Naissance d'un ânon onagre dans la réserve royale d'Arabie saoudite

Mode de Vie 24-06-2026 | 12:29

Naissance d'un ânon onagre dans la réserve royale d'Arabie saoudite

Une avancée majeure en conservation à la Réserve royale marque le retour d'une espèce en danger critique après plus de 100 ans d'absence.
Naissance d'un ânon onagre dans la réserve royale d'Arabie saoudite
Poulain d'onagre et sa mère (David Chancellor).
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Après plus d'un siècle d'absence, l'onagre est revenu sur la péninsule arabique, non pas à travers les archives historiques ou les récits anciens, mais avec la naissance d'un ânon au cœur de la réserve royale Prince Mohammed ben Salmane, au nord-ouest de l'Arabie saoudite. Cette naissance marque une étape significative dans la restauration d'une espèce sauvage qui faisait autrefois partie du patrimoine naturel et de l'identité de la région.

 

La réserve royale Prince Mohammed ben Salmane est l'une des huit réserves royales du Royaume d'Arabie Saoudite, couvrant une superficie de 24 500 kilomètres carrés, s'étendant des plaines volcaniques à la mer Rouge. Elle constitue un corridor écologique reliant des projets de développement majeurs tels que NEOM, le projet de la mer Rouge, et AlUla, et abrite également des sites naturels notables, y compris le Wadi Al Disah et la destination AMAALA.

 

Onager herd (Photo: David Chancellor).
Onager herd (Photo: David Chancellor).

 

Bien que la réserve ne couvre que 1% de la superficie terrestre de l'Arabie saoudite et 1,8% de sa zone marine, elle englobe 15 écosystèmes majeurs et abrite plus de la moitié des mammifères terrestres et des espèces d'oiseaux enregistrés dans le Royaume, en faisant l'une des zones protégées les plus biodiversifiées du Moyen-Orient.

 

 

Dans le cadre de sa vision de restaurer les écosystèmes naturels et culturels, la réserve travaille à la réintroduction de 23 espèces autochtones qui habitaient historiquement la région. À ce jour, elle a réussi à réintroduire 14 espèces dans leurs habitats d'origine grâce au programme « Reviving Arabia », incluant l'oryx d'Arabie, l'onagre, l'autruche à cou rouge, la gazelle des sables et la gazelle de montagne.

 

Solidified volcanic lava formation (Photo: Ibrahim Sarhan).
Solidified volcanic lava formation (Photo: Ibrahim Sarhan).

 

Le PDG de la réserve à 'Annahar': La naissance d'un ânon onagre en Arabie saoudite est plus qu'un accomplissement

 

Dans une interview exclusive avec Annahar, Andrew Zaloumis, PDG de la réserve royale Prince Mohammed ben Salmane, a déclaré que la naissance de l'onagre marque une étape exceptionnelle dans les efforts de conservation de l'environnement du Royaume. Il a déclaré : « À travers le programme « Reviving Arabia », nous ramenons une espèce qui a façonné ce paysage naturel depuis des milliers d'années. La naissance du premier ânon onagre sur le sol saoudien depuis plus d'un siècle est plus qu'un simple accomplissement en termes de conservation de la nature. »

 

 

Cette naissance revêt une importance mondiale significative, car l'onagre est classé comme en danger critique d'extinction, avec moins de 600 individus restants dans la nature. Chaque nouvel ânon représente donc un pas crucial dans l'effort de protection et de préservation de l'espèce.

 

Onager herd (Photo: David Chancellor).
Onager herd (Photo: David Chancellor).

 

Défis de la survie et de la récupération

 

Cependant, la naissance de l'ânon n'est pas la fin du voyage, mais plutôt le début d'un nouveau défi : assurer la survie de l'espèce et sa présence continue dans son habitat historique. 

 

Zaloumis croit que la réintroduction des onagres dans leur habitat historique ne se termine pas avec les nouvelles naissances, mais exige leur survie durable à long terme. Il note que la perte d'habitats naturels demeure l'un des plus grands défis, car les onagres pouvaient autrefois parcourir de vastes distances à travers la péninsule arabique avant que les projets de développement et les réseaux routiers ne perturbent leurs routes de migration historiques.

 

Face à ces défis, l'Arabie saoudite a étendu son réseau de zones protégées de manière sans précédent, augmentant la superficie protégée de 4,5% en 2018 à 18% aujourd'hui, tandis que les zones marines protégées sont passées de 2,5% à 16%. Ces efforts soutiennent l'objectif national de protéger 30% des terres et des mers d'ici 2030.

 

 

Zaloumis résume cette vision en disant : « Constituer des groupes fondamentaux aujourd'hui est la façon de prévenir l'extinction des espèces demain. »

 

Onager foal takes its first steps (Photo: David Chancellor).
Onager foal takes its first steps (Photo: David Chancellor).

 

Trésors naturels au-delà de l'onagre

 

Le rôle de la réserve va au-delà de la protection de l'onagre seul, car elle offre un habitat à une large gamme d'espèces rares et en danger. Des études ont documenté la présence du loup arabe, de l'hyène rayée, et des oiseaux de proie rares, dont le vautour noir, le vautour fauve et le vautour percnoptère. 

 

Dans les eaux de la mer Rouge, les dugongs et les tortues imbriquées trouvent un refuge sûr pour se nourrir et nicher, tandis que l'équipe de recherche scientifique a découvert avec succès cinq espèces nouvelles pour la science, dont deux espèces de reptiles et trois espèces de plantes, selon Zaloumis.

 

Au cœur de ce système écologique, le Wadi Al Disah se distingue comme un site du patrimoine mondial de l'UNESCO en attente, où prospèrent des espèces rares d'orchidées orientales et des genévriers anciens, dont certains sont âgés de plus de 400 ans.