L'escalade entre les États-Unis et l'Iran secoue le Golfe alors que la fermeture du détroit d'Ormuz suscite des craintes énergétiques mondiales

Moyen-Orient 12-07-2026 | 15:03

L'escalade entre les États-Unis et l'Iran secoue le Golfe alors que la fermeture du détroit d'Ormuz suscite des craintes énergétiques mondiales

Des échanges intensifs de missiles, des frappes à travers les États du Golfe et de nouvelles tensions autour du détroit d'Ormuz suscitent des inquiétudes sur la stabilité régionale et les approvisionnements mondiaux en pétrole.
L'escalade entre les États-Unis et l'Iran secoue le Golfe alors que la fermeture du détroit d'Ormuz suscite des craintes énergétiques mondiales
Navires dans le détroit d’Ormuz (Archives).
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La région a connu une escalade militaire sans précédent dimanche alors que les États-Unis et l'Iran ont échangé des attaques intensives de missiles et de drones. En même temps, Téhéran a de nouveau annoncé la fermeture du stratégique détroit d'Ormuz tout en ciblant des sites et des installations américains dans plusieurs pays du Golfe, suscitant des craintes quant à de graves répercussions pour la sécurité énergétique mondiale.

 

Les derniers développements interviennent dans un contexte de détérioration rapide de la situation qui s'est déroulée au cours des derniers jours. Le président américain Donald Trump a annoncé la fin de l'accord de cessez-le-feu destiné à mettre fin à la guerre qui a éclaté après les attaques américano-israéliennes sur l'Iran le 28 février, tout en laissant la porte ouverte à un possible retour aux négociations.

Hormuz au cœur du combat... Entre fermeture et scepticisme  

L'Iran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz, l'une des voies maritimes les plus vitales du monde, à la suite d'un incident impliquant un navire qui, selon lui, "suivait une route non autorisée", tout en confirmant qu'un autre navire avait été mis hors service.

 

Le Corps des Gardiens de la Révolution a déclaré que "la fermeture se poursuivra jusqu'à la fin de l'intervention américaine dans la région".

Pendant ce temps, le Commandement central américain a nié que la navigation avait été arrêtée, soulignant que les navires commerciaux continuaient de transiter par le détroit, qui traitait environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et gaz naturel liquéfié avant le début de la guerre.


Hormuz Strait (AFP)
Hormuz Strait (AFP)

Frappes généralisées et multiples réponses dans les pays du Golfe

Le Commandement central américain a déclaré que ses forces avaient frappé 140 sites militaires iraniens en une seule journée, portant le total à plus de 300 cibles en trois nuits, dans un effort pour réduire la capacité de Téhéran à menacer la navigation internationale.

 

L'Iran a répondu par une série de frappes de précision ciblant des sites américains dans plusieurs pays, notamment :

— Une base militaire en Jordanie abritant des centres de commandement et de contrôle ainsi que des hangars de drones.
— Un site radar militaire au Koweït.
— Des plateformes de soutien pour un porte-avions américain dans le Sultanat d'Oman.
— Des installations militaires et des centres de maintenance au Qatar.

À Doha, le ministère de l'Intérieur a signalé "trois blessés, dont un enfant, résultant d'éclats causés par les opérations d'interception".

Les Émirats arabes unis ont également annoncé avoir intercepté des missiles et des drones, alors que des sirènes ont retenti à Bahreïn et que des explosions ont été entendues dans plusieurs capitales du Golfe.


Positions unifiées dans le Golfe... Condamnation et avertissement

L'Arabie Saoudite a fermement condamné le "comportement déstabilisateur de l'Iran", décrivant les attaques répétées sur les navires et les installations comme "une violation flagrante du droit international et une menace pour la sécurité maritime".

Le Koweït a également condamné les attaques sur plusieurs pays du Golfe, réaffirmant sa pleine solidarité avec les États touchés et son soutien aux mesures visant à protéger leur sécurité et leur souveraineté.

Doha a souligné la gravité de l'escalade, particulièrement alors qu'elle agit en tant que médiateur dans les efforts de désescalade, avertissant que les attaques continues pourraient la contraindre à se retirer de ce rôle.

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déclaré que "la poursuite de ces attaques représente une escalade dangereuse qui compliquerait les efforts pour contenir les tensions et porterait atteinte aux efforts politiques visant à la désescalade", soulignant la nécessité de solutions diplomatiques.

Le gouvernement omanais a également condamné le bombardement de son territoire, réaffirmant son rejet de toute violation de sa souveraineté.

L'agence de presse omanaise a rapporté que Mascate condamne l'attaque et réitère son engagement aux principes de souveraineté et à l'évitement des conflits régionaux.


Impacts économiques et pressions politiques

L'escalade et la fermeture effective du détroit d'Ormuz ont provoqué une hausse mondiale des prix de l'énergie, impactant directement le coût des carburants et augmentant les pressions inflationnistes. La question présente également un défi politique sensible pour le président américain à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.


Messages iraniens incisifs... Entre escalade et négociation

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a accusé Washington de violer l'accord de cessez-le-feu, affirmant que "l'engagement doit être mutuel".

Le chef négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf a délivré un message incisif, déclarant que l'ère des "accords inégaux est terminée", et appelant les États-Unis à honorer leurs engagements ou à "payer le prix".

Malgré l'escalade, Téhéran a annoncé un accord avec le Sultanat d'Oman pour poursuivre le dialogue sur les mécanismes de sécurisation de la navigation à travers le détroit d'Ormuz, indiquant que les efforts diplomatiques se poursuivent malgré les tensions accrues.