Frappes américaines en Iran : Téhéran riposte et menace une nouvelle escalade
Des frappes américaines ont fait des morts et des blessés en Iran, tandis que Téhéran a annoncé des attaques contre des bases américaines dans le Golfe, ravivant les tensions régionales.
Trois personnes ont été tuées et d’autres blessées dans une frappe américaine contre l’ouest de l’Iran, selon l’agence de presse officielle iranienne IRNA, qui a cité jeudi un responsable local.
Le vice-gouverneur du Khuzestan, Valiollah Hayati, a déclaré aux journalistes que trois personnes avaient été tuées et que d’autres avaient été blessées lors d’une attaque américaine visant les environs de la ville d’Ahvaz, a rapporté l’agence de presse officielle iranienne.
Le ministère iranien de la Santé a indiqué que 14 personnes avaient été tuées et que 78 autres avaient été blessées à la suite des frappes aériennes américaines menées mardi et mercredi.
Le gouverneur de la ville d’Iranshahr a déclaré qu’un employé du service météorologique avait été tué lors de l’attaque contre l’aéroport de la ville.
Les États-Unis ont lancé de nouvelles frappes contre l’Iran dans la nuit, marquant une nouvelle escalade des tensions, tandis que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien a riposté jeudi en annonçant avoir pris pour cible des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.
Chemins de fer
Par ailleurs, la Compagnie iranienne des chemins de fer a annoncé que les services ferroviaires sur la ligne reliant Téhéran à Machhad avaient été temporairement suspendus à la suite de « l’attaque américano-israélienne menée à l’aube aujourd’hui contre l’un des points situés le long de cette ligne ».

En réponse à ces frappes, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir lancé des attaques par missiles et drones contre les bases américaines d’Arifjan et d’Ali Al Salem au Koweït, ainsi que contre les bases d’Al Jufair et de Sheikh Isa à Bahreïn. Il a menacé d’élargir la portée de sa riposte pour inclure d’autres bases dans la région si Washington menait de nouvelles frappes, selon un communiqué diffusé par la télévision d’État.
L’armée iranienne a déclaré : « Dans le cadre de la poursuite des attaques menées par les forces armées de la République islamique d’Iran contre les bases américaines dans la région », elle a ciblé un système d’interception de missiles Patriot au Koweït, un système d’alerte précoce au Qatar ainsi que des dépôts de carburant à Bahreïn, à l’aide d’« un grand nombre de différents types de drones d’attaque ».
De son côté, la Force de défense de Bahreïn a déclaré : « Nous avons intercepté ce matin un certain nombre d’attaques aériennes iraniennes perfides. »
Dans ce contexte d’escalade, le président du Parlement iranien et haut négociateur, Mohammad Bagher Qalibaf, a affirmé que le détroit d’Ormuz ne serait rouvert que selon des « dispositions iraniennes ».
Il a ajouté dans une publication sur X : « Les États-Unis n’ont pas encore compris que les tactiques d’intimidation et le non-respect des promesses ne resteront plus sans conséquences. » Il a ajouté : « Je serai clair : si vous frappez, vous serez frappés. »
Les médias d’État iraniens ont rapporté avoir entendu des explosions dans les villes de Bandar Abbas, dans le sud du pays, de Konarak, dans l’est, et de Chabahar, également dans l’est.

À Bouchehr, dans le sud-ouest du pays, où se trouve l’unique centrale nucléaire civile iranienne, une base militaire a été touchée lors d’une attaque, selon un responsable local. Un pont ferroviaire dans la province du Golestan, dans le nord de l’Iran, a également été pris pour cible, selon plusieurs médias.
Le Qatar et le Pakistan ont appelé au respect du mémorandum d’entente signé le 17 juin sous leur médiation et ont exhorté à poursuivre les efforts visant à réduire les tensions.
L’échange de frappes a entraîné une hausse des prix du pétrole mercredi, les cours du brut Brent ayant bondi de plus de 7 %. Cette hausse s’est poursuivie jeudi en Asie, avec une progression de plus de 1 %, portant le prix du baril à 78,85 dollars.
Mardi, Washington a rétabli les sanctions sur le pétrole iranien après leur levée dans le cadre du mémorandum d’entente.
Cette nouvelle escalade intervient alors que des cérémonies sont organisées pour rendre hommage au Guide suprême Ali Khamenei, tué le premier jour de la guerre. Ses funérailles doivent avoir lieu jeudi dans la ville de Machhad, dans le nord-est de l’Iran.