L'Iran après l'accord : Stabilité ou transformation en vue ?
Lorsque les guerres s'arrêtent, la véritable évaluation des conséquences commence. Et tandis que beaucoup s'affairent à identifier le vainqueur et le perdant du récent accord entre les États-Unis et l'Iran, une lecture stratégique plus approfondie suggère que les principaux effets pourraient ne pas apparaître à la table des négociations mais à l'intérieur même de l'Iran dans les années à venir.
Les États-Unis ont réussi à atteindre leur principal objectif de contenir la confrontation et de l'empêcher de se transformer en une guerre prolongée, et l'économie mondiale a réussi à éviter un choc prolongé qui aurait affecté l'énergie et le commerce international. Quant à l'Iran, malgré le fait qu'il reste un État, il émerge de cette confrontation sous une forme complètement différente de celle qu'il était auparavant.
Les frappes récentes n'ont pas seulement ciblé des sites militaires mais ont également touché des parties importantes de l'infrastructure sécuritaire et militaire, conduisant à la perte d'un certain nombre de dirigeants influents qui, depuis des décennies, formaient les piliers du régime et ses centres de décision.
Avec le déclin de la capacité des institutions de sécurité à imposer le même niveau de dominance que le pays connaissait auparavant, l'Iran passe d'une phase de confrontation extérieure à un test plus difficile représenté par la gestion de sa situation intérieure.
Un début de stabilité ou de transformation ?
Se pose ici la question la plus importante : l'accord représente-t-il le début de la stabilité ou le début de la transformation ?
Il est encore trop tôt pour parler de la chute du régime, mais il est clair que l'accord a enlevé à la direction iranienne l'un de ses outils les plus importants de mobilisation politique, à savoir la présence d'un ennemi extérieur direct.
Avec le renouveau de l'attention sur l'économie, les niveaux de vie, les libertés publiques et les opportunités futures, le régime se trouvera face à des questions posées par le citoyen iranien plus que par toute autre partie.
Peut-être que le paradoxe est que l'avenir de l'Iran n'est plus aux mains des puissances extérieures dans la même mesure mais est devenu plus dépendant des Iraniens eux-mêmes. Si la rue, les forces politiques et les élites intellectuelles décident d'investir ce moment pour exiger des réformes substantielles, l'accord pourrait se transformer en le début d'une nouvelle phase historique.
Cependant, si les institutions d'État reviennent à produire les mêmes outils et politiques qu'auparavant, l'accord peut simplement être une pause temporaire avant que les tensions ne reviennent sous une forme différente.
Une capsule de relaxation
C'est aussi une erreur de considérer l'accord comme la fin du conflit. Les accords politiques sont souvent des outils pour gérer les crises plutôt que de les résoudre définitivement. Certains peuvent voir cette phase comme une « capsule de relaxation » qui permet aux parties de réorganiser les priorités et de se concentrer sur d'autres dossiers plus urgents avant de revenir plus tard aux questions non résolues qui n'ont pas été fondamentalement réglées.
Arabement, la phase à venir peut représenter une occasion historique de rétablir le concept de l'État-nation et de la souveraineté. Alors que la capacité des projets régionaux transnationaux à exercer une influence décline, les pays arabes gagnent de plus grandes opportunités de se concentrer sur le développement, l'économie, la technologie et la construction de partenariats internationaux. L'équilibre des pouvoirs dans la région peut également progressivement passer d'un logique d'influence idéologique à un logique de réussite économique et de stabilité institutionnelle.
Stratégiquement, cet accord peut ne pas être rappelé dans l'histoire simplement comme la fin d'une guerre, mais plutôt comme le moment où le Moyen-Orient a commencé à passer d'une ère de conflits ouverts à une ère de redéfinition des équilibres de pouvoir et de souveraineté. L'Iran, quant à lui, peut être confronté au carrefour le plus important de son histoire moderne, où la décision finale passe plus que jamais dans les mains de son peuple vers le changement.
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