Israël et l'Iran ont apparemment convenu d'efforts pour saper tout accord potentiel entre l'État libanais et Israël.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a pas accepté l'initiative de négociation directe annoncée par le président Joseph Aoun en mars dernier. Il n'a accepté d'aller de l'avant qu'avec la pression directe et publique du président américain Donald Trump. Si les déclarations officielles israéliennes qualifient l'accord avec le Liban d'historique, cela équivaut à une diplomatie trompeuse qui dissimule la réticence de Netanyahu et de son gouvernement à conclure un accord qui mettrait fin à la guerre au Liban.
L'Iran s'oppose également à cet accord. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a signalé son rejet avant le Hezbollah, suivi par des voies officielles iraniennes à Téhéran exprimant une position publique correspondante. Depuis le début des années 1980, l'Iran a investi d'importantes ressources financières, militaires, politiques et diplomatiques pour renforcer son parti allié au Liban et consolider son influence. Dans cette perspective, son objectif a été de maintenir un levier stratégique sur le sud du Liban et la Méditerranée orientale, et il est peu probable qu'il accepte l'émergence d'une autorité de décision libanaise indépendante qui limite son influence dans le sud et le long de la côte.
L'Accord de Coup et Fuite...
L'Iran et son parti allié ont effectivement sapé l'accord avant même qu'il ne prenne forme, rejetant l'idée que le Liban forme une délégation de négociation, similaire à d'autres cadres, pour dialoguer avec ce qu'ils appellent le « petit Satan » afin de garantir un retrait total et d'établir une souveraineté complète de l'État sur ses frontières. Cette opposition s'est manifestée par de la colère, des condamnations et une rhétorique assertive, même si l'Iran engage simultanément des négociations directes avec le « grand Satan » pour dissuader des attaques, gérer des tensions et rechercher des résultats présentés en termes de paix, de coopération, d'investissement et de coexistence. Alors que Téhéran discute des détails des accords par une diplomatie calculée et transactionnelle, son allié libanais évite de s'engager avec les clauses mêmes de l'accord-cadre, que beaucoup considèrent également comme faible et nécessitant révision et amélioration, avec l'obstruction intervenant plutôt par l'exécution des directives que par une négociation ouverte ou un débat sur les termes.
L'allié du parti, Nabih Berri, n'a pas suivi la même approche que le parti lui-même. Il s'est abstenu de porter des jugements prématurés contre l'accord issu de Téhéran. Au lieu de cela, et au-delà de ses considérations politiques et partisanes, il a agi en tant que chef de l'autorité législative, où le rejet, au minimum, doit se conformer aux normes et principes établis.
Il a attendu plusieurs jours, ce qui semblait refléter une période d'évaluation et d'analyse, avant de rejeter l'accord en se basant sur le fait qu'il était pire que l'accord de 1983 et non aligné avec le contexte arabe régissant les relations avec Israël. Téhéran, entre-temps, a exprimé sa satisfaction suite à un appel du président du parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a peut-être cherché à influencer Riyad en présentant son initiative de paix comme à la fois un plafond pour le Liban et une base pour de futures manœuvres politiques.
Où est l'Accord ?
Cependant, ceci reste seulement un « accord-cadre », derrière lequel se profile un long et complexe chemin de négociations. Il croisera inévitablement les intérêts régionaux et internationaux, notamment ceux des États-Unis, et sera également façonné par les résultats plus larges de tout accord, ou absence d'accord, avec l'Iran. Ce cadre ne deviendra un accord final, sous réserve des procédures constitutionnelles et des institutions du pays, que s'il atteint un consensus qui semble actuellement difficile et loin d'être certain. La différence clé réside dans la volonté d'aller de l'avant plutôt que de se replier en protestation, et dans la priorité accordée à l'examen attentif, à la révision et à l'engagement mégacéré avec le texte, au lieu de la stagnation qui a coûté cher à la région depuis le début du conflit avec Israël.
La fuite de « l'annexe secrète » dans les journaux israéliens est apparue, dans cette lecture, comme un cadeau de Netanyahu à l'Iran et son parti allié, renforçant encore leur propre narrative. Selon certains, Netanyahu aurait peu d'intérêt dans l'accord lui-même et préférerait son échec à quelques mois des élections à la Knesset. Dans ce contexte, les expressions de choc face au secret entourant l'accord semblent inconséquentes, d'autant plus qu'elles acceptent une annexe confidentielle déjà oubliée dans l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024. En outre, bien que certains accords de paix régionaux avec Israël, notamment Camp David, aient inclus des composants confidentiels qui ont ensuite été développés, divulgués ou intégrés dans le cadre public, le Hezbollah a systématiquement rejeté toute modification des règles d'engagement qui le repositionnerait comme simple acteur politique pendant que l'État sert d'intermédiaire principal dans les négociations en son nom.
Le Liban ne pourra ni ne voudra aller vers un accord sans consensus. Il ne pourra pas non plus avancer sans le parrainage des capitales régionales. Bien que Téhéran et son parti allié soient bien conscients de cette réalité politique, les négociations que Téhéran privilégie avec Washington semblent nécessiter un climat de pression, d'instabilité, et la menace implicite d'un conflit civil au Liban.
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