La vision d'Al-Sharaa : sécurité et dialogue au Liban et en Syrie
Solutions créatives d'Al-Sharaa ?
Le président syrien est crédité d'avoir transcendé les profondes blessures qu'il invoque fréquemment, afin de contextualiser les préoccupations chiites au Liban que le « Hezbollah » invoque comme une raison de conserver ses armes et d'user d'intimidation. Au Liban, cependant, d'autres répondent en demandant : qu'en est-il des craintes des autres communautés qui sont alarmées par ces mêmes armes et ce qu'elles décrivent comme leurs conséquences destructrices et mortelles ?
Al-Sharaa semble refléter indirectement un sentiment de pression que continue de ressentir son pays. La transformation politique de la Syrie a attiré l'attention, le soutien et l'approbation des grandes capitales, avec des envoyés s'engageant activement à Damas, rétablissant les liens diplomatiques et rouvrant des canaux avec la nouvelle direction syrienne. Toutefois, cet engagement est resté prudent et mesuré, n'atteignant pas le niveau d'investissement financier nécessaire pour relancer de manière significative l'économie syrienne ou alléger ses difficultés persistantes.
Garanties de sécurité
La situation du Liban, dans ce contexte, ne diffère pas significativement de celle de la Syrie. Certaines lectures du cas syrien suggèrent que l'engagement financier des capitales internationales reste contraint par la nécessité de garanties de stabilité, de clarté concernant l'avenir des factions contentieuses au sein du système au pouvoir et de garanties de sécurité pour tous les composants de la société syrienne. Dans le cas libanais, cependant, la position est apparue plus explicitement définie dans les déclarations émises par les capitales et les institutions donatrices, qui ont posé des conditions transparentes, appelant le Liban à renforcer l'État, réformer son système, affirmer le contrôle sur les armes illégales et centraliser les décisions relatives à la guerre et à la paix.
Au Liban, certains soutiennent que le pays nécessite un parrainage régional et international pour renforcer son État et ses institutions, y compris son appareil militaire et sécuritaire, afin de répondre aux conditions des donateurs et réaliser un progrès significatif. Il ne fait aucun doute que ce qu'Al-Sharaa semble insinuer dans ses remarques à Trump concernant le Liban reflète l'opinion selon laquelle la solution axée sur la sécurité recherchée par la communauté internationale de Beyrouth pour enlever les armes du parti n'est ni pratique ni réaliste sans d'abord évaluer sa faisabilité, notamment à un moment où l'armée israélienne, malgré la guerre en cours à Gaza depuis 2023, n'a pas été capable de désarmer le « Hamas » là-bas.
Le monde doit assumer sa responsabilité en soutenant les transformations historiques en cours à la fois en Syrie et au Liban. Al-Sharaa semble suggérer que la Syrie et le Liban sont effectivement dans le même bateau, affrontant des défis interconnectés. Dans cette optique, la communauté internationale ne devrait pas réduire le Liban ou la Syrie à un simple dossier de sécurité. Au lieu de cela, il insinue que le dialogue, y compris l'engagement entre la Syrie et le Liban et même des discussions impliquant le « Hezbollah », représente la seule voie viable vers des relations stables qui peuvent servir les intérêts des deux pays.