Sud-Liban : des sites touristiques et patrimoniaux coupés du monde par la guerre

Liban 10-07-2026 | 15:52

Sud-Liban : des sites touristiques et patrimoniaux coupés du monde par la guerre

La guerre a privé le Sud-Liban de nombreux sites touristiques et patrimoniaux, entre destructions, restrictions d’accès et poursuite de l’occupation israélienne.

Sud-Liban : des sites touristiques et patrimoniaux coupés du monde par la guerre
Sud-Liban (AFP).
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Entrer dans le Sud-Liban ne conduit pas seulement à des villes et à des habitations : la région regorge également de sites emblématiques, de lieux religieux et de grottes présents dans toutes les zones du Sud, qui attirent des visiteurs venus de tout le Liban, particulièrement durant l’été. Toutefois, la récente guerre, dont les conséquences ne sont pas encore terminées, a privé les habitants du Sud, les Libanais et même les touristes étrangers de l’accès à certains de ces lieux, soit en raison de leur destruction, soit à cause de la poursuite de l’occupation israélienne.

 

Depuis l’été 2024, l’accès à toute personne souhaitant se rendre près du fleuve Wazzani est interdit. Ce cours d’eau constituait depuis des années un lieu de détente et de loisirs pour les habitants le long de la frontière sud. La guerre a également entraîné, en avril dernier, la destruction du maqam de Shamoun Al Safa, situé sur une colline dans le village de Shamaa, surplombant la ville historique de Tyr. Les habitants du village avaient restauré le maqam après sa destruction lors de la guerre de 2024. Ce lieu, traditionnellement considéré comme le sanctuaire de Simon Pierre, remonte aux premiers siècles du christianisme, il y a environ 1 200 ans.

 

Dans la même région, après qu’Israël a élargi l’étendue de son contrôle à la suite du cessez-le-feu, l’accès au village de Majdal Zoun a également été coupé. Une grotte vieille de plusieurs milliers d’années se trouve sous une colline de ce village. Découverte il y a seulement une dizaine d’années, elle était devenue une destination prisée des amateurs d’exploration dans le Sud. Des projets avaient même été envisagés pour en faire un site touristique répertorié par le ministère libanais du Tourisme.

 

Outre ces lieux toujours soumis à une interdiction d’accès, le château de Beaufort, à l’est de Nabatieh, ne peut être ignoré. Il s’agit de l’un des châteaux les plus importants du Levant, et tout au long de l’histoire, différents envahisseurs ont tenté de s’en emparer, depuis la présence romaine dans la région. Les habitants sont également privés d’accès à la plage d’Al Mansouri, une zone protégée où viennent nicher les tortues marines, après la diffusion récente d’avis interdisant l’entrée. Il en va de même pour le port historique de Naqoura, qui a été remblayé durant les 15 mois de conflit, ainsi que pour ses environs, où les habitants avaient l’habitude de se baigner. Plusieurs sites patrimoniaux et sanctuaires religieux dédiés à des saints dans différents villages au sud du Litani sont également devenus inaccessibles, notamment dans les zones qu’Israël désigne parfois comme une « zone de sécurité » et parfois comme une « ligne jaune ».

 

 

Des lieux que les habitants ne fréquentent plus comme avant l’invasion

 

Outre les sites touristiques et archéologiques devenus impossibles d’accès, certains lieux ont conservé leur état et restent accessibles aux visiteurs. Cependant, depuis le début de la guerre, ils n’ont accueilli que peu de visiteurs libanais venus de régions extérieures au Sud.

 

Parmi les plus importants figurent la plage de la ville de Tyr, où des tentes ont été installées la semaine dernière, ainsi que les sites archéologiques de la ville, notamment le site d’Al Bass, qui abrite des tombes romaines, et le site archéologique situé dans la zone du marché. Ce dernier a été endommagé par des éclats provenant d’une frappe aérienne à proximité, qui a également entraîné le retrait du chapiteau d’une colonne vieille de plusieurs milliers d’années. Parmi les autres sites figurent également le fleuve de Qasmiyeh, le maqam de Nabi Sajed dans le village de Sajed, la grotte de Rihan et les cascades de la ville de Jezzine.

 

Parallèlement à tous ces lieux, des secteurs essentiels du Sud, qui constituaient auparavant une source de revenus et d’activités estivales, ont été fortement touchés. Parmi les plus affectés figurent les maisons d’hôtes et les chalets, ainsi que les marchés hebdomadaires traditionnels, notamment à Bint Jbeil, Nabatieh et dans de nombreux villages frontaliers.

 

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