Le soutien de Trump met à l'épreuve l'agenda de réforme de l'Irak

Moyen-Orient 15-07-2026 | 14:15

Le soutien de Trump met à l'épreuve l'agenda de réforme de l'Irak

L'approbation publique de Trump procure au Premier ministre irakien un soutien international alors qu'il fait face à des tests cruciaux pour désarmer les factions armées et lutter contre la corruption enracinée.
Le soutien de Trump met à l'épreuve l'agenda de réforme de l'Irak
Le président américain Donald Trump serre la main du Premier ministre irakien Ali Zaidi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le 14 juillet 2026. (AFP)
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La rencontre entre le Premier ministre irakien Ali Al Zaidi et le Président américain Donald Trump à la Maison Blanche est revêtue d'une importance qui dépasse le protocole diplomatique. Trump a offert à son homologue irakien un soutien politique public sans précédent, le décrivant comme "courageux" et "un combattant acharné", exprimant sa confiance qu'il deviendra l'un des principaux leaders du Moyen-Orient. Ce soutien donne à Al Zaidi un appui international fort qui pourrait influencer certains des problèmes domestiques les plus sensibles de l'Irak, notamment s'assurer que seul l'État possède des armes, continuer la lutte contre la corruption, et renforcer l'état de droit.

 

 

De la Maison Blanche à Bagdad

 

Le soutien américain est arrivé à un moment très sensible, coïncidant avec l'annonce d'Al Zaidi depuis la Maison Blanche que la fin septembre serait la date limite pour que les factions irakiennes rendent leurs armes. Il a souligné qu'aucun groupe ne serait autorisé à posséder des armes en dehors de l'autorité de l'État et de ses institutions officielles.

 

L'annonce est largement considérée comme l'une des positions les plus claires prises depuis des années, car elle lie le rétablissement de l'autorité de l'État à la fin du problème des armes incontrôlées, qui a été l'un des plus grands défis auxquels ont été confrontés les gouvernements successifs et a affaibli les institutions de l'État tout en sapant à la fois la sécurité et la prise de décision politique.

 

Les observateurs estiment que les messages transmis lors de la rencontre à la Maison Blanche ont dépassé le soutien personnel au Premier ministre, fournissant au gouvernement irakien un soutien politique et international pour aller de l'avant avec des réformes de sécurité et de souveraineté attendues de longue date. Ce soutien devrait renforcer la position du gouvernement face aux groupes qui s'opposent au démantèlement des factions armées ou à leur intégration dans les institutions officielles de l'État.

 

 

Les armes comme premier test

 

Alors qu'Al Zaidi devrait revenir à Bagdad dans les deux prochains jours, l'attention se tourne vers sa capacité à transformer le soutien politique obtenu à Washington en décisions concrètes et mesures exécutives. Le premier test sera de tenir ses engagements pour s'assurer que seul l'État possède des armes et d'appliquer l'état de droit à toutes les parties sans exception. Ce problème est devenu le principal critère pour évaluer la détermination du gouvernement à restaurer le contrôle exclusif de l'État sur l'utilisation de la force.

 

Ali Al Jubouri, professeur de sciences politiques, a déclaré à Annahar que "la période suivant la visite d'Al Zaidi à Washington sera différente aux niveaux politique et sécuritaire car le soutien public exprimé par l'administration américaine dépasse la courtoisie diplomatique. Cela reflète un désir sincère de soutenir le gouvernement irakien dans la mise en œuvre de réformes attendues depuis longtemps, notamment s'assurer que seul l'État possède des armes et renforcer ses institutions."

 

Il a ajouté que l'annonce d'Al Zaidi fixant la fin du mois de septembre comme ultime date limite pour que les factions armées rendent leurs armes "représente un engagement politique clair à la fois envers le public irakien et la communauté internationale, mettant le gouvernement sous pression pour transformer ces promesses en mesures concrètes au cours de la période à venir."

 

Trump a donné à Zaidi un soutien politique public sans précédent. (AFP)
Trump a donné à Zaidi un soutien politique public sans précédent. (AFP)

 

La corruption augmente les attentes

 

La lutte contre la corruption n'est pas moins complexe que la question des armes. En Irak, la corruption a évolué en un système interconnecté où les intérêts politiques et économiques se chevauchent, rendant toute tentative de responsabiliser les coupables ou de récupérer les fonds publics détournés extrêmement difficile. Bien que le soutien américain puisse fournir au gouvernement un élan supplémentaire, il augmente également les attentes et place les résultats du processus de réforme sous une stricte surveillance par les partenaires internationaux.

 

Al Jubouri a souligné que combattre la corruption "représente le deuxième grand test du gouvernement, étant donné les intérêts entrecroisés et la présence de figures influentes qui protègent les réseaux de corruption. Cela nécessite une volonté politique forte ainsi qu'un soutien aussi bien national qu'international pour obtenir des résultats tangibles."

 

Il a ajouté que le soutien américain "donne à Al Zaidi une marge politique supplémentaire pour affronter les forces qui s'opposent aux réformes." Cependant, il a noté que le soutien continu "restera lié à la capacité du gouvernement à faire des progrès réels pour s'assurer que seul l'État possède des armes et à combattre la corruption," avertissant que tout recul "pourrait inciter Washington à réévaluer le niveau de son soutien, affectant la coopération sécuritaire, économique et financière entre les deux pays."

 

 

Le soutien seul ne suffit pas

 

Ali Nehme, membre du Cadre de Coordination, a déclaré à Annahar que le soutien montré par les États-Unis au Premier ministre lors de sa visite à Washington "représente une opportunité pour renforcer les efforts du gouvernement à mettre en œuvre des réformes," soulignant que la prochaine étape "doit inclure des mesures concrètes pour s'assurer que seul l'État possède des armes et pour poursuivre la lutte contre la corruption."

 

Il a souligné que la réussite du gouvernement à remplir ses engagements "renforcera la confiance du public irakien et des partenaires internationaux, ce qui nécessite des efforts politiques coordonnés et le soutien nécessaire pour appliquer l'état de droit de manière égale et sans exception."