Vivre sous une tente, étudier pour l'avenir : La lutte d'une famille libanaise face à la guerre et au déplacement

Liban 21-06-2026 | 00:56

Vivre sous une tente, étudier pour l'avenir : La lutte d'une famille libanaise face à la guerre et au déplacement

Forcées de quitter leur foyer par la guerre, une mère et sa fille à Beyrouth luttent pour préserver éducation, dignité et espoir malgré la vie sous une tente.
Vivre sous une tente, étudier pour l'avenir : La lutte d'une famille libanaise face à la guerre et au déplacement
Image of tents set up in the Tayouneh area (Annahar).
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Dans une étroite tente en périphérie de Tayouneh, une mère s'affaire à sécuriser de l'eau et à laver le linge, tandis que sa fille s'accroche à son livre scolaire comme s'il s'agissait du dernier vestige d'une vie normale. D'une main, elle résiste aux difficultés du déplacement, et de l'autre, elle refuse d'abandonner son éducation. Ensemble, leurs histoires s'entrecroisent, reflétant comment la guerre force des familles entières à vivre à la lisière de l'endurance.

 

« Nous n'avons pas quitté l'endroit... Nous avons quitté la vie que nous connaissons »

 

Abir Al-Saghir, 46 ans, mère de quatre enfants, a fui avec sa famille au troisième jour de la guerre de leur maison à Chiyah–Al-Masbagha vers une tente en face de la forêt de Beyrouth. Plutôt que de chercher refuge dans des abris, elle a choisi de rester proche de son domicile malgré le danger.


 

Abir a confié à Annahar : « Nous portons désormais notre maison sous une tente ; toute notre vie est ici. Pourtant, je vais à la maison chaque jour pour laver les vêtements des enfants et prendre soin de leur hygiène, afin qu'ils ne sentent pas que tout s'est effondré. »


Image of tents set up in the Tayouneh area (Annahar).
Image of tents set up in the Tayouneh area (Annahar).

Quand la guerre pousse les gens à l'insoutenable

 

À l'intérieur de la tente, la vie a été réduite à ses éléments essentiels. La famille compte sur des initiatives individuelles pour obtenir nourriture et eau, tandis qu'une connectivité internet faible ajoute un obstacle supplémentaire à l'éducation des enfants.


 

Malgré ces défis, Abir consacre chaque jour du temps à étudier avec sa fille aînée, qui se prépare pour ses examens de fin d'études secondaires tandis que l'avenir académique reste incertain face aux discussions de report ou d'annulation. Ensemble, elles révisent les leçons, essayant, ne serait-ce que quelques heures, d'échapper à la réalité de la guerre et du déplacement.


 

Abir a déclaré à Annahar : « Je veux qu'elle continue... peut-être que c'est la seule chose qui reste encore normale dans sa vie. » Pourtant, les exigences de la vie quotidienne laissent peu de place à ce sentiment de normalité.


 

Décrivant la vie sous la tente, elle dit avec une amère ironie : « En hiver nous étions noyés, et maintenant en été nous brûlons presque. Voilà notre vie sous la tente. »


 

La nuit apporte d'autres difficultés, puisque la famille doit se rendre aux toilettes dans le parc voisin, rappelant chaque jour les dures réalités du déplacement.


Image of Abir's daughter studying inside the tent (Annahar).
Image of Abir's daughter studying inside the tent (Annahar).

« J'ai vécu la guerre... Et mes enfants continuent »

 

Abir résume sa douleur en une phrase: « Je suis née et j'ai vécu la guerre, et aujourd'hui mes enfants la vivent. »


 

Malgré tout, elle continue de protéger ce qu'elle peut : l'éducation de ses enfants et la continuité de leur vie, même dans les limites d'une tente.


 

L'histoire d'Abir n'est pas unique. Elle est plutôt le reflet puissant des nombreuses familles contraintes de s'adapter à une réalité qu'elles n'ont pas choisie, où la guerre impose des choix difficiles et transforme même les droits les plus élémentaires en un combat quotidien.


Image of a tent and a bicycle in the Tayouneh area (Annahar).
Image of a tent and a bicycle in the Tayouneh area (Annahar).