Le Liban attend avec prudence le sixième round des négociations avec Israël à Rome
Le Liban espère des avancées concrètes dans le sud du pays alors que les négociations avec Israël à Rome restent marquées par de fortes tensions.
Le Liban attend avec une grande prudence le sixième cycle de ses négociations avec Israël à Rome, espérant enregistrer des progrès concrets sur le terrain dans le sud du Liban, sur la base des dispositions de l’accord-cadre parrainé par les États-Unis. Le Liban reste déterminé à obtenir des mesures concrètes dans les premières zones pilotes autour du château de Beaufort, dans le district de Nabatiyeh.
La première de ces mesures devrait être un retrait israélien de la région de Zawtar, voire d’autres localités qui pourraient être déterminées lors des réunions avec la délégation militaire américaine arrivée à Beyrouth et qui mène des discussions avec le commandement de l’armée libanaise.
Cette étape serait suivie du déploiement de l’armée libanaise dans les zones occupées. Toutefois, Israël continue de créer des obstacles politiques et militaires évidents. Des responsables du gouvernement israélien ont déclaré ouvertement qu’ils ne quitteraient pas facilement le sud du Liban et continuent d’insister sur le fait que tout accord doit inclure la résolution de la question des armes du Hezbollah.
Les efforts diplomatiques américains interviennent alors qu’une opposition croissante se manifeste de la part du tandem chiite, qui rejette l’accord et continue d’affirmer qu’il sert les intérêts d’Israël tout en plaçant l’armée libanaise dans une position difficile, en lui imposant des problèmes et des engagements qui, selon ce groupe, ont été décidés par le gouvernement et l’équipe chargée de soutenir les négociations.
Avant de se rendre à Rome, le Liban attend l’issue de la visite de la délégation militaire américaine afin de garantir la mise en œuvre de ce qui a été convenu dans l’accord-cadre. Il convient de noter que la délégation libanaise, dirigée par l’ambassadeur Simon Karam, se trouverait dans une position délicate si aucune mesure pratique n’est prise pour marquer le début d’un retrait israélien du sud du Liban. Lors des cycles de négociations à Washington, la délégation israélienne s’est fermement opposée à l’utilisation ou à l’inclusion du terme « retrait » dans l’accord et a insisté pour le remplacer par le terme « redéploiement ».
Concernant l’accord lui-même, des responsables au sein de la Présidence œuvrent à en clarifier les détails pour ceux qui restent sceptiques, tout en reconnaissant que ces efforts ont peu de chances de convaincre ses opposants, notamment le Hezbollah et le mouvement Amal. Les partisans de l’accord ont également critiqué l’ancien chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt, qui n’a pas seulement exprimé des réserves sur l’accord, mais a aussi estimé que celui-ci n’offrait au Liban aucune véritable possibilité d’obtenir un retrait israélien du sud du Liban. Il convient de noter qu’il n’existe aucune coordination ni communication entre le Parti socialiste progressiste et le Hezbollah.
Ceux qui partagent la position de Joumblatt, ainsi qu’un certain nombre de personnalités politiques, dont l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, affirment qu’ils n’ont encore observé aucune réponse positive d’Israël concernant l’accord. Ils soulignent qu’Israël poursuit ses attaques militaires et son expansion dans certaines zones du sud du Liban.
Dans le même temps, l’espoir demeure que la visite du président Joseph Aoun à la Maison-Blanche et sa rencontre avec le président Donald Trump débouchent sur de nouveaux développements concernant l’accord et entraînent un renforcement de la pression américaine sur Benjamin Netanyahu avant les élections à la Knesset.
L’attente est que, si Netanyahu reste Premier ministre, il sera encore plus déterminé à conserver les territoires occupés dans le sud du Liban et à imposer des conditions supplémentaires au Liban, dont la principale serait le désarmement du Hezbollah.