De Hormuz au Liban : une région au bord du gouffre

Opinion 09-07-2026 | 08:23

De Hormuz au Liban : une région au bord du gouffre

Alors que les tensions entre les États-Unis et l'Iran s'intensifient et que la diplomatie échoue, les craintes grandissent que le prochain conflit régional puisse s'étendre bien au-delà du Golfe.
De Hormuz au Liban : une région au bord du gouffre
Illustrative. (Archive)
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Lorsque l'Agence européenne de la sécurité aérienne avertit les compagnies aériennes internationales des risques liés au survol des espaces aériens iranien, irakien et libanais, cela reflète l'évaluation géopolitique d'une autorité européenne de premier plan en matière de sécurité aérienne. Chargée de superviser des dizaines de milliers de vols à destination, en provenance et à travers l'Europe, elle estime que des développements dramatiques pourraient survenir dans un avenir proche.

 

Quiconque suit l'évolution rapide de la situation entre les États-Unis et l'Iran depuis mardi soir jusqu'à mercredi ne peut que constater à quel point la région est entrée dans une phase critique. Cette inquiétude est d'autant plus forte que le président Donald Trump et les dirigeants iraniens évoquent désormais l'effondrement du protocole d'entente entre les deux pays ainsi que l'échec du cessez-le-feu.

 

La situation est donc extrêmement grave, notamment parce que les développements actuels compromettent la voie diplomatique. Le fossé entre Washington et Téhéran demeure profond sur l'ensemble des grandes questions, tant sur le fond que sur les approches. Dans ce contexte, la probabilité d'un nouveau conflit entre les deux parties dans un avenir proche apparaît très élevée, en raison des différends persistants concernant la souveraineté dans le détroit d'Hormuz, le programme nucléaire iranien et d'autres dossiers majeurs toujours en suspens.

 

Une autre question essentielle pour l'Iran figure en tête de sa liste de différends : le Liban. Téhéran y mène une lutte contre les États-Unis, Israël et l'État libanais afin de préserver ce qui subsiste de son influence et de sa présence sécuritaire et militaire, tout en cherchant parallèlement à reconstruire les capacités sécuritaires et militaires de son allié libanais, le Hezbollah.

 

C'est précisément ce qui empêche l'État libanais de remplir ses principaux engagements dans le cadre de l'accord-cadre trilatéral conclu avec Israël et les États-Unis. Cette situation fournit également à Israël un argument pour prolonger son contrôle sur les territoires libanais occupés dans le sud et pour continuer à considérer le front libanais comme un théâtre de conflit susceptible de s'embraser à tout moment. De son côté, le Hezbollah continue de contester les décisions des autorités libanaises, avec le soutien des forces politiques qui lui sont alliées, tout en exerçant des pressions sur le gouvernement, ainsi que sur la présidence et la primature, afin d'entraver les efforts visant à placer l'ensemble des armes sous le contrôle de l'État et à négocier avec Israël des accords permanents qui mettraient définitivement un terme au cycle des guerres passées.

 

Cependant, les développements dramatiques qui façonnent actuellement la région pourraient laisser peu de répit aux autorités libanaises pour reprendre leur souffle et commencer à mettre en œuvre leurs engagements. Si une guerre éclate dans le golfe Persique et autour du détroit d'Hormuz entre les États-Unis et Israël d'un côté, et l'Iran de l'autre, le proxy libanais de Téhéran est susceptible d'agir en coordination avec sa direction iranienne et d'embraser le front militaire dans le sud du Liban, sans tenir compte des conséquences qu'entraînerait le déclenchement d'une troisième guerre avec Israël. Un tel conflit pourrait cette fois conduire l'armée israélienne à étendre son contrôle à l'ensemble du sud du Liban, jusqu'à certaines parties du district de Jezzine et de la Bekaa occidentale, voire à inclure la ligne des villages chiites.

 

Ces scénarios sont hautement réalistes et ne peuvent être écartés si une troisième guerre venait à éclater. Sans même évoquer le sort des zones les plus proches de la frontière israélienne, qui pourraient, avec le temps, être confrontées au risque de disparaître complètement de la carte.

 

La conclusion est claire : la région se trouve au bord d'une nouvelle guerre qui s'étendrait du détroit d'Hormuz jusqu'au Liban.

 

Avertissement : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues de Annahar