas d’une stratégie claire est sa décision, mardi, de revenir sur son projet d’imposer une taxe de 20 % aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, seulement 24 heures après l’avoir annoncé. Il a expliqué avoir changé de cap à la suite d’appels de dirigeants du Golfe, qui lui ont proposé d’investir aux États-Unis plutôt que de payer la taxe envisagée.
Les choses se compliquent davantage encore, car le retour de Trump à d’anciennes tactiques a une nouvelle fois commencé à faire grimper les prix du pétrole, les ramenant aux niveaux observés avant la signature du mémorandum d’entente. Comme cela est désormais largement reconnu, cette situation a renforcé les inquiétudes des candidats républicains aux élections de mi-mandat, qui craignent qu’une inflation en hausse ne leur porte préjudice dans les urnes le 3 novembre.
Trump parie sur le fait qu’une intensification de la pression militaire et économique convaincra le régime iranien, confronté à de graves difficultés économiques, de revenir à la table des négociations selon des conditions plus souples que celles prévues dans le mémorandum d’entente, avant que les campagnes électorales américaines n’atteignent leur pic.
Des risques mutuels
Trump estime également que les frappes américaines pourraient affaiblir la capacité de l’Iran à prendre pour cible les navires commerciaux transitant par la voie maritime omanaise. C’est pourquoi il continue d’insister sur le fait que le détroit reste ouvert et que les exportations de pétrole se poursuivent sans interruption. Toutefois, les compagnies pétrolières prennent également en considération les menaces proférées par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien. En conséquence, les compagnies maritimes qui surveillent le trafic des pétroliers indiquent que les volumes de transit sont retombés aux niveaux observés avant la signature du mémorandum d’entente. Ces derniers jours, des missiles et des drones iraniens ont infligé de graves dommages à plusieurs navires et provoqué la mort de plusieurs marins.
Dans le même temps, le régime iranien évolue dans la direction opposée à celle d’éventuelles concessions, compliquant davantage les efforts de Trump et menaçant d’amplifier les répercussions négatives sur l’économie mondiale en avertissant qu’il pourrait fermer le détroit de Bab el-Mandeb par l’intermédiaire des Houthis au Yémen. Lundi, un responsable houthi a averti que les prix du pétrole pourraient atteindre 200 dollars le baril si le détroit venait à être fermé.
Il convient également de noter que l’Iran lui-même risque d’accorder une confiance excessive à sa capacité à résister à la dernière vague d’escalade américaine, alors même que les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les Iraniens ordinaires continuent de s’aggraver.
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