Le président Joseph Aoun sur l'unité libanaise et le cadre de sécurité
Les campagnes injustes contre le président Joseph Aoun se poursuivent, plusieurs d’entre elles s’écartant des normes de décorum et d’éthique politiques, d’autant plus qu’il est considéré comme un symbole du pays. Le président, lui, a exprimé ses positions puis est passé à autre chose.
Dans ses interventions, il dit révéler beaucoup d’éléments, sans pour autant attaquer ou cibler une quelconque position, réaffirmant son attachement à l’unité nationale. Interrogé sur la peur d’un conflit sectaire, il répond fermement que « cela appartient au passé » et que « personne ne peut ramener la guerre civile ni remonter le temps », ajoutant que « l’armée libanaise garantit la paix civile ».
Sur le rôle de l’armée libanaise, il rappelle qu’elle lutte contre le trafic de drogue et la contrebande dans la Békaa, qu’elle opère dans le sud du Liban, qu’elle a réalisé des avancées significatives au sud du Litani, et qu’elle surveille également les manifestations à Beyrouth afin de prévenir toute atteinte à la sécurité. Selon lui, l’institution militaire continue ainsi d’assurer son rôle au maximum, malgré des conditions sociales difficiles.
Concernant les craintes de division en cas d’affrontement avec la « résistance » ou tout autre composant, il répond lors d’une rencontre avec des journalistes : « Essayez un autre angle », insistant sur la cohésion et la fermeté de l’armée. Il souligne que des officiers issus de la communauté chiite ont joué un rôle clé dans le maintien de la sécurité et de la stabilité à Beyrouth, devant le Grand Sérail, dans les institutions de l’État, sur la route de l’aéroport et dans tout le Liban. « Personne ne doit parier là-dessus », affirme-t-il, ajoutant : « Je vous assure clairement : personne ne peut parier sur la division de l’armée. Ce sont des rêves. L’armée appartient à tous les Libanais, elle protège la sécurité et la stabilité et le restera. »

"Donnez-moi une autre solution"
Dans un autre contexte, le président évite de qualifier le processus d’« accord-cadre », précisant : « ce n’est pas un accord, mais un cadre ». Il déclare avec amertume : « Certains me reprochent ce cadre, mais je peux rester au Palais de Baabda sans me soucier d’un quelconque accord. Devrais-je laisser mon peuple mourir ? Devrais-je regarder ces guerres et ces destructions ? » Il évoque le témoignage d’une femme de Nabatieh rencontrée lors d’une visite avec son épouse, qui lui a raconté la destruction de sa maison et exprimé son refus de la guerre : « Nous voulons la paix ».
Il ajoute : « Je ne suis pas épris d’Israël, mais donnez-moi une autre solution, quelle qu’elle soit ». Et d’insister : il attend toute alternative ou tout accord permettant de sortir des guerres.
Concernant une éventuelle visite aux États-Unis, il indique aux journalistes au palais de Baabda : « Il y a une visite, mais j’attends l’ambassadeur américain, et nous discuterons de tous les sujets, y compris la visite à Washington ».
Le président Aoun ne répond pas aux campagnes et salue le rôle du président de la Chambre Nabih Berri dans la prévention de la discorde, affirmant son soutien.

Il apparaît clairement que le président de la République ne favorise pas les divergences et les divisions, et qu’il respecte toutes les hautes autorités. Cependant, il s’interroge : « Ont-ils le droit de signer tel ou tel accord, qu’il s’agisse de la délimitation maritime ou d’autres accords, y compris l’accord d’armistice de 1949 ? Avec qui cet accord avait-il été conclu à l’époque ? Jusqu’à présent, je vous le dis : nous avons réalisé un cadre. Je salue ici le rôle des deux délégations, diplomatique et sécuritaire, qui ont été très remarquables et ont fait face au négociateur israélien. Personne ne peut surenchérir sur la souveraineté et l’indépendance du Liban ni sur la terre du Sud. Nous n’accepterons absolument pas qu’Israël reste au Liban, mais essayons d’aboutir à un résultat, et ensuite les conséquences en découleront. S’opposer sans alternative alors que les guerres continuent, je ne l’accepterai pas. Je préserve la sécurité, la stabilité et la souveraineté, et je suis attaché au Sud ainsi qu’au retrait d’Israël ; ce sont pour moi des constantes et des principes fondamentaux. »
Le président poursuit longuement ses échanges sur la situation du pays et de la région. Avec calme et fermeté, il répond à ceux qui réclament l’annulation de l’accord : « Il n’y a pas d’accord, mais un cadre. Les circonstances d’aujourd’hui sont différentes de celles de la période du 17 mai. N’oublions pas que tous m’ont contacté et félicité pour ces démarches, des dirigeants arabes, du Golfe, européens et d’autres encore. Nous cherchons une issue, car nous avons besoin d’économie, d’argent et d’investissements. Donnez-nous la sécurité, et le Golfe viendra au Liban pour lancer des projets d’investissement, de tourisme et autres. »
Et le président Aoun de conclure : « Voulons-nous rester dans ce pays à attendre les guerres des autres sur notre territoire et la politique des axes ? Je ne le permettrai jamais. Je reste fidèle au discours d’investiture, à la Constitution et à chacune de mes paroles. Personne ne doit miser sur un quelconque changement de position. Le temps des compromis est terminé. Je ne fais pas de concessions, mais je travaille pour tous les Libanais. Je tiens à eux tous et je ne fais aucune distinction entre un Libanais et un autre. »