Trump promeut l'accord avec l'Iran alors que Netanyahu cherche des réponses à Washington

Opinion 06-07-2026 | 08:47

Trump promeut l'accord avec l'Iran alors que Netanyahu cherche des réponses à Washington

Le leader israélien veut des éclaircissements sur les négociations américano-iraniennes au milieu des préoccupations concernant le Liban, la levée des sanctions et l'avenir de la sécurité régionale.
Trump promeut l'accord avec l'Iran alors que Netanyahu cherche des réponses à Washington
Un participant attaque une affiche de Trump lors des funérailles d’Ali Khamenei à Téhéran (AFP).
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À sa manière, le président américain Donald Trump a assisté aux funérailles de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors des premières frappes de la guerre américano-israélienne le 28 février. Trump a déclaré avoir accordé à Téhéran une "vacance" d'une semaine pour les négociations afin de permettre l'achèvement des cérémonies funéraires "par gentillesse". Il a également réitéré sa prétention que les Iraniens "supplient" de parvenir à un accord avec les États-Unis.

 

 

Cependant, les déclarations de Trump ne reflétaient pas l'atmosphère entourant les négociations de Doha la semaine dernière. Le problème de la libération de 3 milliards de dollars - partie des 6 milliards de dollars gelés dans les banques qataries - restait bloqué en raison de désaccords sur la manière dont les fonds seraient dépensés. Dans le même temps, Téhéran insistait pour maintenir la route maritime iranienne pour les navires commerciaux traversant le détroit d'Ormuz et a suivi cela par un avertissement à la France et à la Grande-Bretagne de ne pas intervenir, conformément à un accord qu'il avait conclu avec le Sultanat d'Oman pour aider les navires empruntant la route sud par le détroit.

 

Des femmes participant à des prières sur le corps du guide suprême iranien Ali Khamenei lors du deuxième jour des cérémonies funéraires à Téhéran. (AFP)
Des femmes participant à des prières sur le corps du guide suprême iranien Ali Khamenei lors du deuxième jour des cérémonies funéraires à Téhéran. (AFP)

 

Netanyahu veut connaître les limites de l'accord

 

À ce stade, des rapports ont fait état d'une possible visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington cette semaine ou la suivante. Netanyahu souhaite mieux comprendre l'avancement des négociations américano-iraniennes, en particulier puisqu'elles n'ont pas encore abordé le dossier nucléaire, qui reste le problème le plus complexe et l'un des principaux objectifs de la guerre américano-israélienne contre l'Iran.

 

Les négociations techniques entre les États-Unis et l'Iran, qui se poursuivent depuis la signature du mémorandum d'entente le 17 juin, ont été accompagnées de tensions américano-israéliennes. Trump en est venu à croire que Netanyahu tentait de saper le mémorandum en escaladant la situation au Liban. Le président américain a réussi à imposer des restrictions sur les attaques israéliennes après que l'Iran a menacé de ne pas signer l'"entente" à moins qu'Israël ne s'engage à un cessez-le-feu sur "tous les fronts", y compris le Liban, comme stipulé dans le mémorandum.

 

 

Netanyahu a partiellement respecté le cessez-le-feu mais n'a pas retiré de la "zone de sécurité" derrière ce qui est devenu connu comme la "ligne jaune". Il a l'intention de faire campagne aux élections d'octobre sur la base du maintien par Israël des "lignes jaunes" au Liban, à Gaza et en Syrie.

 

 

 

Netanyahu souhaite également que Trump accepte que l'occupation continue par Israël d'une partie du sud du Liban ne soit pas remise en question par un retrait, que ce soit dans le cadre du mémorandum d'entente avec l'Iran ou de l'"accord-cadre" entre le Liban et Israël, du moins avant les élections israéliennes, car tout retrait lui coûterait un soutien politique.

 

 

Inquiétudes israéliennes sur les concessions américaines

 

En même temps, Netanyahu comprend que Trump souhaite sincèrement conclure un accord avec l'Iran. Il craint que la détermination du président américain à conclure un accord avant les élections de mi-mandat aux États-Unis ne se traduise par des pressions renouvelées sur Israël pour se retirer du sud du Liban ou par la levée des sanctions contre l'Iran, fournissant à Téhéran les ressources pour reconstruire ses capacités militaires et soutenir ses alliés régionaux.

 

La dernière fois que Netanyahu a rencontré Trump était le 11 mars. À cette occasion, il avait persuadé le président américain de lancer une guerre conjointe contre l'Iran, arguant que le régime à Téhéran s'effondrerait simplement par l'assassinat de son chef, Ali Khamenei. La guerre a duré 40 jours, mais le régime n'est pas tombé. Au contraire, l'Iran a réagi en fermant le détroit d'Ormuz, déclenchant le choc énergétique le plus sévère depuis 1973, ciblant les États du Golfe arabe et activant le front libanais.

 

Lorsque la guerre a atteint une impasse, Trump est revenu sur la voie diplomatique dans un effort pour parvenir à un accord qui rouvrirait le détroit d'Ormuz et chercherait une solution à la question nucléaire iranienne.

 

 

Suite à l'annonce de la nouvelle rencontre avec Netanyahu, Trump a rapidement souligné que le Premier ministre israélien "sait qui est le leader", indiquant que le cours des événements au Moyen-Orient repose, cette fois, entre les mains du président américain.

 

Avertissement: Les opinions exprimées par les auteurs leur appartiennent et ne représentent pas nécessairement celles de Annahar.