À Tyr, l’été du Sud entre mer et guerre

Liban 13-07-2026 | 11:40

À Tyr, l’été du Sud entre mer et guerre

À Tyr, la saison estivale se poursuit entre les plaisirs de la mer et l’ombre d’une guerre qui reste omniprésente. Les habitants du Sud tentent de préserver leurs rituels d’été malgré les raids et les explosions qui rythment leur quotidien.

À Tyr, l’été du Sud entre mer et guerre
La plage de Tyr et ses visiteurs, avec le raid de Mansouri en arrière-plan (Jad Fakih)
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L’été des habitants du Sud n’est pas complet sans la plage de la ville de Tyr. Le littoral reste une destination annuelle incontournable pour les familles, où des « tentes marines » (des semi-complexes touristiques qui accueillent les visiteurs) sont installées le long de la côte, transformant la mer en un rituel saisonnier profondément lié à la mémoire du Sud.

 

Ici, sur l’une des plus grandes plages touristiques du Liban et sur l’unique réserve marine du pays en Méditerranée, la région s’anime avec l’activité tant attendue par les habitants et les visiteurs libanais venus de différentes régions dès le début de la saison, à la mi-mai de chaque année. Pourtant, la scène a changé cet été. Au cours de la première semaine de juillet, malgré le fait que la saison ait commencé plusieurs semaines auparavant, la plupart des baigneurs étaient des habitants du Sud.

 

Quant aux visiteurs qui venaient auparavant de Beyrouth, du Mont-Liban, de la Békaa et du Nord, ils sont pour la plupart absents en raison de la guerre en cours et de ses répercussions sécuritaires. Les localités environnantes, de Chamaa et Mansouri à Majdal Zoun et Naqoura, restent prises entre des zones occupées par l’armée israélienne et d’autres qui connaissent des raids et des explosions répétés, rendant la décision de se rendre dans la région ou d’y passer une journée difficile et hésitante pour beaucoup.

 

 

 

 

 

Malgré cela, les habitants du Sud tiennent à retrouver leur mer. Les voix des enfants emplissent la plage, tandis que la mer tente de donner l’impression d’être toujours la même. Pourtant, la guerre demeure impossible à ignorer.

 

Plage de Tyr (Ahmad Montash).
Plage de Tyr (Ahmad Montash).

 

 

Depuis la même plage, des colonnes de fumée peuvent être aperçues s’élevant au-dessus des localités voisines, tandis que les bruits des raids et des explosions parviennent clairement aux oreilles des visiteurs presque quotidiennement. Par moments, les rires des enfants se mêlent aux bruits des bombardements, transformant une sortie estivale en une scène surréaliste : la mer et la guerre, une image qui résume la réalité actuelle du Sud.

 

Ce fut notamment le cas samedi dernier, lorsque l’armée israélienne a mené un raid contre une maison dans la localité de Mansouri, une ville sur laquelle elle avait largué, quelques semaines auparavant, des tracts d’avertissement appelant les habitants à évacuer leurs domiciles, après l’annonce d’un cessez-le-feu.

 

 

 

 

La plage de Tyr, qui a longtemps été une destination de détente et de vacances estivales, est également devenue un point d’observation d’une guerre qui continue de faire rage à portée de vue de la mer, comme si le Liban-Sud, même dans ses lieux les plus animés, tentait de préserver ce qu’il reste de son été.