Le Front Sud du Liban : Aperçus de la Diplomatie USA-Iran

Liban 16-06-2026 | 08:53

Le Front Sud du Liban : Aperçus de la Diplomatie USA-Iran

À mesure que les négociations avancent à Washington et sur les voies régionales concernées, le Liban fait face à une pression croissante sur le retrait israélien, les armes du Hezbollah, et les rôles diplomatiques intensifiés de Doha et Riyad.
Le Front Sud du Liban : Aperçus de la Diplomatie USA-Iran
Première réunion tripartite américano-libanaise-israélienne au département d'État américain. (AFP)
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Le protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran sera proposé aux délégations libanaises et israéliennes à Washington les 22, 23 et 24 de ce mois, avec la participation de diplomates et d'officiels militaires des deux côtés, suite à la révision de leurs plans à la lumière des répercussions résultant des négociations d'Islamabad.

 

De nombreuses questions à cet égard suscitent l'inquiétude parmi les Libanais. Notamment, si Israël retirera ses troupes de la "Zone Jaune" frontalière, alors que les intentions des responsables israéliens, notamment Benjamin Netanyahu et la Knesset divisée, n'inspirent pas confiance. Au contraire, ils semblent s'efforcer d'éliminer la branche militaire du Hezbollah et tout ce qui est perçu comme une menace pour Israël dans la région.

 

Si un cessez-le-feu global est obtenu sur le front sud, ce qui semble être le scénario le plus probable, cette évolution offrirait au Liban une certaine mesure de soutien, à condition que les événements se déroulent selon le cadre défini par le président Donald Trump avec la direction iranienne. Son influence reste évidente dans la formation de cet aboutissement diplomatique, considéré comme le plus significatif dans la région.

 

 

Pas d'Enthousiasme Israélien

 

Des sources proches des négociations Liban-Israël indiquent que les développements au Pakistan ne peuvent être séparés de cette piste. Les participants savent que le côté israélien n'avait pas été enthousiaste à ces négociations et n'a participé qu'en raison de la pression et de l'intervention du président Donald Trump. Cela est devenu particulièrement évident lors de la rencontre entre les deux délégations militaires au Pentagone, à laquelle ont assisté le chef de la délégation libanaise, Simon Karam, et l'ambassadrice Nada Hamadeh.

 

Le Liban a conclu que les Américains "veulent réaliser une forme de progrès en dépit des retards persistants d'Israël. Même lorsque Israël s'engage sur un point lors d'un tour de pourparlers, elle tente bientôt de revenir en arrière avant de rouvrir des questions déjà convenues, d'autant plus que ce sont les détails qui déterminent finalement l'issue finale."

 

Il est peu probable que l'accord d'Islamabad mène à un retrait israélien des positions dans le sud du Liban. Après avoir reçu les instructions nécessaires du président Joseph Aoun suite à l'obtention d'un cessez-le-feu, les délégations diplomatique et militaire libanaises se concentreront sur l'obtention d'un retrait israélien. Cela est dû au fait que Washington insiste pour poursuivre à la fois les pistes militaire et politique, ainsi que pour commencer une mise en œuvre dans certaines zones à titre d'essai.

 

Le Commandant de l'Armée Libanaise, le Général Rodolphe Haykal, est impliqué dans tous les aspects de cette approche dans l'espoir d'en assurer le succès. Pendant ce temps, on s'attend à ce qu'Israël avance rapidement pour consolider les gains sur le terrain et affaiblir la position de négociation du Hezbollah grâce aux "avancées militaires" qu'elle a réalisées dans le sud.

 

 

Doha et Riyad Entrent en Jeu

 

Alors que plusieurs capitales suivent de près les développements sur les pistes de Pakistan et de Washington, Doha et Riyad se sont activement impliqués dans les questions liées au Liban. La visite de l'envoyé saoudien, le Prince Yazid bin Farhan, visait à tenter de rassembler les trois présidents, notamment étant donné que les canaux de communication restent ouverts entre les première et deuxième présidences. Les discussions ont également adressé les observations mises en avant par le Président du Parlement, Nabih Berri, concernant la déclaration finale émise après le quatrième round de négociations. Sa position a pris plus de poids suite à l'accord USA-Iran et aux potentielles répercussions qu'il pourrait avoir à travers la région, face à Israël qui ne peut plus mobiliser le Président Donald Trump de la même manière après tout ce qui s'est passé.

 

En conclusion, le Liban fait face à un long chemin parsemé de nombreuses difficultés alors qu'il cherche à façonner l'avenir du sud, à sécuriser le retrait d'Israël et à déterminer le sort des armes du Hezbollah.