Washington et Téhéran au bord d’une nouvelle escalade : une stratégie de pression aux limites incertaines

Opinion 15-07-2026 | 14:20

Washington et Téhéran au bord d’une nouvelle escalade : une stratégie de pression aux limites incertaines

Trump menace de nouvelles frappes contre l’Iran, tandis que Téhéran brandit la menace de fermer des détroits stratégiques, ravivant les tensions militaires et énergétiques.

Washington et Téhéran au bord d’une nouvelle escalade : une stratégie de pression aux limites incertaines
Image tirée d’un clip vidéo publié par Sepah News, affilié au Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, montrant le lancement d’un missile en direction de cibles américaines à Bahreïn et au Koweït, le 15 juillet 2026. (AFP)
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Washington et Téhéran épuisent les leviers dont ils disposent encore. Le président Donald Trump menace une nouvelle fois de bombarder les centrales électriques et les ponts iraniens la semaine prochaine si Téhéran ne revient pas à la table des négociations. Pendant ce temps, le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien menace de fermer le détroit de Bab el-Mandeb, après avoir déjà fermé le détroit d’Ormuz, affirmant sans équivoque que les exportations énergétiques de la région seront soit accessibles à tous, soit à personne.

 

Retour à l’escalade

 

Depuis qu’il a annoncé, le 7 juillet, que le cessez-le-feu avait « pris fin » parce que l’Iran avait pris pour cible des pétroliers traversant la voie maritime omanaise du détroit d’Ormuz sous la supervision de la marine américaine, Trump a lancé des frappes quotidiennes contre des cibles iraniennes et rétabli le blocus naval. Il menace désormais de bombarder des infrastructures essentielles, notamment des centrales électriques et des ponts, tandis que l’Iran a riposté en frappant des cibles dans les États arabes du Golfe et en Jordanie. Cette situation a ramené les deux parties à un contexte similaire à celui qui prévalait à la veille de la signature du mémorandum d’entente du 17 juin, que Peter Baker, correspondant en chef de la Maison-Blanche pour The New York Times, a décrit comme rien de plus qu’un rappel d’un malentendu.

 

Trump mise sur une approche d’essais et d’erreurs pour gérer une guerre dont il ne s’attendait manifestement pas à ce qu’elle devienne aussi complexe ni qu’elle dure plus de six semaines tout au plus. Pourtant, le conflit en est désormais à son 138ᵉ jour, avec une profonde incertitude quant à son issue, qu’elle soit militaire ou politique.

 

 

Image tirée d’un extrait vidéo publié par un site
Image tirée d’un extrait vidéo publié par un site

 

La stratégie de pression et ses limites

 

Un autre signe indiquant que Trump ne dispose pas d’une stratégie claire est sa décision, mardi, de revenir sur son projet d’imposer une taxe de 20 % aux navires transitant par le détroit d’Ormuz, seulement 24 heures après l’avoir annoncé. Il a expliqué avoir changé de cap à la suite d’appels de dirigeants du Golfe, qui lui ont proposé d’investir aux États-Unis plutôt que de payer la taxe envisagée.

 

Les choses se compliquent davantage encore, car le retour de Trump à d’anciennes tactiques a une nouvelle fois commencé à faire grimper les prix du pétrole, les ramenant aux niveaux observés avant la signature du mémorandum d’entente. Comme cela est désormais largement reconnu, cette situation a renforcé les inquiétudes des candidats républicains aux élections de mi-mandat, qui craignent qu’une inflation en hausse ne leur porte préjudice dans les urnes le 3 novembre.

 

Trump parie sur le fait qu’une intensification de la pression militaire et économique convaincra le régime iranien, confronté à de graves difficultés économiques, de revenir à la table des négociations selon des conditions plus souples que celles prévues dans le mémorandum d’entente, avant que les campagnes électorales américaines n’atteignent leur pic.

 

 

Des risques mutuels

 

Trump estime également que les frappes américaines pourraient affaiblir la capacité de l’Iran à prendre pour cible les navires commerciaux transitant par la voie maritime omanaise. C’est pourquoi il continue d’insister sur le fait que le détroit reste ouvert et que les exportations de pétrole se poursuivent sans interruption. Toutefois, les compagnies pétrolières prennent également en considération les menaces proférées par le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien. En conséquence, les compagnies maritimes qui surveillent le trafic des pétroliers indiquent que les volumes de transit sont retombés aux niveaux observés avant la signature du mémorandum d’entente. Ces derniers jours, des missiles et des drones iraniens ont infligé de graves dommages à plusieurs navires et provoqué la mort de plusieurs marins.

 

Dans le même temps, le régime iranien évolue dans la direction opposée à celle d’éventuelles concessions, compliquant davantage les efforts de Trump et menaçant d’amplifier les répercussions négatives sur l’économie mondiale en avertissant qu’il pourrait fermer le détroit de Bab el-Mandeb par l’intermédiaire des Houthis au Yémen. Lundi, un responsable houthi a averti que les prix du pétrole pourraient atteindre 200 dollars le baril si le détroit venait à être fermé.

 

Il convient également de noter que l’Iran lui-même risque d’accorder une confiance excessive à sa capacité à résister à la dernière vague d’escalade américaine, alors même que les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les Iraniens ordinaires continuent de s’aggraver.

 

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées par les auteurs leur sont propres et ne représentent pas nécessairement les points de vue d’Annahar.