Le ciblage de la centrale nucléaire pacifique de Barakah par des drones lancés depuis le territoire irakien a placé la région dans une situation de sécurité très sensible.
C'était une indication sérieuse que les milices soutenues par l'Iran en Irak passent d'une crise interne à une menace régionale directe affectant la sécurité du Golfe et ses infrastructures civiles et vitales. Lorsque les drones atteignent un projet civil aussi important, le problème devient plus important qu'une attaque militaire limitée ; il révèle un problème plus profond dans la position de l'État irakien et sa capacité à contrôler les décisions concernant les armes à l'intérieur de ses frontières.
La position officielle des Émirats Arabes Unis était claire en condamnant les attaques lancées depuis le territoire irakien et en appelant le gouvernement irakien à empêcher l'utilisation de ses terres pour cibler ses voisins. Le problème n'est pas avec l'Irak et son peuple, mais avec les milices liées à l'Iran. L'Irak arabe fait partie de la stabilité du Golfe, et le peuple irakien paie le prix avant les autres pour avoir transformé leur pays en une plateforme de conflits.
La racine de la crise réside dans les armes opérant en dehors du contrôle de l'État, des loyautés qui dépassent Bagdad, et des groupes qui lient l'avenir de l'Irak aux calculs de Téhéran plutôt qu'aux intérêts des Irakiens.
L'Iran a poussé pendant des années à construire une influence profonde en Irak à travers des factions armées possédant de l'argent, des armes et une couverture politique. Au fil du temps, ces factions ont évolué de groupes à la périphérie de l'État à faire partie de l'équation du pouvoir et de l'influence, capables d'exercer une pression et de perturber les décisions nationales irakiennes avec des considérations régionales plus larges.
C'est le danger de la situation irakienne. L'État existe, et les institutions sont en place, mais les décisions de guerre et de paix ne semblent pas toujours confinées à la main du gouvernement.
L'Iran traite ces factions comme un outil de levier au-delà de ses frontières. Cela donne à l'Iran la capacité d'envoyer des messages et d'augmenter le coût de la confrontation, tout en laissant à Bagdad le fardeau politique devant ses voisins.
Lorsque des terres irakiennes sont utilisées pour cibler le Golfe, l'Irak lui-même est placé dans une position difficile, car un État cherchant des relations normales avec son environnement ne peut pas permettre que son territoire devienne un front pour des conflits qui ne servent pas sa sécurité et sa stabilité.
Cette situation nuit à l'Irak avant de nuire à ses voisins. À mesure que l'influence des milices s'étend, la capacité de Bagdad à construire la confiance avec ses environnements arabes et du Golfe diminue, les opportunités d'investissement et de développement s'affaiblissent, et l'Irak entre dans un cycle de suspicion et de préoccupation.
Un État cherchant la stabilité ne peut pas accepter que des armes soient contrôlées en dehors de ses institutions, ni ses voisins ne peuvent compter sur des assurances si son territoire est utilisé pour lancer des drones et menacer des infrastructures civiles.
Par conséquent, le gouvernement d'Ali Al-Zaidi se trouve dans une position où il doit passer des positions déclarées à l'action. Les déclarations de condamnation et les promesses de responsabilité sont des étapes nécessaires mais insuffisantes à elles seules. Ces engagements doivent être traduits en mesures concrètes qui empêchent l'Irak de devenir une rampe de lancement pour toute action hostile contre les États du Golfe. L'Irak n'a pas besoin de gérer la crise par des récits médiatiques, mais de restaurer l'autorité de l'État sur les armes, les frontières et la prise de décision.
Le problème dépasse l'incident de Barakah ou toute attaque isolée. Ce qui s'est passé soulève une question plus large sur l'avenir de l'Irak. L'Irak restera-t-il une arène ouverte pour les conflits des autres, ou retrouvera-t-il sa position naturelle en tant qu'État national responsable dans son entourage ? Cette question ne concerne pas seulement Bagdad, car elle affecte la sécurité du Golfe, la stabilité régionale et le cours des relations arabes avec l'Irak.
La restauration de la prise de décision irakienne n'est pas seulement une demande du Golfe, mais avant tout une nécessité irakienne. Plus Bagdad se rapproche de ses environnements arabes et donne la priorité aux intérêts de l'État sur les calculs factionnels, moins la probabilité que son territoire soit utilisé dans les conflits des autres.
Un Irak qui reprend le contrôle de sa prise de décision trouvera dans le Golfe un partenaire pour la stabilité et le développement, tandis que des armes restant hors du contrôle de l'État laissent son territoire vulnérable à une utilisation externe contre ses voisins et contre les intérêts de son propre peuple.
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