Négociations Iran–États-Unis et Liban : Les armes du Hezbollah au centre d'une équation régionale à haut risque

Opinion 26-05-2026 | 09:41

Négociations Iran–États-Unis et Liban : Les armes du Hezbollah au centre d'une équation régionale à haut risque

Alors que la diplomatie entre Washington et Téhéran progresse, le Liban risque de devenir un terrain de négociation où cessez-le-feu, souveraineté et arsenal du Hezbollah sont pesés contre des accords de pouvoir régionaux plus larges.
Négociations Iran–États-Unis et Liban : Les armes du Hezbollah au centre d'une équation régionale à haut risque
Esmael Baghaei. (X)
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Esmail Baghaei, le porte-parole officiel du ministère des Affaires étrangères iranien, qui a été nommé porte-parole officiel de la délégation iranienne de négociations, a déclaré que l'arrêt de la guerre sur tous les fronts, en particulier le Liban, est un élément clé de la compréhension dans tout accord.

 

 

La condition iranienne d'inclure le front libanais dans la compréhension avec les États-Unis ne vient pas du hasard ou de la sympathie, mais d'un intérêt purement iranien, qui peut coïncider avec un certain intérêt libanais pour accélérer un cessez-le-feu. Cependant, l'Iran, qui a investi massivement au fil des décennies au Liban, ne veut pas perdre cette carte clé dans son expansion au-delà de ses frontières, notamment le long de la frontière avec Israël. Intégrer le Liban dans le cadre des ententes fait effectivement de l'Iran un partenaire central non seulement dans la prise de décision militaire mais aussi dans la décision politique liée à la guerre et à la paix. Avec le Hezbollah insistant pour ne pas désarmer, les armes redeviennent une monnaie d'échange entre Téhéran et Tel-Aviv directement, ce qui renforce la position de l'Iran même si cela se fait au détriment du Liban, de sa sécurité et de son peuple.

 

Cependant, un cessez-le-feu ou l'arrêt de la guerre ne signifie pas nécessairement fournir des solutions à la question des armes, et une telle compréhension n'inclut pas un retrait israélien des territoires libanais occupés, ni le retour des personnes déplacées, ni ne permet la reconstruction du sud et de certaines parties de la Bekaa.

 

Alors que les discussions ont augmenté ces deux derniers jours concernant un paquet de solutions, et qu'une chaîne de télévision arabe a ensuite cité un responsable américain disant que l'arrêt de la guerre n'aborde pas la question des armes, Randa Takieddine, la correspondante d'Annahar à Paris, a rapporté de sources haut placées suivant le dossier libanais dans la capitale française qu'un éventuel accord américano-iranien, s'il est conclu, se ferait aux dépens du Liban concernant le désarmement du Hezbollah.

 

Le côté américain pourrait laisser Israël dans sa position actuelle, ce qui signifie que l'occupation israélienne demeurerait et que la question du désarmement du Hezbollah resterait non résolue sans aucune solution. Paris estime que l'analyse qui était courante dans certains cercles libanais, qu'une fois un accord conclu entre l'Iran et les États-Unis la question des armes du Hezbollah serait abordée, est une analyse erronée, et c'est ce que Paris attendait depuis le début.


Smoke rises following an Israeli airstrike on the village of Deir Kanoun al-Nahr in southern Lebanon (AFP).
Smoke rises following an Israeli airstrike on the village of Deir Kanoun al-Nahr in southern Lebanon (AFP).

 

Paris pense également que ces calculs étaient ceux du président du Parlement libanais Nabih Berri, car il s'attendait à un accord entre l'administration américaine et le régime iranien, et qu'à ce moment-là le Hezbollah se sentirait plus fort en raison de cet accord. Cependant, Berri a répondu à une question d'Annahar sur l'accord et la possibilité qu'il inclue le Liban en disant : « Le vrai test est dans l'exécution.»

 

Il est prévu que l'envoyé présidentiel français, le ministre Jean Yves Le Drian, visite le Liban après l'Aïd al-Adha dans un effort renouvelé de la France pour rapprocher les points de vue, car la France exprime souvent son inquiétude face aux tensions internes libanaises qui pourraient miner tous les acquis antérieurs.

 

En revanche, Washington insistera pour ne pas accepter de solutions concernant le Liban sauf par l'intermédiaire de la voie de négociation en cours à Washington, afin de ne pas perdre cette carte et la remettre comme cadeau à Téhéran.