Résidence Dorée au Liban : Attirez les Investisseurs

Technologie et économie 24-06-2026 | 08:07

Résidence Dorée au Liban : Attirez les Investisseurs

Le projet de résidence fiscale au Liban offrant des exemptions pour les investissements de 500 000 $, visant à restaurer la confiance dans l'économie.
Résidence Dorée au Liban : Attirez les Investisseurs
Ministère des Finances (Archives)
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« Vous serez surpris. »

Avec ces mots, le ministre des Finances Yassine Jaber exprime sa confiance dans la capacité du Liban, malgré l'effondrement, à retrouver une partie de sa vitalité et à attirer à nouveau capitaux et investissements.

 

Jaber a fait ces remarques à Annahar après que la commission des Finances et du Budget, présidée par le député Ibrahim Kanaan, a approuvé un projet de loi visant à stimuler l'investissement et à attirer de nouveaux résidents. La démarche reflète un effort officiel pour positionner le Liban non plus comme un pays gérant simplement ses crises, mais comme une destination financière et fiscale attrayante.

 

Préparé par le ministère des Finances et modifié par la commission des Finances pour se conformer à la loi sur la propriété étrangère et assurer la vérification des fonds transférés de l'étranger conformément à la loi 44 sur le blanchiment d'argent, le projet de loi va au-delà de l'introduction d'amendements techniques aux lois sur l'impôt sur le revenu et sur les successions. Il établit un régime fiscal spécial pour certains individus qui transfèrent leur résidence au Liban, créant une sorte de « Résidence Dorée » ou « Résidence Fiscale ».

 

 

Le concept est déjà utilisé dans des pays comme les Émirats arabes unis, la Grèce et le Portugal. Le Liban espère attirer des individus riches vivant à l'étranger, qu'ils soient libanais ou étrangers, apportant des fonds frais et une réputation internationale qui pourraient aider à soutenir le pays pendant sa crise financière et économique. Pour ce faire, le gouvernement propose d'accorder aux individus éligibles l'accès à un régime fiscal spécial différent du système standard, les encourageant à transférer à la fois leur résidence et leur capital au Liban.

 

 

Le ministère des Finances parie ouvertement sur le succès de cette approche. Jaber déclare que le ministère « n'aurait pas préparé un tel projet s'il n'y avait pas de parties intéressées », ajoutant que beaucoup de gens seront surpris par le niveau d'intérêt pour ce type de résidence. Selon lui, l'initiative repose sur la conviction que le Liban ne peut pas rester dans son état actuel d'effondrement indéfiniment et qu'il peut redevenir une destination pour les investisseurs et les expatriés.

 

Ministre des Finances libanais Yassine Jaber
Ministre des Finances libanais Yassine Jaber

 

Résidence Dorée d'une valeur de 500 000 $

Une caractéristique clé de la proposition est l'exemption de taxes sur le revenu provenant d'actions étrangères, d'obligations étrangères et d'autres revenus de capitaux mobiliers étrangers pour des individus libanais et non libanais devenant résidents dans les 10 ans suivant la publication de la loi.

L'exemption resterait en vigueur jusqu'à la fin de la vingtième année suivant la publication de la loi, à condition que les candidats ne remplissent pas les critères de résidence au Liban au moment de la publication de la loi, lors des quatre ans précédant sa publication ou lors des quatre ans précédant leur demande de résidence.

 

Cependant, l'accès à ces avantages s'accompagne de conditions. Le projet de loi exige que les candidats maintiennent un investissement permanent au Liban d'au moins 500 000 $. Cela peut prendre la forme d'un compte bancaire en devises étrangères, d'une propriété immobilière ou d'autres investissements à préciser par décret. Les candidats doivent également passer au moins 90 jours par an au Liban et ne doivent avoir aucune condamnation judiciaire au Liban ou à l'étranger.

 

Jaber souligne que l'exigence d'investissement est au cœur du projet. Il explique que l'éligibilité à la Résidence Dorée dépend d'un investissement d'au moins 500 000 $, que ce soit par un dépôt bancaire transféré de l'étranger, l'achat de propriété ou la création d'une entreprise. L'objectif, dit-il, est d'attirer des hommes d'affaires et des individus fortunés capables d'injecter des fonds frais dans l'économie libanaise.

En défendant la proposition, Jaber cite des expériences internationales similaires, en évoquant l'ancien régime fiscal britannique « Non-Dom », qui a permis à des milliers de personnes fortunées de résider en Grande-Bretagne dans des conditions fiscales particulières avant d'être ensuite modifié.

 

 

Le projet de loi exige également que les candidats soumettent une demande écrite ou électronique au ministère des Finances, accompagnée de la documentation nécessaire, et paient une taxe forfaitaire annuelle d'au moins 50 000 $. Selon ce système, explique Jaber, les nouveaux résidents seraient taxés uniquement sur le revenu généré au Liban et ne seraient pas tenus de payer des taxes libanaises sur leurs revenus ou activités commerciales à l'étranger, qu'il décrit comme le principe fondamental du projet.

 

Qu'en est-il des 50 000 $ ?

Un point ayant généré de la confusion concerne si les frais de 50 000 $ s'appliquent à chaque membre de la famille bénéficiant de la résidence fiscale.

Jaber précise que le problème se pose lorsque le chef de ménage souhaite que des membres de la famille résident avec lui dans le cadre de ce programme. Les frais applicables à chaque membre de la famille seraient déterminés ultérieurement par un décret du Conseil des ministres émis sur proposition du ministre des Finances.

 

Le projet de loi introduit également un amendement important à la loi sur les droits de succession. Il prévoit une exemption des droits de succession sur les actifs mobiliers et immobiliers situés à l'étranger lorsqu'ils sont transférés par un libanais ou un ressortissant étranger devenu résident au Liban selon les conditions de la nouvelle loi.

Cela permettrait aux actifs hérités ou transférés détenus à l'étranger d'être exemptés des droits de succession libanais, à condition que leur propriétaire se relocalise au Liban dans le cadre établi par la législation proposée.