Le Liban entre attente du retrait israélien et tensions politiques autour de la accord-cadre
Entre attentes du retrait israélien et tensions politiques internes, le Liban traverse une phase délicate marquée par la mise en place de la formule-cadre et un retour progressif des déplacés dans le Sud.
Pendant la période d’attente précédant le lancement de la mise en œuvre de l’accord-cadre entre le Liban et Israël, durant laquelle la composante militaire américaine procède aux préparatifs nécessaires afin d’assurer le succès de l’expérience des deux zones d’implémentation pour le déploiement de l’armée libanaise dans ces secteurs après le désarmement des groupes armés et le retrait des forces israéliennes, les autorités officielles du Lebanon attendent le début du retrait israélien, à la suite du retour du commandant du Corps des Marines des États-Unis dans la région centrale, le major-général Joseph Clairfield, actuellement en mission en Israel, vers le Liban afin de discuter des procédures post-transfert des zones expérimentales et du calendrier du retrait, en préparation de leur remise à l’armée libanaise.
Parallèlement, des conséquences notables sont enregistrées à la suite du recul relatif des opérations militaires et des combats dans le sud, alors que des rapports indiquent le retour de plus de 640 000 déplacés sur plus d’un million recensés par les autorités libanaises vers leurs foyers, selon des chiffres publiés par l’International Organization for Migration, dans un contexte de baisse de l’intensité des affrontements entre Hezbollah et Israël. L’Organisation internationale pour les migrations a indiqué dans un rapport publié jeudi que 646 107 personnes déplacées de retour ont été recensées, tandis qu’environ 500 000 personnes restent déplacées, sur la base de données collectées en coordination avec les autorités locales depuis le 22 juin.
Cependant, la relative désescalade sur le terrain dans le sud n’a pas éclipsé les tentatives continues de Hezbollah visant à maintenir l’instabilité politique au sein du pays en intensifiant l’escalade médiatique et politique. Ces tentatives ont connu hier une violation particulièrement marquée des lignes rouges, avec l’implication du mufti jaafarite senior, Sheikh Ahmad Kabalan, dans une campagne verbale contre le président de la République, portant toutes les marques d’une dégradation du discours et d’une attaque contre la plus haute autorité constitutionnelle, morale et officielle du pays.
Il est devenu clair que les tentatives d’escalade, d’exacerbation des tensions et de mobilisation médiatique et politique laissent désormais présager une détérioration sérieuse du climat interne. Cela intervient alors même que le président de la Chambre, Nabih Berri, et l’ancien dirigeant du Parti socialiste progressiste, Walid Jumblatt, ont empêché Hezbollah de former un front politique rejetant l’accord libano-israélien, dans une tentative de le faire échouer à l’image de l’expérience de l’accord du 17 mai 1983.
Les dernières positions avancées hier par le président de la République, Joseph Aoun, reflètent le niveau de sensibilité atteint par la situation, dans un contexte de campagnes croissantes contre l’autorité et l’accord. Il est à noter que le président Aoun a élevé le niveau d’explication et de défense de la position de l’État concernant l’accord à son plus haut degré, comme en témoigne, pour la première fois, une critique particulièrement ferme à l’égard de ceux qu’il a qualifiés de personnes habituées à être sous tutelle.