Après l'accord États-Unis–Iran : Téhéran peut-il se repositionner dans le monde arabe ?
Dès maintenant, il semble utile d'examiner la phase post-signature du mémorandum d'entente américano-iranien, qui semble bénéficier d'un soutien clair de plusieurs puissances régionales, dont la Turquie, le Pakistan, l'Arabie saoudite, le Qatar et l'Égypte.
La manière dont l'Iran s'engagera avec les pays arabes voisins, en dépit des relations théoriquement positives qu'il a établies avec eux ces dernières années à plusieurs niveaux, reste une question ouverte. Il n'est pas improbable que la perception condescendante de Téhéran à l'égard de ces États persiste.
La « République islamique » n'a pas hésité à poser des actes d'hostilité envers aucun des six pays du Conseil de coopération du Golfe, les considérant comme faisant partie de la campagne américano-israélienne contre elle. Cette dynamique a culminé avec la signature anticipée du mémorandum dans les prochains jours — à moins que des développements imprévus n'interviennent.
La question centrale entourant le mémorandum est l'hypothèse que l'Iran, un régime fondé sur le principe de « l'exportation de la révolution », puisse revenir à être un État normal au sein du système régional, plutôt qu'un État qui tire son pouvoir en exerçant des pressions sur ses voisins et la communauté internationale au sens large.
Un tel résultat reste difficile à prévoir, en particulier en raison de la croyance que la « République islamique » ne peut guère être autre chose qu'un État cherchant à dominer, qu'elle le fasse directement ou indirectement — directement par ses missions diplomatiques et ses réseaux impliquant des officiers des Gardiens de la Révolution, ou indirectement par le biais de groupes alliés tels que le Hezbollah au Liban.
Émergence de figures et de voix proéminentes
Dans la période précédant l'annonce du mémorandum, on a constaté une montée en puissance de figures médiatiques apparaissant sur des chaînes de télévision arabes proéminentes. Ces commentateurs iraniens, parfois non iraniens, ont assumé le rôle de défenseurs de la « République islamique » et de ses politiques, y compris le Hezbollah, de manières qui pouvaient au mieux être décrites comme grossières.
Cela se produisait tandis que la « République islamique » critiquait ouvertement des pays comme le Koweït, qui semblent avoir des griefs historiques non résolus. Il était frappant de voir ces voix défendre la politique iranienne depuis diverses capitales arabes. Cela soulève la question de savoir si des ententes dans le domaine médiatique ont été conclues entre les États régionaux et l'Iran dans le cadre de la phase préparatoire du mémorandum américano-iranien.
De nombreuses questions restent sans réponse, en particulier avec l'apparition sur une chaîne satellite d'une prétendue figure médiatique ou d'un chercheur d'Irak discutant du Hezbollah et de sa relation historique avec Israël. Il y avait un accent clair parmi ces « visages » de télévision sur l'histoire des relations du Liban avec Israël et les prétendues « ambitions sionistes » au Liban depuis la première guerre arabo-israélienne en 1948.
Une caractéristique commune parmi ces commentateurs était le mépris des faits établis, s'appuyant plutôt sur des interprétations discutables. Parmi ces affirmations figurait l'allégation selon laquelle Israël a détruit la flotte aérienne civile du Liban à l'aéroport de Beyrouth à la fin des années 1960, en se référant à Middle East Airlines et Lebanese International Airways, dont les avions étaient stationnés à l'aéroport et ont été détruits un à un.
Récit iranien : une ignorance de la réalité
Les commentateurs iraniens et non-iraniens semblaient ignorer systématiquement le contexte plus large, y compris le fait que la frappe israélienne sur l'aéroport de Beyrouth ne s'était pas produite isolément. Elle a suivi des avertissements répétés d'Israël selon lesquels l'État ne permettrait pas que l'aéroport de Beyrouth soit utilisé comme point de départ pour des détournements d'avions ciblant des avions israéliens en Europe.
Plutôt que de prendre ces avertissements au sérieux, et au lieu que les autorités politiques libanaises abordent la gravité de la situation, le Parlement a procédé à l'approbation de l'Accord du Caire en novembre 1969. Selon cet accord, les autorités libanaises ont effectivement abandonné le contrôle de certaines parties de leur territoire, marquant ce que certains décrivent comme le début d'un cycle prolongé d'instabilité qui perdure jusqu'à ce jour.
Il n'est pas nécessaire de revisiter d'autres faits historiques qui risquent d'être déformés pour servir un récit iranien spécifique. Ce récit repose sur l'idée que le Liban est engagé dans la « résistance » contre Israël, et que la « République islamique » est venue au Liban uniquement pour soutenir cette « résistance ».
Dès maintenant, il semble nécessaire de défier ces interprétations, présentées comme des avis équilibrés « opinion et contre-opinion ». Une question clé demeure : où est la voix arabe et du Golfe au sein de l'Iran lui-même, où même le public iranien dispose de peu d'espace pour s'exprimer ?
Quel que soit le résultat du mémorandum américano-iranien, il est de plus en plus nécessaire dans le Golfe de se préparer à la phase post-conflit qui devrait émerger.
La préparation médiatique semble être une partie essentielle de cette étape à venir, qui pourrait remodeler les équilibres régionaux, en particulier si une faction au sein de l'administration Trump, dirigée par le vice-président J.D. Vance, en vient à voir la « République islamique » comme étant entrée dans une phase plus pragmatique ou rationnelle sous une certaine forme.
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