Souveraineté du Liban et influence iranienne : enjeux clés
Il est très important que le processus de négociation directe entre le Liban et Israël progresse à Washington. Il est également crucial de confronter chaque carrefour où l'Iran tente de se réinfiltrer et de retrouver son influence sur une partie du processus décisionnel du Liban. Surtout, un soutien doit être accordé au Président Joseph Aoun, qui a résumé la situation hier, quelques heures avant le début du cinquième cycle de négociations à Washington, en déclarant : « Le Liban n'acceptera rien d'autre que la fin de l'occupation israélienne au sud du Liban et la fin de la tutelle étrangère. » Le terme « tutelle étrangère » ici se réfère spécifiquement au rôle de l'Iran au Liban, qui essaie activement de restaurer son influence déclinante.
La déclaration du Président Aoun a coïncidé avec un discours du Guide iranien « Attendu » Mojtaba Khamenei, dans lequel il a affirmé que « les forces armées iraniennes et les moudjahidines du Front de la Résistance, notamment le cher Liban, ont obtenu des victoires dans la troisième guerre imposée. » La logique de Mojtaba suggère que le Liban reste encore l'une des arènes sous contrôle iranien.
Il est vrai que le « Hezbollah » maintient encore une force militaire et sécuritaire au Liban et continue de combattre l'armée israélienne au sud, mais son pouvoir a des limites claires. Il n'a pas la capacité de restaurer la « gloire perdue », c'est-à-dire qu'il ne peut reproduire la domination qu'il exerçait autrefois sur l'État libanais à travers les niveaux politique, sécuritaire, économique et social. Cette phase est terminée. La grande majorité des Libanais s'opposent à l'influence de l'Iran et au comportement du « Hezbollah » et à ses guerres futiles, voire catastrophiques.
De plus, l'équation régionale renversée à la fin de 2025 n'a pas changé fondamentalement, étant donné les pertes fermes de la Syrie, les pertes substantielles du Hezbollah dans les première et deuxième guerres de soutien et la catastrophe que ces guerres par procuration ont causée sur les plans humain, social et économique. Cela a principalement affecté la base de soutien du parti, et il reste incertain si elle se rétablira rapidement.
Ce qui reste incertain, cependant, c'est la position de la majorité libanaise rejetant le parti, ses politiques et son allégeance aveugle, voire suicidaire, à l'Iran, et la possibilité de vivre sous le même cadre que le projet et la culture de ce parti. À moins que le comportement du parti ne change, on s'attend à ce que davantage de voix s'élèvent dans d'autres communautés appelant à la séparation. C'est une réalité, même si de nombreux partisans ou ceux satisfaits de la domination de l'Iran et de son parti au Liban ne l'acceptent pas.
Jusqu'à présent, malgré les critiques quant à sa lenteur l'année dernière, l'approche du Président Joseph Aoun reste une garantie nationale globale. Il est une figure unificatrice et inclusive, mais la société libanaise n'a pas été une société unie depuis longtemps. C'est une collection de « peuples » — comme le décrit notre collègue Sarkis Naoum — vivant ensemble tandis que chacun regarde dans une direction différente. Néanmoins, s'il n'y avait pas eu le comportement du « Hezbollah » à tous les niveaux, le Liban aurait peut-être atteint une véritable nation avec au moins les conditions minimales attendues d'un État.
Pour toutes ces raisons et plus encore, il est important que la majorité libanaise résiste à cette situation anormale.