Le Liban navigue entre la réouverture économique et l'incertitude croissante au sud
L'ambassadeur saoudien Fahd bin Abdulrahman Al Dossari a présenté ses lettres de créance au président libanais Joseph Aoun le 19 juin, quelques jours après que le prince héritier Mohammed bin Salman ait ordonné la reprise des exportations libanaises vers le Royaume.
Le président Aoun a exprimé sa profonde gratitude et son appréciation au prince héritier saoudien, considérant la reprise de l'importation des produits libanais dans le Royaume comme un reflet de l'engagement du leadership saoudien à soutenir le Liban et son peuple pendant une phase de redressement et de renouveau.
Le Premier ministre Nawaf Salam a considéré la levée de l'interdiction non simplement comme un signal diplomatique, mais comme une décision qui ouvre une voie pratique pour l'économie.. Il a affirmé que cela confirme les efforts de Riyad pour soutenir l'État libanais par divers moyens, dans le but de lui permettre d'atteindre la sécurité et la stabilité.
Au port de Beyrouth, avec le lancement du premier conteneur à destination du port islamique de Djeddah, le Premier ministre Salam a déclaré que le Liban vit un moment tant attendu, soulignant que Beyrouth ne permettra pas que le Liban devienne un point de départ pour toute atteinte à nos frères arabes.
L'ambassadeur Fahd Al Dossari a déclaré que la relance des exportations confirme le soutien de l'Arabie saoudite à la stabilité du Liban, le renforcement de sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire et le bien-être de son peuple. Il a affirmé que cela reflète aussi la confiance dans la capacité de l'État libanais à empêcher que son territoire soit utilisé comme une plateforme pour nuire à ses frères. Il a ajouté que l'Arabie saoudite ne sépare pas l'économie de la sécurité et, tout en rouvrant son marché aux exportations libanaises, elle le fait parce que Beyrouth est devenue capable de mieux contrôler les ports, l'aéroport et les passages frontaliers, en pleine coordination avec Riyad, pour contrer toute marchandise interdite que certains partis ou groupes criminels pourraient tenter de faire passer en contrebande sur le territoire saoudien.
Rétablir la confiance
Ces développements offrent au gouvernement libanais une marge d'action, même si certains la considèrent limitée. Elle reste néanmoins importante et indique que l'État prend des mesures vers une réforme structurelle et administrative plus large.
La confiance des pays du Golfe se renforcera jour après jour à travers une gestion douanière plus efficace, une surveillance technique des expéditions, une coopération directe avec les autorités saoudiennes, et l'assèchement des voies de contrebande. Le succès de ce mécanisme transformerait la décision saoudienne en une porte d'entrée plus large pour reconnecter le Liban avec son environnement économique arabe, tandis qu'un éventuel échec ramènerait la discussion au point initial de doute, posant à nouveau la question de la capacité de l'État à contrôler ses ports et ses frontières avec rigueur et précision.
Front sud
Dans le même temps, la situation dans le sud du Liban reste le facteur le plus dangereux. L'annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, négocié par les États-Unis et le Qatar, reste fragile, malgré le fait que la direction politique d'Israël ait indiqué à son commandement militaire de cesser les opérations de combat tout en maintenant les positions à l'intérieur du territoire libanais.
Les négociations irano-américaines en Suisse montrent que Téhéran insiste dans ses discussions sur la mise en œuvre de la première clause du mémorandum d'entente, à savoir un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris le Liban, tandis que Tel Aviv cherche à conserver sa liberté d'action. Cela transforme la scène du sud en une sorte de « boîte à messages » échangée entre les deux rivaux, l'Iran et Israël, à travers laquelle chaque partie essaye d'imposer une nouvelle réalité qui sert ses intérêts politiques et sécuritaires et améliore sa position de négociation future.
La situation au Liban est complexe, mais le gouvernement continue de compter sur la diplomatie comme moyen de sortir de la guerre, ouvrant la voie au retrait des forces d'occupation israéliennes, au retour des personnes déplacées, au début de la reconstruction et à la limitation des armes à l'État seul. C'est un chemin difficile qui nécessite un effort soutenu, de la patience, et une combinaison de diplomatie avec des décisions nationales audacieuses soutenues par des pays amis.
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