Arabie Saoudite : Neutralité et désescalade dans le Golfe
« Le Royaume d'Arabie saoudite continue d'adopter une position de soutien envers la désescalade, en évitant l'escalade et en soutenant les négociations et les efforts en cours à cet égard. » C'est ce qu'a confirmé Raed Qarmali, ministre adjoint auprès du ministre des Affaires étrangères pour la diplomatie publique, le 8 mai.
Il a ajouté via son compte sur la plateforme X que « l'on doit être prudent quant à ce qui est attribué dans les médias à des sources anonymes, prétendument saoudiennes, lorsque cela contredit cette position. »
Dans le même contexte, une source saoudienne a confirmé au réseau Al Arabiya que le Royaume « n'a pas permis l'utilisation de son espace aérien pour soutenir des opérations militaires offensives », révélant qu'il y a « des parties cherchant à dépeindre une fausse image de la position du Royaume pour des motifs douteux », à travers la publication de rapports dans certains journaux et plateformes contenant des informations fausses et peu fiables.
Cette position claire annoncée par Raed Qarmali et la source saoudienne s'accorde pleinement avec la déclaration publiée par le Ministère des Affaires étrangères d'Arabie saoudite le 5 mai, soulignant « la nécessité de désescalader, d'éviter l'escalade et d'exercer de la retenue » dans le Golfe arabique.
Politiques équilibrées
Ce qui a été mentionné plus tôt fait partie d'une politique saoudienne de longue date, clairement observée par les analystes depuis le début de la crise régionale le 28 février.
Bien que le Royaume ne soit pas partie prenante de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, il a néanmoins été soumis à des attaques iraniennes par missiles balistiques et drones, tandis que des milices irakiennes affiliées au Corps des gardiens de la révolution islamique ont ciblé des installations vitales au sein du Royaume. Cela a partiellement perturbé les approvisionnements énergétiques pendant une courte période avant que le gouvernement ne répare rapidement les dégâts, démontrant un haut niveau d'efficacité.
Durant cette période, Riyad a adopté ce qui pourrait être décrit comme une politique de « patience stratégique ». Elle n'a pas engagé d'opérations offensives, tandis que ses systèmes de défense aérienne ont intercepté les attaques.
Soutien à la désescalade
Le Royaume a également compensé le manque d'approvisionnement énergétique en exportant du pétrole par les ports de la mer Rouge via l'oléoduc Est-Ouest, tandis que les ports occidentaux ont contribué à recevoir les biens essentiels et à les transporter vers les pays du Golfe touchés par le blocus du détroit d'Ormuz.
En parallèle, Faisal bin Farhan Al Saud, ministre des Affaires étrangères saoudien, a été engagé dans des communications diplomatiques continues avec les capitales concernées, cherchant à bâtir un filet de sécurité régionale pour prévenir l'expansion de la guerre et éviter le chaos généralisé qui pourrait permettre aux groupes terroristes de prospérer et de saper les fondations de l'État-nation. Notamment, la diplomatie saoudienne n'a pas coupé ses liens avec Téhéran malgré les attaques.
L'ambassadeur iranien est resté à Riyad tout au long de la guerre, et le Royaume a continué à accueillir chaleureusement les pèlerins iraniens, maintenant une distinction claire entre le service des "Invités d'Allah" et les affaires politiques.
Le Royaume a également soutenu activement les efforts de médiation pakistanais. Shehbaz Sharif a visité Djeddah et rencontré Mohammed ben Salmane, tandis que des communications ont également eu lieu entre les ministres des affaires étrangères et de la défense des deux pays.
Ce soutien a contribué à la trêve annoncée par Donald Trump dans le Golfe et au Liban, ainsi qu'à la suspension temporaire des opérations du « Projet Liberté » dans le détroit d'Ormuz. Shehbaz Sharif a salué les efforts menés par le Royaume « sous la direction de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane, renforçant ainsi les perspectives de calme et de paix pendant cette étape critique. »
Les objectifs actuels de Riyad incluent la réalisation d'un cessez-le-feu permanent, garantissant la libre navigation dans le détroit d'Ormuz avec la suppression des mines navales, et l'établissement d'un cadre accord plus large empêchant l'Iran d'utiliser son programme nucléaire à des fins militaires en échange de la levée progressive des sanctions.
Il cherche également à obtenir des garanties fermes contre toute ingérence extérieure dans les affaires internes et attaques, ainsi que des mesures obligeant les milices à remettre leurs armes aux institutions d'État.
Ces priorités sont étroitement liées à la volonté du Royaume de promouvoir la Vision saoudienne 2030 et de poursuivre le développement économique dans un environnement régional plus stable.
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