Le Liban établit des lignes rouges avant les pourparlers militaires à fort enjeu

Opinion 26-05-2026 | 09:08

Le Liban établit des lignes rouges avant les pourparlers militaires à fort enjeu

Le commandement militaire de Beyrouth déclare qu'aucun arrangement futur n'est possible sans un retrait israélien complet et un cessez-le-feu réel.
Le Liban établit des lignes rouges avant les pourparlers militaires à fort enjeu
Destruction résultant du ciblage d'un centre de défense civile à Nabatiyeh, dans le sud du Liban, le 24 mai 2026. (AFP)
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La réunion militaire organisée par le Département de la Défense des États-Unis pour les délégations des armées libanaise et israélienne, selon le document de principes préparé par la direction de l'armée libanaise, ne fera que prolonger les discussions précédemment tenues lors des réunions du « mécanisme » à Naqoura. La direction militaire libanaise estime qu'aucun arrangement futur n'est possible sans un véritable cessez-le-feu comme première étape et un retrait israélien complet du Liban.

 

Dès le début, le Commandant de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a rejeté, tant sur la forme que sur le fond, une proposition publiquement avancée par le secrétaire d'État américain Marco Rubio appelant à la création d'une force militaire libanaise chargée de désarmer « Hezbollah ». La proposition contredit l'unité de la direction militaire libanaise, qui ne peut accepter l'existence de différents types de brigades assignées à des missions spécifiques.

 

 

Le général Haykal a informé le comité de préparation pour la réunion du Pentagone que l'armée libanaise considère impossible d'accepter une proposition américano-israélienne impliquant une coordination directe entre les forces militaires libanaises sur le terrain et les unités militaires israéliennes pour traiter les problèmes qui pourraient survenir. Le général Haykal insiste pour que toute coordination se fasse par le biais du mécanisme traditionnel suivi par le comité du « mécanisme » créé dans le cadre de l'accord de cessation des hostilités de 2024. Au minimum, il est ouvert à la communication avec l'armée israélienne à travers le médiateur américain.

 

Désaccord sur les Concepts et les Mécanismes de Coordination

 

Les délibérations que les délégations militaires mèneront au sein du Département de la Défense des États-Unis font partie intégrante des négociations principales qui se déroulent au Département d'État américain. Elles ne peuvent en aucun cas être considérées comme des négociations parallèles, car la voie militaire vise à clarifier les questions pour le niveau politique et diplomatique et à fournir des définitions qui rendraient les accords de cessez-le-feu solides et durables. Manipuler les significations est ce qui conduit chaque côté à accuser l'autre de violer les accords de cessez-le-feu.

 

Une source militaire impliquée dans ces négociations cite des exemples soulignant l'importance de s'accorder sur la terminologie, insistant sur la nécessité de définir clairement ce qu'est une « menace imminente ». Du point de vue du Liban, une telle menace signifierait que l'armée israélienne détecte, par exemple, un lance-roquettes sur le territoire libanais et découvre que l'armée libanaise refuse ou ne parvient pas à le confisquer. Si le lanceur est en cours de chargement de roquettes, une attaque pourrait alors être justifiée. Selon la source, cela ne s'est pas produit dans le passé, Israël ciblant généralement ce qu'elle considère comme prioritaire sur sa liste, sans prendre en compte les circonstances environnantes et souvent sans se soucier des destructions causées aux immeubles ni des victimes en résultant.

 

 

L'armée libanaise estime que cette approche israélienne exploite l'ambiguïté de la terminologie, rendant potentiellement chaque accord de cessez-le-feu fragile.

 

La direction de l'armée libanaise croit que les intentions sous-jacentes d'Israël peuvent rapidement compromettre les accords de cessez-le-feu, tandis que des intentions meilleures pourraient aider à éviter des désastres potentiels. Une source militaire de haut rang cite l'exemple du lancement de six roquettes par le Hezbollah en direction d'Israël le matin du 2 mars. Selon la source, si Israël avait permis à l'armée libanaise de poursuivre les sites de lancement et d'arrêter les responsables, le Liban et Israël auraient pu éviter la guerre qui a suivi. Après le lancement des six roquettes depuis le Liban vers Israël, l'armée libanaise a offert au comité du "mécanisme" l'opportunité d'agir rapidement, mais Israël a ignoré la proposition libanaise et a choisi de lancer une campagne militaire majeure.

 

 

Selon des comptes rendus attribués au Commandant de l'armée libanaise, le général Rudolf Haikal, il est impossible pour Washington d'accepter ce type de comportement israélien. Le Liban, soutient-il, ne peut être traité comme « deux Libans » — l'un représenté par l'État avec lequel les négociations sont menées, et l'autre par le « Hezbollah » avec lequel la confrontation est poursuivie. Soit l'État assume la responsabilité, soit il n'y a pas de valeur aux négociations ni à considérer toute forme de coordination.

 

Ces positions peuvent ne pas satisfaire les côtés américain et israélien, mais elles représentent le minimum que la direction de l'armée considère nécessaire pour obtenir des résultats productifs et positifs.

En conséquence, obtenir des résultats positifs de la réunion à venir du 29 mai pourrait s'avérer extrêmement difficile, mais les discussions pourraient aider à clarifier la ligne entre ce qui est possible et ce qui reste inatteignable.