Un protocole d'accord et un compte à rebours de 60 jours : les pourparlers nucléaires peuvent-ils transformer le Moyen-Orient ?
Pour la première fois en quatre mois, les États-Unis et l'Iran conviennent que le protocole d'accord entre les deux pays a été entièrement finalisé et attend désormais sa signature officielle à Genève vendredi.
Cette avancée suit une guerre Israélo-Amercaine contre l'Iran qui a duré environ 40 jours et s'est étendue de la région du Golfe au Liban, paralysant l'économie mondiale et provoquant le plus grand choc pétrolier depuis les années 1970.
L'approbation du protocole par l'Iran est arrivée comme un cadeau d'anniversaire tardif pour le président américain Donald Trump à l'occasion de son 80e anniversaire. Cependant, ce n'était pas une nouvelle bienvenue pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a continué jusqu'aux derniers instants à saper le processus diplomatique.
Il a tenté de le faire par le biais de la frappe aérienne sur les banlieues sud de Beyrouth, espérant provoquer une réponse iranienne contre Israël qui mettrait Trump dans une position inconfortable et le pousserait à se retirer de l'accord.
La frappe a irrité Trump, qui la considérait comme inutile, d'autant plus que les drones lancés par le Hezbollah vers le nord d'Israël n'avaient causé aucun dommage.
Par conséquent, Netanyahu aurait pu s'abstenir de répondre, surtout à un moment où les négociations étaient à leur dernière étape et que des efforts étaient en cours pour mener à bien le protocole d'accord.
Cessez-le-feu et le chemin vers un accord
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi a déclaré que l'Iran a décidé de ne pas riposter à la frappe sur les banlieues sud de Beyrouth après avoir obtenu de nouvelles "concessions" de Trump.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a été explicite en annonçant le protocole d'accord, confirmant que ses dispositions incluent un cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris le Liban. Cette question est particulièrement sensible pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a demandé une réunion urgente avec Trump.
Les mesures spécifiques décrites dans le protocole n'ont pas été détaillées. Cependant, selon Trump, l'Iran rouvrira le détroit d'Ormuz à la circulation maritime sans facturer de droits de transit aux navires de passage immédiatement après la signature du protocole vendredi, en présence du vice-président JD Vance et du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Qalibaf. Au même moment, le président américain émettra un ordre levant le blocus naval sur les ports sud de l'Iran.
Les responsables iraniens ont indiqué que cela sera suivi par la libération par les États-Unis de 25 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés. Les responsables américains, cependant, restent prudents sur cette question et insistent sur le fait que ces fonds ne seront libérés qu'après que Téhéran ait rempli ses obligations, en particulier celles liées à tout accord potentiel concernant le programme nucléaire iranien.

Négociations nucléaires
Avant que l'accord ne soit officiellement signé, des négociateurs américains et iraniens tiendront des pourparlers préliminaires à Doha, selon une source diplomatique, pour préparer le terrain pour la prochaine étape.
Une disposition confirmée du protocole stipule que les deux parties entreront dans des négociations d'une durée de 60 jours, correspondant à la période de cessez-le-feu officiel, pour aborder le programme nucléaire iranien.
Ces négociations couvriront le sort de 440 kilogrammes d'uranium enrichi à 60% de pureté, la durée pendant laquelle Téhéran suspendra ses activités d'enrichissement d'uranium, et l'assouplissement associé des sanctions américaines.
Les perspectives de parvenir à un accord final entre les États-Unis et l'Iran dépendront largement du résultat de ces négociations. Le succès dans la sécurisation d'un accord nucléaire pourrait marquer un tournant dans les relations américano-iraniennes. En revanche, l'échec à parvenir à un accord pourrait ramener les deux parties à leur point de départ et conduire à la reprise de la guerre.
Soulagement économique et prudence politique
Conclure le protocole d'accord est devenu une priorité urgente pour Trump à la veille des élections de mi-mandat, car des prix plus bas de l'essence et du diesel apporteraient un soulagement à sa base de soutien d'extrême droite, qui s'était inquiétée que l'inflation croissante puisse coûter aux républicains le contrôle des deux chambres du Congrès. Même le sénateur républicain de la ligne dure Lindsey Graham a accueilli favorablement l'accord, bien qu'il ait déclaré qu'il continuerait à "surveiller de près" les négociations nucléaires.
L'annonce de l'accord s'est également reflétée sur les marchés de l'énergie, où les prix sont tombés à leur plus bas niveau depuis mars. Dans une déclaration conjointe, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et l'Italie ont déclaré leur volonté de lever les sanctions contre l'Iran.
Le président français Emmanuel Macron a également évoqué un rôle pour la force navale conjointe avec la Grande-Bretagne dans le détroit d'Ormuz après sa réouverture. C'est l'une des questions qui sera discutée au sommet du G7 en France, auquel Trump doit assister demain.
Si les négociations nucléaires devaient finalement aboutir à un accord final, cela apporterait également un soulagement très attendu à l'économie iranienne, dont la détérioration a été exacerbée par à la fois la guerre et le blocus américain.
Dans l'ensemble, à la fois Trump et l'Iran considèrent le protocole comme une victoire pour leurs côtés respectifs. Cependant, le véritable test sera de parvenir à un accord final, un processus qui reste encore semé d'embûches.
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