La vision d'Al-Sharaa : sécurité et dialogue au Liban et en Syrie

Opinion 25-06-2026 | 12:32

La vision d'Al-Sharaa : sécurité et dialogue au Liban et en Syrie

Les remarques d'Ahmad Al-Sharaa à Trump révèlent un débat sur la sécurité et la nécessité de solutions diplomatiques au Liban et en Syrie.
La vision d'Al-Sharaa : sécurité et dialogue au Liban et en Syrie
Al-Shara affirme presque que la Syrie se trouve dans la même situation que le Liban. (AFP)
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Dans ses récentes déclarations sur le Liban, le président syrien Ahmad Al-Sharaa semblait s'adresser indirectement aux États-Unis et à leur président, Donald Trump. Il a même offert des clarifications sur certains aspects des propos de Trump qui étaient difficiles à interpréter, notamment concernant l'idée proposée d'un rôle militaire syrien dans le désarmement du « Hezbollah ». Al-Sharaa ne se contentait pas seulement de distancier la Syrie de l'implication dans cette affaire, mais faisait également subtilement allusion à ce qu'il aurait pu transmettre directement à Trump lors de discussions sur ce sujet.

 

Trump était explicite dans ses remarques, décrivant le « Hezbollah » comme une « épine » qui ne devrait pas entraver les potentiels accords Washington-Téhéran, et suggérant que le retirer serait efficacement réalisé par Al-Sharaa et son armée après l'« échec » d'Israël à accomplir cette tâche. Ses déclarations n'étaient ni isolées ni accidentelles, mais étaient répétées chaque fois que le président américain abordait la question libanaise. En revanche, Al-Sharaa présentait une perspective différente sur le dilemme, s'appuyant sur ce qu'il dépeint comme une expérience étendue en distinguant ce qui est réalisable de ce qui ne l'est pas.

 

Solutions créatives d'Al-Sharaa ?

 

Al-Sharaa propose une approche différente qu'il aurait peut-être implicitement transmise au président américain. Le dirigeant syrien semble prôner des solutions « hors des sentiers battus », appelant à des stratégies créatives qui privilégient les dimensions politiques, économiques, financières et de développement avant toute considération militaire, comme celles évoquées par Trump. Il présente la Syrie comme partie de la solution plutôt que du problème, et semble interpréter les préoccupations internes du Liban à travers sa compréhension des dynamiques sociétales propres en Syrie. Ce faisant, il réfléchit aux remèdes potentiels pour le Liban qui reflètent les défis et les « maladies » affectant la Syrie elle-même.

Le président syrien est crédité d'avoir transcendé les profondes blessures qu'il invoque fréquemment, afin de contextualiser les préoccupations chiites au Liban que le « Hezbollah » invoque comme une raison de conserver ses armes et d'user d'intimidation. Au Liban, cependant, d'autres répondent en demandant : qu'en est-il des craintes des autres communautés qui sont alarmées par ces mêmes armes et ce qu'elles décrivent comme leurs conséquences destructrices et mortelles ?

 

Al-Sharaa semble refléter indirectement un sentiment de pression que continue de ressentir son pays. La transformation politique de la Syrie a attiré l'attention, le soutien et l'approbation des grandes capitales, avec des envoyés s'engageant activement à Damas, rétablissant les liens diplomatiques et rouvrant des canaux avec la nouvelle direction syrienne. Toutefois, cet engagement est resté prudent et mesuré, n'atteignant pas le niveau d'investissement financier nécessaire pour relancer de manière significative l'économie syrienne ou alléger ses difficultés persistantes.

 

Garanties de sécurité

La situation du Liban, dans ce contexte, ne diffère pas significativement de celle de la Syrie. Certaines lectures du cas syrien suggèrent que l'engagement financier des capitales internationales reste contraint par la nécessité de garanties de stabilité, de clarté concernant l'avenir des factions contentieuses au sein du système au pouvoir et de garanties de sécurité pour tous les composants de la société syrienne. Dans le cas libanais, cependant, la position est apparue plus explicitement définie dans les déclarations émises par les capitales et les institutions donatrices, qui ont posé des conditions transparentes, appelant le Liban à renforcer l'État, réformer son système, affirmer le contrôle sur les armes illégales et centraliser les décisions relatives à la guerre et à la paix.

 

Au Liban, certains soutiennent que le pays nécessite un parrainage régional et international pour renforcer son État et ses institutions, y compris son appareil militaire et sécuritaire, afin de répondre aux conditions des donateurs et réaliser un progrès significatif. Il ne fait aucun doute que ce qu'Al-Sharaa semble insinuer dans ses remarques à Trump concernant le Liban reflète l'opinion selon laquelle la solution axée sur la sécurité recherchée par la communauté internationale de Beyrouth pour enlever les armes du parti n'est ni pratique ni réaliste sans d'abord évaluer sa faisabilité, notamment à un moment où l'armée israélienne, malgré la guerre en cours à Gaza depuis 2023, n'a pas été capable de désarmer le « Hamas » là-bas.

 

Le monde doit assumer sa responsabilité en soutenant les transformations historiques en cours à la fois en Syrie et au Liban. Al-Sharaa semble suggérer que la Syrie et le Liban sont effectivement dans le même bateau, affrontant des défis interconnectés. Dans cette optique, la communauté internationale ne devrait pas réduire le Liban ou la Syrie à un simple dossier de sécurité. Au lieu de cela, il insinue que le dialogue, y compris l'engagement entre la Syrie et le Liban et même des discussions impliquant le « Hezbollah », représente la seule voie viable vers des relations stables qui peuvent servir les intérêts des deux pays.

 

 

Les remarques d'Al-Sharaa semblent évoquer une compréhension plus large, presque comme un « contrat social », enracinée dans l'idée que le monde a changé et que les anciens schémas ne peuvent plus persister. En Syrie, il semble y avoir peu d'appétit pour répéter l'histoire douloureuse qui a façonné les relations entre les deux pays, qu'il s'agisse des interventions notoires du régime Assad au Liban ou de l'implication tout aussi controversée du « parti » en Syrie, qui est encore en cours d'être abordée.

 

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées par les auteurs sont les leurs et ne représentent pas nécessairement les vues de Annahar.