Le dossier de l’amnistie générale revient au premier plan sur fond de négociations à Rome et de tensions parlementaires
Entre les négociations de Rome et la poursuite des attaques israéliennes au sud, le dossier de l’amnistie générale revient au centre des débats politiques, sur fond de tensions au Parlement.
Alors que l’attention était partagée entre la capitale italienne, Rome, où se tient aujourd’hui le sixième round des négociations libano-israéliennes sous parrainage américain, et le sud du Liban, où les attaques israéliennes contre des localités et des villages se poursuivent parallèlement aux opérations de défrichage des terrains, l’annonce par le président du Parlement, Nabih Berri, de la tenue d’une séance législative demain, mercredi, et le lendemain, jeudi, a remis au premier plan le dossier bloqué de l’amnistie générale.
La question a pris de plus en plus une dimension confessionnelle sunnite, plusieurs députés sunnites s’étant rendus au Grand Sérail pour rencontrer le Premier ministre avant son déplacement au palais de Baabda pour y rencontrer le président de la République et discuter de ce dossier. Dans le même temps, plusieurs députés ont menacé de boycotter la séance parlementaire si le projet de loi sur l’amnistie générale ne figurait pas à l’ordre du jour. Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, a réagi rapidement, affirmant que le boycott des séances parlementaires constituait une affaire grave et que toute personne choisissant de boycotter devait assumer la responsabilité de cette décision.
Les négociations de Rome
Une nouvelle session de négociations doit débuter aujourd’hui à 10h00, heure locale, à Rome. La délégation libanaise comprend l’ancien ambassadeur Simon Karam, l’ambassadrice du Liban à Washington Nada Mouawad, ainsi que le général de brigade à la retraite Ziad Akl, ancien membre de l’armée de l’air, qui participe en sa qualité de conseiller auprès du président de la République.
Les négociations porteront sur la consolidation du cessez-le-feu et sur l’examen des modalités de mise en œuvre de la formule des zones pilotes au Liban, parallèlement à la coordination en cours entre la délégation du Commandement central américain, l’armée libanaise et les discussions politiques parallèles. Les échanges porteront également sur la création de commissions de travail chargées de régler plusieurs dossiers, notamment la délimitation de la frontière et la vérification du traitement de la question des armes.
Selon les informations disponibles, et conformément aux directives du président Joseph Aoun, la délégation libanaise à Rome œuvrera afin que les réunions aboutissent à un calendrier pour le lancement de la mise en œuvre des zones pilotes, avec toutes les conditions requises, à savoir le retrait de l’armée israélienne, le redéploiement de l’armée libanaise et le début des efforts de reconstruction.
Des sources diplomatiques ont indiqué que l’administration américaine, et plus précisément le Département d’État américain, suivra de près et dans les moindres détails le déroulement des négociations. Si les discussions devaient parvenir à une impasse, elles pourraient être transférées à Washington.
