Image montrant de la fumée s'élevant lors d'un bombardement israélien dans la périphérie du village de Yohmor, au sud du Liban, le 10 mai 2026. (AFP)
La guerre entre Israël et le « Hezbollah » au Liban peut-elle cesser sans que celle entre l'Iran et les États-Unis et Israël ne prenne fin ?
C'est ce à quoi les autorités libanaises aspirent en entrant dans des négociations directes avec Israël sous l'égide américaine. Ceux qui examinent les cinq revendications libanaises verront qu'elles sont similaires à celles depuis longtemps énoncées par le Cheikh Naim Qassem, Secrétaire général du « Hezbollah ».
Les autorités libanaises croient que si elles réussissent à obtenir ces demandes, qui commencent par libérer des terres et des prisonniers et s'étendent au retour des personnes déplacées et à la reconstruction, elles affaibliraient les justifications utilisées par le « Hezbollah », qui maintient ses armes et sa structure militaire comme seul chemin vers une nouvelle libération, à la lumière de l'échec de la diplomatie à obtenir des progrès tangibles. Dans ce cas, il deviendrait possible de mettre en œuvre des décisions du cabinet visant à restreindre les armes exclusivement à l'État, surtout avec le début de l'armement de l'armée libanaise et d'autres institutions militaires et sécuritaires du pays.
En réalité, l'autorité libanaise travaille à convaincre la Maison Blanche de l'aider à formuler un projet alternatif qui donne aux négociations directes leur importance au Liban en général et au sein de la communauté chiite en particulier.
Mais Israël peut-il accepter le plan libanais ?
Certainement pas, car le plus qu'Israël peut s'engager à faire à ce stade actuel - et jusqu'à ce qu'un plan libanais soit développé pour désarmer le « Hezbollah » et démanteler sa structure militaire - est d'accepter de relancer un cessez-le-feu temporaire, maintenant la situation telle qu'elle est, à condition que le « Hezbollah » cesse de cibler les forces israéliennes dans la « zone jaune », s'abstienne d'améliorer ses capacités au nord de la ligne jaune, et avec une surveillance renforcée du trafic d'armes et de fonds.
Les informations disponibles ne suggèrent pas que la Maison Blanche soutiendra les demandes libanaises, car elle les considère comme un ajournement de la « question centrale », à savoir le désarmement du « Hezbollah », à une étape secondaire, revenant ainsi le Liban à l'état dans lequel il se trouvait avant le 7 octobre.
Le « Hezbollah » attend l'Iran
Il paraît peu probable que le « Hezbollah » adhère à tout nouvel accord de cessez-le-feu issu des réunions prévues à Washington les 14 et 15 mai, car il considère les négociations directes à Washington comme un complot visant à l'affaiblir. Le parti place sa confiance dans la République islamique d'Iran, s'attendant à ce qu'elle définisse les règles pour la cessation des hostilités, et reste sur le front jusqu'à ce que l'Iran émette une directive différente.
Hezbollah bénéficie de la réticence des autorités libanaises à ouvrir une confrontation interne avec lui, ainsi que du silence de sa communauté, du moins publiquement, concernant les dommages subis. Ceci est renforcé par sa capacité significative à endurer les pertes humaines dans ses rangs, ainsi que par l'échec de l'armée israélienne à trouver un moyen de contenir pleinement les drones à fibre optique qui continuent d'infliger des pertes aux forces israéliennes stationnées dans le sud et le long des frontières.
La dernière réponse iranienne a clairement exposé le document américain, révélant une position unifiée entre l'Iran, le Hezbollah, et d'autres organisations affiliées. Elle appelle à une cessation des hostilités simultanée, de sorte que ce qui s'applique à la question des « armes » s'applique également à l'Iran lui-même.
L'Iran avance « le front de la résistance » comme une carte de sa force dans la confrontation avec Israël et les États-Unis.
Ainsi, beaucoup croient que tout nouvel accord de cessez-le-feu ne portera pas ses fruits, car le parti restera dans le contexte iranien d'une part et ne cédera pas à l'autorité libanaise, lui permettant de négocier en son nom ou sur des questions le concernant.
Ainsi, le résultat le plus significatif attendu des réunions de Washington sera une promesse israélienne, avec des garanties américaines, de ne pas avoir de visées régionales au Liban et un engagement à ne pas rester sur son territoire une fois confirmé exempt d'armes du « Hezbollah », avec la disposition à résoudre toutes les questions en suspens entre les deux pays dès que la sécurité permanente pour les colonies du nord sera assurée.
Ce faisant, l'administration américaine offre à l'autorité libanaise, à travers les négociations directes qu'elle parraine, un « récit d'efficacité », liant des résultats tangibles au désarmement du « Hezbollah ».
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