Le Liban se rend à Washington pour demander un cessez-le-feu alors que les négociations régionales s'intensifient

Liban 22-06-2026 | 08:47

Le Liban se rend à Washington pour demander un cessez-le-feu alors que les négociations régionales s'intensifient

Des pourparlers entre la Suisse et les États-Unis visent un cessez-le-feu fragile au sud du Liban et un nouveau cadre de sécurité régionale.
Le Liban se rend à Washington pour demander un cessez-le-feu alors que les négociations régionales s'intensifient
Depuis le quatrième tour de négociations à Washington
Smaller Bigger

 

Les yeux du Liban et du monde se tournent vers la Suisse et Washington pour voir ce qui émergera des négociations en cours entre les parties. Le sud du Liban sera au centre des discussions dans les deux capitales alors que les efforts se poursuivent pour façonner un nouveau paysage régional impliquant les pays de la région et Israël, sans qu'aucun camp n'abandonne les agendas ou les idéologies auxquels il adhère depuis des décennies.

 

 

 

La délégation diplomatique et militaire libanaise a préparé une feuille de route pour ses négociations avec les Israéliens à Washington sur trois jours, à partir de demain, mardi. La délégation porte les directives du président Joseph Aoun et les conseils de l'équipe consultative qui l'accompagne à Baabda. Le mémorandum d'entente américano-iranien sera également présent à la table des négociations à Washington. Sa disposition centrale ne peut être séparée des efforts pour le traduire en un cessez-le-feu complet, notamment sous la pression américaine et les menaces iraniennes encadrées par l'équation : Hormuz en échange du sud du Liban. Cela vient surtout après que l'Iran a menacé de ne pas participer aux réunions techniques en Suisse si les opérations militaires et les massacres au sud continuaient. C'est sur cette base que les pourparlers entre les représentants des deux pays, dont le conflit s'étend sur près d'un demi-siècle, ont commencé hier.

 

 

 

Selon des sources bien informées, la première priorité du négociateur libanais à Washington sera d'assurer un cessez-le-feu réel et complet et de garantir le déploiement de l'Armée libanaise dans tout le sud. Cette question est en tête de l'agenda et constitue la pierre angulaire du processus de négociation plus large avec Israël.

 

 

 

En détail, les délégations libanaise et israélienne se rencontreront demain, mardi, tandis que les officiers militaires des deux côtés tiendront des pourparlers mercredi—en dehors du Pentagone. Les réunions se concluront jeudi par un résumé politique marquant le cinquième tour de négociations. Toutes les sessions se tiennent au département d'État des États-Unis, où les responsables insistent sur l'importance du processus et démontrent l'attention particulière qu'il reçoit de la Maison Blanche. L'objectif est de faire avancer la vision régionale du président Donald Trump et de l'utiliser pour soutenir l'économie américaine ainsi que les prochaines élections de mi-mandat au Congrès.

 

 

 

Aoun, qui doit se rendre à Washington en juillet prochain, n'a exprimé aucune objection à la voie empruntée par le Pakistan et à ses résultats, malgré les réserves qu'il continue d'exprimer concernant les politiques et la performance de l'Iran au Liban et dans la région au sens large. Son objection, dit-il, s'applique à "tout pays qui s'ingère dans nos affaires". Il n'est pas non plus opposé au rapprochement américano-iranien s'il contribue à mettre fin à la guerre, reprenant la remarque du président Nabih Berri selon laquelle un tel résultat serait bienvenu "même s'il venait du Bangladesh".

 

 

 

Selon les informations disponibles, Aoun reste concentré sur faire du cessez-le-feu la question centrale des discussions avec les Israéliens—une position partagée par Berri, Walid Jumblatt, et ce que les sources décrivent comme "les têtes froides". Le camp libanais soutenant les négociations directes est également très conscient de la possibilité d'un blocage israélien et croit qu'une intervention et une pression américaines plus fortes seront nécessaires. Les responsables libanais, disent les sources, cherchent une mise en œuvre tangible sur le terrain.

 

 

 

Il y a aussi une détermination libanaise à poursuivre les négociations plutôt que de les arrêter, contrairement à la position des voix au sein du Hezbollah et des cercles qui lui sont proches. Les membres de la délégation estiment que mettre fin aux pourparlers servirait les intérêts israéliens, une vue partagée par Aoun et le major général Rodolphe Haykal. Selon les sources, Aoun ne veut pas "fournir un tel service aux Israéliens", qui ne sont pas particulièrement enthousiasmés par les négociations en premier lieu.

La discussion sur les "zones expérimentales" devrait reprendre et constituera le deuxième point à l'ordre du jour. Pendant ce temps, des sources suivant les négociations disent qu'il n'y a eu aucune discussion sur la signature par le Liban et Israël d'un "annexe de sécurité". La question n'a pas été soulevée lors de la réunion préparatoire tenue à Baabda jeudi dernier. Cependant, il reste possible que les Américains proposent une "déclaration d'intention" aux délégations libanaise et israélienne, bien que ses détails n'aient pas encore été finalisés.