Des tortues marines aux sirènes : La Maison Orange de Mona Khalil sous le feu
Alors qu'elle devait être dédiée à célébrer la Journée mondiale de l'environnement, la plage de Mansouri dans le sud du Liban est devenue une scène de douleur façonnée par la guerre et la destruction environnementale. L'activiste libanaise Mona Khalil a été blessée lors d'un raid aérien israélien visant son domicile, connu sous le nom de Maison Orange. Mona Khalil, qui a consacré sa vie à protéger les tortues marines, s'est retrouvée au centre d'une attaque au lieu d'être au cœur d'une célébration environnementale.

État de santé de Mona Khalil : témoignages de ses proches
Selon Annahar, le raid aérien a également blessé la femme de ménage de Khalil, qui a souffert de brûlures. Les deux femmes ont été transportées à l'hôpital Jabal Amel, où Khalil a subi une intervention chirurgicale après avoir subi de graves blessures, dont une blessure abdominale critique. Elle a ensuite été transférée à l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth pour un traitement supplémentaire. Son état est décrit comme critique.
Une des proches de Khalil, la designer et entrepreneure libanaise Sarah Beydoun, a exprimé une profonde tristesse. S'exprimant chez Annahar, elle a déclaré avec une immense douleur : "La situation est extrêmement difficile. Ce qui lui est arrivé est la véritable définition de la criminalité."
Elle a ajouté : "Des années de résilience, des années d'endurance à sa manière. Elle a choisi de résister par son amour pour la nature et son engagement à protéger la terre, la mer et les tortues. Elle n'a jamais accepté l'idée de partir. Nous avons essayé à plusieurs reprises de la convaincre de déménager, mais elle a refusé parce qu'elle croyait que rester faisait partie de sa mission."
Elle a poursuivi : "Sa détermination à rester était ancrée dans son identité de civile pacifique qui croyait que sa présence elle-même offrait une forme de protection. Malheureusement, elle n'aurait jamais imaginé que de tels actes criminels pourraient atteindre ce niveau."

La blogueuse culinaire libanaise Tina Khalil (Mrs. Clueless), qui est également une proche de Mona Khalil, a écrit un message émouvant : "Nous prions pour toi, Mona. Remets-toi, sois forte, nous avons besoin de toi."
Une image expressive partagée par Tina, montrant Mona à l'hôpital entourée des tortues qu'elle avait autrefois sauvées, est devenue un symbole puissant et poignant. C'était comme si la vie marine même qu'elle avait passée des années à protéger était revenue lui rendre sa gentillesse, en disant : "Nous sommes là pour toi."

L'activiste environnementale Fadia Jomaa sur la mission de Mona Khalil
L'activiste environnementale Fadia Jomaa, qui s'est adressée à Annahar au sujet de l'incident, a déclaré que Mona se trouvait chez elle surplombant la plage de Mansouri lorsque celle-ci a été touchée. Malgré les dangers croissants, elle était déterminée à rester.
Jomaa a affirmé : "Mona se considère comme une civile dans tous les sens. Elle ne porte aucune arme et n'est impliquée dans aucun conflit. Elle croyait que rester dans sa maison faisait partie de sa protection et que la Maison Orange n'était pas simplement une résidence mais un espace de vie et un symbole de vie."

Cependant, l'histoire de Mona Khalil n'a pas commencé avec l'attaque. C'est le sommet d'un long voyage qui a fait d'elle l'une des défenseuses de l'environnement les plus en vue du Liban.
Elle a été le moteur de l'une des premières initiatives individuelles pour protéger les tortues marines le long de la côte sud du Liban. Elle a fondé la Maison Orange à Mansouri, qui a progressivement évolué en un sanctuaire environnemental semi-protégé accueillant bénévoles, chercheurs et personnes intéressées par la vie marine.
Fadia Jomaa la décrit comme "plus qu'une activiste environnementale. Elle représente l'idée d'un Liban différent, un Liban construit sur la relation entre les gens et la nature, et sur la conviction que protéger les créatures vulnérables n'est pas un luxe mais une nécessité pour survivre."

L'histoire de la « Maison Orange »… Un lieu devenu un symbole
Cette conviction n'a pas émergé de nulle part. Des années plus tôt, Mona a traversé l'une des périodes les plus douloureuses de sa vie après avoir perdu son fils dans un tragique accident survenu devant elle. Cette perte l'a poussée dans une phase difficile qui l'a conduite à quitter le Liban pour les Pays-Bas, où elle a vécu plusieurs années et a obtenu la citoyenneté néerlandaise, avant de retourner au sud du Liban en 2000 pour commencer un nouveau chapitre de sa vie.
À son retour, elle s'est installée dans la maison familiale surplombant la mer, entourée d'un verger tranquille. C'est là que la « Maison Orange » est née, un nom qui portait la mémoire des couleurs néerlandaises et le désir de retour, avant de se transformer progressivement en un centre environnemental ouvert.



Les tortues marines au Liban
Les rapports environnementaux indiquent que les initiatives civiles au Liban sont souvent affectées par les répercussions des conflits, ce qui place les projets de protection de l'environnement, y compris la conservation des tortues marines, dans une position fragile face à des escalades militaires répétées.
Pour ceux qui ne connaissent pas le sujet, deux espèces principales de tortues marines vivent dans le sud du Liban : la tortue caouanne Caretta caretta et la tortue verte Chelonia mydas.



