Le Liban reste sur la liste grise du GAFI alors que les réformes tardent

Liban 23-06-2026 | 00:01

Le Liban reste sur la liste grise du GAFI alors que les réformes tardent

Les réformes contre le blanchiment d'argent au Liban sont jugées insuffisantes, selon un organisme mondial qui signale des faiblesses dans le système financier et judiciaire
Le Liban reste sur la liste grise du GAFI alors que les réformes tardent
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La décision du Groupe d'action financière (GAFI) de maintenir le Liban sur la liste grise n'a pas été surprenante ; elle a plutôt confirmé un chemin qui n'a pas encore été complété. Après environ un an et demi depuis que le Liban s'était engagé à remédier aux déficiences de son cadre de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, les autorités internationales considèrent toujours que les progrès réalisés ne suffisent pas à justifier le retrait du Liban de la liste de « surveillance renforcée ».

 

Lors de sa réunion récente, le groupe a maintenu le Liban parmi les pays sous « surveillance renforcée », après avoir retiré l'Algérie et la Namibie de la liste grise et ajouté l'Irak et la Bosnie-Herzégovine.

 

Cette classification signifie que le pays concerné présente des « déficiences stratégiques » dans ses systèmes de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, bien qu'il se soit engagé à un plan d'action pour combler ces lacunes dans un délai spécifié et sous supervision stricte.

 


 

 

10 mesures institutionnelles et systémiques nécessaires

 

 

Le Liban doit encore remplir 10 conditions essentielles, y compris la mise à jour des évaluations des risques, le renforcement des mécanismes d'entraide judiciaire et d'extradition, et l'amélioration de la récupération des actifs.

 

Cela inclut également l'élévation du niveau de conformité des professions et entreprises non financières, la mise à jour des informations sur la propriété effective dans les entreprises, et l'augmentation des enquêtes, poursuites et condamnations dans les affaires de blanchiment d'argent, parallèlement à une stricte mise en œuvre des sanctions financières ciblées et une surveillance des organisations à but non lucratif à haut risque.

 

 

 

 

Ces conditions indiquent que la question ne se limite plus seulement au secteur bancaire, mais s'étend à un réseau plus large de secteurs et d'institutions, allant de la justice et du registre du commerce aux professions libérales et aux commerçants d'or et de pierres précieuses, en passant par les postes frontaliers et les organisations caritatives et à but non lucratif. La conformité n'est donc plus uniquement une affaire technique de banque mais un test de l'efficacité de l'État lui-même.

 

 

 

Des sources financières indiquent que « le principal problème n'est plus l'absence de lois ou de circulaires, mais de prouver que ces mesures ont produit des résultats concrets, que ce soit en termes d'enquêtes, de poursuites, ou d'échanges d'informations à l'étranger, ce que le GAFI est précisément en train d'évaluer dans le cas du Liban. »

 

 

 

Dans ce contexte, la catégorie des « entreprises et professions non financières désignées » émerge comme l'un des principaux domaines de suivi. Le groupe ne limite pas les risques aux banques et institutions financières mais inclut également les avocats, notaires, comptables, et commerçants de métaux précieux et de pierres précieuses.

 

 

 

Il a donc souligné la nécessité d'améliorer la compréhension de ces catégories des risques de non-conformité et d'imposer des sanctions efficaces et proportionnées lorsque des obligations relatives à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme sont violées.

 

 

 

Il est à noter que parmi les mesures locales prises à cet égard, le ministère de la Justice a émis une circulaire dirigée aux notaires, imposant des procédures supplémentaires concernant la vérification de la source des fonds et la spécification du mode de paiement dans les transactions, ainsi que l'interrogation sur la présence d'intermédiaires ou de courtiers et la vérification de leurs identités.

 

 

 

De plus, la Commission d'enquête spéciale a émis une circulaire exigeant que les commerçants d'or, de pierres précieuses et de métaux précieux prennent des mesures pour vérifier l'identité des clients, comprendre la provenance des fonds, identifier le véritable bénéficiaire des opérations le cas échéant, et surveiller et signaler les transactions inhabituelles ou suspectes.

 

La justice libanaise sous examen attentif

 

La justice libanaise reste sous examen attentif. Le groupe appelle le Liban à démontrer une augmentation soutenue des enquêtes, poursuites, et condamnations judiciaires liées aux crimes de blanchiment d'argent, ainsi qu'une utilisation élargie des informations fournies par l'Unité de renseignement financier, et une amélioration des mécanismes d'exécution des demandes d'entraide judiciaire, d'extradition, et de récupération des actifs.

 

 

 

Des sources disent que « ce qui est demandé du Liban n'est plus uniquement la mise à jour des systèmes mais de démontrer l'efficacité de la justice et des organes spécialisés. Le groupe veut voir des dossiers traités, des jugements rendus, et des mécanismes de coopération fonctionnant dans des délais appropriés, car les textes seuls ne suffisent pas pour sortir de la liste grise. »

 

 

Le Liban sur la liste grise... et ensuite la noire ? - LIMS
Le Liban sur la liste grise... et ensuite la noire ? - LIMS

 

L'économie en espèces du Liban reste un obstacle

 

L'économie en espèces du Liban reste un obstacle majeur à tout progrès rapide à cet égard, suite à l'expansion sans précédent de la circulation monétaire après l'effondrement bancaire, ce qui a compliqué les opérations de suivi et de contrôle.

 

 

Le point le plus sensible concerne la nécessité d'une surveillance ciblée des organisations à but non lucratif à haut risque, mettant en vedette le dossier « Al-Qard Al-Hassan » suite à la décision du ministre de la Justice Adel Nassar de le renvoyer au bureau du procureur général.