L'Iran réaffirme son engagement envers le cessez-le-feu alors que l'Irak propose de médiatiser les pourparlers avec les États-Unis
Le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghchi, a confirmé dimanche que Téhéran reste engagé envers le protocole d'accord, déclarant qu'il a discuté de ses dispositions avec son homologue irakien, Fouad Hussein, ainsi que de la situation dans le détroit d'Ormuz et le sud du Liban.
Lors d'une conférence de presse conjointe avec Hussein, Araghchi a insisté sur le fait que "le protocole ne doit pas dévier de son chemin", ajoutant que "la première clause est la cessation de la guerre sur tous les fronts, y compris le Liban."
Le ministre iranien a déclaré avoir informé la partie irakienne des derniers développements, décrivant les discussions comme "très bonnes", et a réaffirmé "la détermination de Téhéran à renforcer la coopération avec le nouveau gouvernement irakien dans divers domaines."

Araghchi a noté que sa visite intervient dans des circonstances "très spéciales" et vise également à féliciter le nouveau gouvernement irakien et à exprimer sa gratitude à Bagdad.
Concernant le détroit d'Ormuz, il a déclaré que "l'Iran est la partie responsable de rétablir le trafic maritime aux niveaux antérieurs à la guerre," tout en soulignant que "les pays de la région sont responsables de sécuriser leur sécurité par eux-mêmes."
Irak
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères irakien Fouad Hussein a annoncé que l'Irak envisage de se rendre à Téhéran pour poursuivre les discussions, soulignant la nécessité de mettre en œuvre les accords pour garantir la stabilité de la navigation dans le détroit d'Ormuz. Il a déclaré que l'Irak est prêt à jouer le rôle de médiateur entre l'Iran et les États-Unis pour aider à mettre fin à l'état de guerre, mettant en avant les relations "excellentes" de Bagdad avec Washington.
Hussein a averti que la poursuite de la guerre entraînerait la destruction de la région, réaffirmant le rejet par l'Irak de toute expansion du conflit ou attaque contre l'Iran.
Il a également révélé l'impact négatif des opérations militaires et de la fermeture du détroit d'Ormuz sur l'économie irakienne, annonçant la disponibilité de Bagdad à accueillir une réunion entre les pays du Golfe et l'Iran pour relancer le dialogue régional.
La conférence de presse s'est conclue avec les deux parties soulignant le rôle important de l'Irak pour rapprocher les positions et la nécessité de poursuivre des solutions diplomatiques pour préserver la sécurité et la stabilité régionales.
Araghchi est arrivé dans la capitale irakienne, Bagdad, dimanche pour une visite officielle au cours de laquelle il devrait tenir des pourparlers avec plusieurs responsables irakiens sur les relations bilatérales, les développements régionaux et les questions d'intérêt mutuel, selon l'Agence de presse irakienne.
La visite intervient dans un contexte de tensions renouvelées dans le Golfe suite à des échanges de frappes entre les États-Unis et l'Iran samedi et dimanche.
Les échanges ont repris au milieu d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu, tandis que le président américain Donald Trump a menacé de "faire disparaître l'Iran" si la guerre reprend.

La dernière escalade survient dans le contexte du détroit d'Ormuz, la voie maritime stratégique pour les approvisionnements énergétiques mondiaux. L'Iran a suspendu la navigation à travers le détroit après que les États-Unis et Israël ont lancé la guerre contre elle le 28 février, provoquant des ondes de choc sur les marchés mondiaux.