L’Irak rend hommage à Khamenei lors d’un imposant cortège funèbre avant son inhumation en Iran

Moyen-Orient 08-07-2026 | 18:06

L’Irak rend hommage à Khamenei lors d’un imposant cortège funèbre avant son inhumation en Iran

Des milliers de fidèles se sont rassemblés mercredi à Nadjaf pour les funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, dont la dépouille a traversé les principaux lieux saints chiites d’Irak avant son retour en Iran pour l’inhumation.

L’Irak rend hommage à Khamenei lors d’un imposant cortège funèbre avant son inhumation en Iran
Le cortège funèbre de Khamenei à Nadjaf (AFP)
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Le cortège funèbre du Guide suprême de la République islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, a débuté aujourd’hui, mercredi, en Irak, alors que des foules de fidèles en deuil ont envahi les rues de la ville de Nadjaf. Le cercueil sera ensuite transporté de là vers la ville de Kerbala, avant de regagner l’Iran pour son inhumation à Machhad, marquant la fin d’un parcours d’adieu qui aura duré près d’une semaine.

 

Les dirigeants iraniens tenaient à ce que les cérémonies reflètent le statut de Khamenei, qui a dirigé la République islamique pendant près de quatre décennies et a été assassiné lors de frappes américano-israéliennes visant sa résidence à Téhéran le 28 février. Ces frappes ont marqué le début de la guerre au Moyen-Orient.

 

Les funérailles de Khamenei en Irak coïncident avec une nouvelle montée des tensions entre l’Iran et les États-Unis au sujet du détroit stratégique d’Ormuz, qui avait constitué un important foyer de tensions durant la guerre au Moyen-Orient.

 

 

Le cortège funèbre de Khamenei à Najaf (AFP).
Le cortège funèbre de Khamenei à Najaf (AFP).

 

Le cercueil de Khamenei est arrivé à l’aéroport de la ville de Nadjaf tard dans la nuit de mardi à mercredi, où il a été accueilli par des responsables irakiens, dont le Premier ministre Ali al-Zaydi et des dirigeants de l’Alliance du « Cadre de coordination », ainsi que par d’autres responsables politiques et dirigeants.

 

Il a également été accueilli par le président iranien Massoud Pezeshkian et le commandant de la Force Al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, Esmail Qaani. Mustafa, l’un des fils de Khamenei, était également présent, tandis que Mojtaba Khamenei, qui lui a succédé au poste de Guide suprême, n’est pas apparu en public depuis sa nomination en mars.

 

Arrivée du cercueil à l'aéroport de Najaf tard mardi soir (AFP).
Arrivée du cercueil à l'aéroport de Najaf tard mardi soir (AFP).

 

Les autorités irakiennes ont décrété mercredi un jour férié officiel. Le cortège funèbre populaire a débuté dans la ville de Nadjaf à 6h00 (03h00 GMT).

 

Dans les rues de la ville, un camion transportant le cercueil de Khamenei, enveloppé dans le drapeau iranien, a traversé la foule. Un grand nombre de personnes en deuil se sont rassemblées autour de lui, certaines tentant de s’approcher du cercueil et de le toucher, tandis que d’autres portaient des portraits du défunt Guide suprême, ainsi que des images de dirigeants iraniens et de figures de « l’Axe de la résistance » soutenu par l’Iran.

 

Le cortège funèbre s’achèvera à Nadjaf, au mausolée de l’imam Ali, où des centaines de religieux attendent pour accomplir les prières sur la dépouille avant son transfert vers la ville sainte de Kerbala.

 

 

 

 

Le cercueil de Khamenei, ainsi que les dépouilles de quatre membres de sa famille tués avec lui lors des frappes, avaient été exposés depuis vendredi dans la Grande Salle de prière de Téhéran, où des délégations officielles et de grandes foules sont venues leur rendre hommage. Lundi, il a été transporté lors d’un cortège funèbre qui a traversé le centre de Téhéran, au milieu de foules vêtues de noir et brandissant des drapeaux rouges appelant à la vengeance.

Le cortège funèbre de Khamenei à Najaf (AFP).
Le cortège funèbre de Khamenei à Najaf (AFP).

 

Depuis Téhéran, Khamenei a été transporté vers la ville sainte de Qom, où d’immenses foules se sont rassemblées pour lui adresser un dernier hommage.

 

Les médias d’État iraniens ont estimé que des millions de personnes avaient participé aux cérémonies au cours des derniers jours, bien que les autorités n’aient pas encore publié d’estimation officielle du nombre de participants.

 

Khamenei dirigeait la République islamique depuis 1989, après la mort de son fondateur, l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Il a été tué à l’âge de 86 ans. Les scènes montrant d’immenses foules remplissant les rues de Téhéran ont rappelé les cérémonies d’adieu organisées pour l’imam fondateur, auxquelles, selon les médias d’État, près de dix millions de personnes avaient participé.

 

Participants aux funérailles (AFP).
Participants aux funérailles (AFP).

 

« Il a brisé la puissance de l’Amérique et d’Israël »

 

Murtada al-Maliki, 27 ans, qui a voyagé depuis la ville d’Amarah, dans le sud de l’Irak, pour participer au cortège funèbre, a déclaré : « J’ai passé la nuit dernière dans la rue à attendre l’honneur de participer » au cortège.

 

Il a ajouté : « Cet homme a rendu un grand service à l’Irak. C’est lui qui s’est tenu à nos côtés pendant les jours de l’attaque de l’État islamique… et c’est lui qui a arrêté Israël dans son élan. »

 

La ville revêt une grande importance symbolique pour les chiites du monde entier. Nombre d’entre eux souhaitent y être enterrés, notamment dans l’immense cimetière de « Wadi us-Salam », situé à côté du mausolée.

 

Nadjaf est le siège de la plus haute autorité religieuse d’Irak, l’ayatollah Ali al-Sistani, ainsi que de plusieurs autres grandes autorités religieuses. Elle est également une destination pour les étudiants en sciences religieuses qui poursuivent leurs études dans ses séminaires religieux.

 

Le mausolée de l’imam Hussein à Kerbala (AFP).
Le mausolée de l’imam Hussein à Kerbala (AFP).

 

Plusieurs grandes figures religieuses chiites ont étudié et enseigné à Nadjaf, notamment l’imam Khomeini, fondateur de la République islamique.

 

Après Nadjaf, la dépouille de Khamenei sera transportée par avion à Kerbala, située à environ 60 kilomètres au nord, dans le cadre d’un autre cortège funèbre qui s’achèvera au mausolée de l’imam Hussein et au sanctuaire de son frère Abbas.

 

Des centaines d’échoppes ont été installées le long des routes dans les deux villes, où des bénévoles fourniront de la nourriture et des boissons aux personnes venues rendre hommage au défunt. Cette tradition rappelle les « processions husseinites », qui offrent des services aux visiteurs des sanctuaires lors de la commémoration de l’Achoura et du mois de Muharram.

 

Au-delà de sa dimension religieuse, la cérémonie en Irak revêt également une dimension politique en raison de la relation complexe entre les deux pays.

 

Haider Jaafar, qui s’est rendu de Bassora à Nadjaf, a déclaré : « Je m’attends à ce que des millions d’Irakiens participent au cortège funèbre, même ceux qui ne sont pas fidèles à l’Iran », car Khamenei « a été tué par des mains israélo-américaines ».

 

Il a poursuivi : « Nous considérons désormais que l’Iran est notre profondeur stratégique, et si nous la perdons, Israël aura vaincu toute la région. »

 

Le mausolée de l’imam Hussein à Kerbala (AFP).
Le mausolée de l’imam Hussein à Kerbala (AFP).